Tourisme Sexuel: "Vrais rapports sexuels avec des vraies filles, le tout pour vraiment pas cher"

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Date: 
1 Dec 1996

Avis pour homes célibataires. Rencontrez femmes Philippines superbes et enjouées. Le paquet d’information coûte $3, y compris une affiche avec femmes en t-shirt mouillé.

Cette citation figure dans une brochure publiée par PVS Publications de Santa Monica, Californie, faisant de la publicité pour un guide touristique pour hommes célibataires intitulé "Un guide pour hommes - Les femmes érotiques de l'Asie du sud-est." La réclame ci-dessus pour Big Apple Oriental Tours, située à Bellerose, New York, a figuré dans la publication Soldier of Fortune. Big Apple Oriental Tours fait aussi de la publicité dans d'autres revues dont Asia File, par example, bulletin qui prétend fournir "des renseignements les plus récents et les plus exclusifs sur le tourisme sexuel." Asia File non seulement exécute des réclames pour les "sex-tour-opérateurs," mais sert également de bureau central d'information sur le tourisme sexuel en Asie. Ce bulletin contient des articles rédigés sans ménagements sur la disponibilité, le coût et les dangers du sexe dans plusieurs villes asiatiques et fournit les portraits de prostituées individuelles ainsi qu'une description détaillée des actes sexuels qu'elles exécutent.

Le vrai impact du tourisme sexuel sur ces "vraies filles" se reflète à travers les paroles suivantes de Poppy, reproduites par Ron O'Grady dans son livre intitulé L'Enfant et le Touriste:

Je me suis trouvée à danser dans un club à l'âge de onze ans ... Mes clients variaient entre étrangers et philippins. J'ai essayé de me suicider mais ça n'a pas marché. C'est alors que je me suis tournée vers la drogue. J'aimerai mourir avant mon prochain anniversaire.

Big Apple Oriental Tours annonce dans sa brochure l'offre d'un voyage aller-retour aux Philippines pour une durée de douze (12) nuits aux frais de US $2,195 et la possibilité pour le voyageur "de choisir sa compagne dès son arrivée à la ville d'Angeles." En outre, la brochure annonce ce qui suit: "Vous n'êtes pas obligé de garder la même compagne. Vous pouvez en choisir une autre à n'importe quelle étape de votre séjour." Suite aux demandes de renseignments supplémentaires, Norman Barabash, propriétaire de l'agence, fournit une liste de noms et de numéros de téléphone de personnes ayant déjà utilisé les services de Big Apple Oriental Tours et invite le voyageur potentiel à visionner une collection de cassettes vidéo qu'il caractérise en termes de "l'Encyclopédie Britannica de l'obscénité." Big Apple Oriental Tours fournit une liste de films pornographiques en vente, liste qui comprend des descriptions du genre "des scènes incroyables de lubricité et de débauche" et "les finalistes prennent leur revanche avec le plus comique des viols collectifs sur cassette vidéo."

Des discussions avec M. Barabash ainsi que les voyageurs ayant déjà utilisé les services de Big Apple Oriental Tours, mènent aux conclusions détaillées et explicites suivantes sur le tourisme sexuel: le voyageur est attendu à l'aéroport par un taxi ou un bus qui l'emmène à la ville d'Angeles. Il est alors retrouvé par un représentant de Big Apple Oriental Tours aux Philippines. Ce dernier accompagne le voyageur dans plusieurs bars à Angeles. Le voyageur choisit la jeune fille ou femme de son goût parmi celles qui travaillent dans les bars, et le représentant de Big Apple Oriental Tours négocie l'affaire avec sa "mamasan" (le manager). Le coût de la prostitution, qui s'appelle le "barfine," est actuellement de 600 pisos (US $24). Le lendemain, la mamasan contacte le voyageur pour s'assurer que la jeune fille ou femme était "satisfaisante."

Big Apple Oriental Tours n'est pas le seul organisateur américain de tours sexuels en Asie. Selon Business Week, plus de 25 compagnies offrent ce genre de voyages. Parmi celles-ci figurent Bushwhackers à Las Vegas, Nevada, G&F Tours à Miami Beach, Floride, et  Philippine Adventure Tours à Ventura, Californie. Les magazines pornographiques tels que Oriental Women et Asian Beauties incluent des colonnes sur le tourisme sexuel asiatique et des publicités provenant de "sex-tour-opérateurs." La brochure publiée par PVS Publications citée plus haut stipule que "les prostituées asiatiques sont très différentes de leurs collègues occidentales" et raconte l'histoire d'une prostituée philippine qui lavait, de ses propres mains, le linge sale dans une chambre d'hôtel. En outre, la brochure pose la question suivante: "En avez-vous ras-le-bol de ces garces américaines qui ne s'arrêteraient même pas pour vous dire bonjour et qui sont uniquement intéressées par votre compte en banque? En Asie, vous rencontrerez des filles qui vous traiteront avec respect et reconnaissance, à la différence de leurs collègues américaines."

La traite de jeunes filles et de femmes est une industrie internationale dont les profits s'élèvent à des milliards de dollars américains. Aussi bien aux Philippines qu'en Thailande -- destinations touristiques principales du tourisme sexuel -- la prostitution est illégale. Certains pays à l'origine du tourisme sexuel, dont l'Australie, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suède et les Etats-Unis, ont établi des lois contre le tourisme sexuel mais ces règlements ne s'appliquent qu'aux voyages menés dans le but d'avoir des rapports sexuels avec des mineures. Aux Etats-Unis la Loi de 1994 sur la répression dues crimes violents inflige à toute personne voyageant dans le but d'avoir des rapports sexuels avec une mineure une peine de prison d'une durée maximum de dix (10) ans. Jusqu'à ce jour, aucune poursuite judiciaire n'a été engagée conformément à cette loi.

La Convention des Nations Unies (ONU) pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui, adoptée en 1949, stipule que la prostitution est "incompatible avec la dignité et la valeur de la personne humaine." Les Etats parties à cette Convention ont l'obligation de punir toute personne qui "exploite la prostitution d' une autre personne, même si cette personne est consentante." Les Etats parties à la Convention de l'ONU sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes ont l'obligation "de prendre toutes mesures appropriées, y compris des dispositions législatives, pour combattre, sous toutes leurs formes, la traite des femmes et l'exploitation de la prostitution des femmes."

La prostitution est illégale dans presque tous les états des Etats-Unis. Dans l'état de New York où Big Apple Oriental Tours est située, la Section 230.25 du Code Pénal de l'État de New York prévoit: "Toute personne qui sciemment profite de la prostitution en administrant, contrôlant ou possédant une enterprise de prostitution ou une enterprise concernant l'activité de prostitution qui engage un minimum de deux prostituées est coupable du crime de l'exploitation de la prostitution au 3ème degré." L'exploitation de la prostitution au 3ème degré est un crime de type D. Conformément à la Section 230.20 du Code Pénal de l'état de New York, le bénéfice intentionnel de la prostitution est une infraction à la loi de type A.

What You Can Do: 

Ecrivez aux autorités américains et à celles de New York nommées ci-dessous. Demandez qu'elles prennent action pour l'élimination du tourisme sexuel, y compris une enquête sur et une poursuite judiciaire contre les agences de tourisme sexuel. Réclamez que les autorités de l'état de