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Fleurs laissées par la tombe de Soheir Al- Batea . Photo par Tom Dale/Equality Now .

En juillet 2013, Egalité Maintenant a publié Action 38.3, un appel qui vise à faire appliquer la législation anti-MGF et à obtenir la justice dans l’affaire Soheir al-Batea, une fille de 13 ans décédée après avoir subi  des mutilations génitales féminines (MGF) qui auraient été effectuées à la demande de son père dans une clinique du nord-est du Caire par le Dr Raslan Fadl. M. Fadl a été interrogé par le parquet et libéré sous caution en attendant les résultats de l'enquête. Après s’être rendu en novembre dernier au village où résidait Soheir afin de suivre l'affaire, Egalité Maintenant s'inquiète du fait que les autorités ont relégué l'enquête au second plan.

Le rapport médico-légal, qui a longtemps été retardé, établit une réaction allergique à la pénicilline comme cause officielle du décès. Il ne mentionne pas les MGF, et ce en dépit de la déclaration initiale du père de Soheir qui affirme que celle-ci avait été amenée à la clinique pour être soumise à la pratique. Nous avons également été informés que le Dr Fadl aurait payé 50 000 livres égyptiennes (5 300€) à la famille de Soheir, et que les membres de celle-ci ne désirent plus poursuivre l'affaire en justice. En outre, le père de Soheir a changé sa déclaration pour que celle-ci recoupe la déclaration de M. Fadl selon laquelle Soheir avait développé une infection de verrues génitales. En attendant, le Dr Fadl continue à exercer dans sa clinique et à effectuer quotidiennement des MGF en flagrante violation de la loi qui interdit la pratique.

AGISSEZ !

Le personnel d’Egalité Maintenant en Egypte a entendu parler d'une autre fille décédée à la suite de  MGF mais, après enquête, la police a affirmé n’avoir reçu aucune information. Nous craignons que d'autres cas de la même nature ne se produisent et ne fassent pas l'objet d'enquêtes.

En vertu du code pénal égyptien, les MGF constituent une infraction depuis 2008. Malgré cette interdiction, la médicalisation de la pratique est en hausse et l’UNICEF estime que 72% des procédures sont effectuées par des médecins dans des cliniques privées. Sans un message fort de la part de gouvernement égyptien qui affirme que la loi sera appliquée et que ceux qui la violent seront rapidement sanctionnés, les MGF pourraient devenir plus acceptables et les droits des femmes être de plus en plus relégués à l’arrière-plan.

Comment agir: 

AGISSEZ !

Veuillez rejoindre Egalité Maintenant et nos partenaires en  Egypte, le Centre d'assistance juridique pour les égyptiennes (CEWLA - Center for Egyptian Women’s Legal Assistance) et la Coalition égyptienne pour les droits de l'enfant (ECCR - Egyptian Coalition for Children’s Rights) en demandant aux autorités de respecter leurs obligations nationales et internationales en:

  • Faisant appliquer efficacement la législation anti-MGF pour que toute violation fasse l’objet d’une enquête approfondie et de sévères poursuites et, en ce qui concerne le cas de Soheir, en  faisant en sorte que des professionnels de la santé réexaminent le rapport médico-légal
  • Veillant à ce que le Dr Fadl fasse l’objet d’une enquête approfondie et soit tenu pour responsable de tous les crimes pour lesquels il sera jugé coupable
  • Soutenant et renforçant l'éducation communautaire afin de changer les perceptions culturelles et les croyances sur les MGF, et de reconnaître que celles-ci constituent une violation des droits humains ayant des conséquences néfastes
  • Veillant à ce que les fournisseurs de soins de santé reçoivent une éducation et une formation pointues sur les répercussions des MGF en matière de santé et de droits humains, et à ce qu’ils s'abstiennent d'effectuer la pratique sous quelque forme que ce soit

Les courriers doivent être adressés à:

Ministre de l'Intérieur, chef de la police, Magdy Abdel-Ghafar
Ministère de l'Intérieur
Sheikh Rihan Street Downtown Cairo, Egypte
Tél : +20 27953981- +20 27955005
Fax : +20 27960682
center@iscmi.gov.eg

Procureur général Nabeel Sadeq
Attorney General's Office
High Court, 26th of July Street Ambulance Square, Le Caire, EGYPTE
Tél.: +202 2574 3751-2576 0468
Fax: +202 2577 4716

M. le président Ali Abdel Aal Sayyed Ahmed
Chambre des représentants
Email: Public.opinion@Parliament.gov.eg
Fax: +20 227946272

Avec copies à :

Dr. Ahmad Hani, directeur du Conseil national de la population, Fax : +20 25240409, Email : npc.npic@gmail.comnpic@npc.gov.eg

Country: 
All letters: 
12000
Sent letters: 
10452
Categories new : 
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Faire appliquer la peine du médecin
Hero image: 
Hero subtitle: 
Condamné pour pratique de MGF ayant entrainées le décès de Soheir al-Batea
Letter Body: 

M. le président / procureur général / ministre,

Je crois comprendre que le Dr Fadl, la première personne condamnée en vertu de la loi de 2008 sur les MGF en Egypte pour son rôle dans le décès de Soheir al-Batea en 2013, a servi trois mois de sa peine de prison. Il est toutefois scandaleux qu'il ait pu, à la suite d'un règlement à l'amiable avec la famille, échapper à une peine de deux ans pour homicide involontaire. Ceci constitue une peine incroyablement légère pour avoir provoqué la mort d'une personne, et qui de toute évidence n’a aucun effet dissuasif contre ce crime qui continue à toucher les femmes et les filles.

Des centaines d'autres filles courent toujours le risque de subir la pratique en Egypte, et des rapports signalent d’autres affaires de décès de filles et de criminels échappant à des sanctions : deux filles de 13 ans seraient mortes à la suite de MGF en Haute-Égypte, et le dermatologue qui a causé la mort de Mayar Mohamed Mousa, 17 ans, a fui vers la Turquie. 

Je salue l'adoption par le cabinet égyptien et le parlement de la législation qui augmente la peine d'emprisonnement maximale pour les personnes reconnues coupables de pratique de MGF, et je demande instamment à la chambre des représentants de mettre en œuvre la loi le plus tôt possible. Les organisations nationales et internationales qui œuvrent à mettre fin aux MGF se félicitent des mesures que vous avez prises, et je vous demande de faire tout votre possible pour faire en sorte que l'Egypte soit à la hauteur de ses obligations nationales et internationales de protéger les droits des femmes et des filles.

Salsa Id: 
16013
Action Date: 
Mardi, décembre 10, 2013
Action Status: 
All Letters Sent (Auto): 
13507

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Fleurs laissées par la tombe de Soheir Al- Batea . Photo par Tom Dale/Equality Now .

En juillet 2013, Egalité Maintenant a publié Action 38.3, un appel qui vise à faire appliquer la législation anti-MGF et à obtenir la justice dans l’affaire Soheir al-Batea, une fille de 13 ans décédée après avoir subi  des mutilations génitales féminines (MGF) qui auraient été effectuées à la demande de son père dans une clinique du nord-est du Caire par le Dr Raslan Fadl. M. Fadl a été interrogé par le parquet et libéré sous caution en attendant les résultats de l'enquête. Après s’être rendu en novembre dernier au village où résidait Soheir afin de suivre l'affaire, Egalité Maintenant s'inquiète du fait que les autorités ont relégué l'enquête au second plan.

Le rapport médico-légal, qui a longtemps été retardé, établit une réaction allergique à la pénicilline comme cause officielle du décès. Il ne mentionne pas les MGF, et ce en dépit de la déclaration initiale du père de Soheir qui affirme que celle-ci avait été amenée à la clinique pour être soumise à la pratique. Nous avons également été informés que le Dr Fadl aurait payé 50 000 livres égyptiennes (5 300€) à la famille de Soheir, et que les membres de celle-ci ne désirent plus poursuivre l'affaire en justice. En outre, le père de Soheir a changé sa déclaration pour que celle-ci recoupe la déclaration de M. Fadl selon laquelle Soheir avait développé une infection de verrues génitales. En attendant, le Dr Fadl continue à exercer dans sa clinique et à effectuer quotidiennement des MGF en flagrante violation de la loi qui interdit la pratique.

AGISSEZ !

Le personnel d’Egalité Maintenant en Egypte a entendu parler d'une autre fille décédée à la suite de  MGF mais, après enquête, la police a affirmé n’avoir reçu aucune information. Nous craignons que d'autres cas de la même nature ne se produisent et ne fassent pas l'objet d'enquêtes.

En vertu du code pénal égyptien, les MGF constituent une infraction depuis 2008. Malgré cette interdiction, la médicalisation de la pratique est en hausse et l’UNICEF estime que 72% des procédures sont effectuées par des médecins dans des cliniques privées. Sans un message fort de la part de gouvernement égyptien qui affirme que la loi sera appliquée et que ceux qui la violent seront rapidement sanctionnés, les MGF pourraient devenir plus acceptables et les droits des femmes être de plus en plus relégués à l’arrière-plan.

Comment agir: 

AGISSEZ !

Veuillez rejoindre Egalité Maintenant et nos partenaires en  Egypte, le Centre d'assistance juridique pour les égyptiennes (CEWLA - Center for Egyptian Women’s Legal Assistance) et la Coalition égyptienne pour les droits de l'enfant (ECCR - Egyptian Coalition for Children’s Rights) en demandant aux autorités de respecter leurs obligations nationales et internationales en:

  • Faisant appliquer efficacement la législation anti-MGF pour que toute violation fasse l’objet d’une enquête approfondie et de sévères poursuites et, en ce qui concerne le cas de Soheir, en  faisant en sorte que des professionnels de la santé réexaminent le rapport médico-légal
  • Veillant à ce que le Dr Fadl fasse l’objet d’une enquête approfondie et soit tenu pour responsable de tous les crimes pour lesquels il sera jugé coupable
  • Soutenant et renforçant l'éducation communautaire afin de changer les perceptions culturelles et les croyances sur les MGF, et de reconnaître que celles-ci constituent une violation des droits humains ayant des conséquences néfastes
  • Veillant à ce que les fournisseurs de soins de santé reçoivent une éducation et une formation pointues sur les répercussions des MGF en matière de santé et de droits humains, et à ce qu’ils s'abstiennent d'effectuer la pratique sous quelque forme que ce soit

Les courriers doivent être adressés à:

Ministre de l'Intérieur, chef de la police, Magdy Abdel-Ghafar
Ministère de l'Intérieur
Sheikh Rihan Street Downtown Cairo, Egypte
Tél : +20 27953981- +20 27955005
Fax : +20 27960682
center@iscmi.gov.eg

Procureur général Nabeel Sadeq
Attorney General's Office
High Court, 26th of July Street Ambulance Square, Le Caire, EGYPTE
Tél.: +202 2574 3751-2576 0468
Fax: +202 2577 4716

M. le président Ali Abdel Aal Sayyed Ahmed
Chambre des représentants
Email: Public.opinion@Parliament.gov.eg
Fax: +20 227946272

Avec copies à :

Dr. Ahmad Hani, directeur du Conseil national de la population, Fax : +20 25240409, Email : npc.npic@gmail.comnpic@npc.gov.eg

M. le président / procureur général / ministre,

Je crois comprendre que le Dr Fadl, la première personne condamnée en vertu de la loi de 2008 sur les MGF en Egypte pour son rôle dans le décès de Soheir al-Batea en 2013, a servi trois mois de sa peine de prison. Il est toutefois scandaleux qu'il ait pu, à la suite d'un règlement à l'amiable avec la famille, échapper à une peine de deux ans pour homicide involontaire. Ceci constitue une peine incroyablement légère pour avoir provoqué la mort d'une personne, et qui de toute évidence n’a aucun effet dissuasif contre ce crime qui continue à toucher les femmes et les filles.

Des centaines d'autres filles courent toujours le risque de subir la pratique en Egypte, et des rapports signalent d’autres affaires de décès de filles et de criminels échappant à des sanctions : deux filles de 13 ans seraient mortes à la suite de MGF en Haute-Égypte, et le dermatologue qui a causé la mort de Mayar Mohamed Mousa, 17 ans, a fui vers la Turquie. 

Je salue l'adoption par le cabinet égyptien et le parlement de la législation qui augmente la peine d'emprisonnement maximale pour les personnes reconnues coupables de pratique de MGF, et je demande instamment à la chambre des représentants de mettre en œuvre la loi le plus tôt possible. Les organisations nationales et internationales qui œuvrent à mettre fin aux MGF se félicitent des mesures que vous avez prises, et je vous demande de faire tout votre possible pour faire en sorte que l'Egypte soit à la hauteur de ses obligations nationales et internationales de protéger les droits des femmes et des filles.

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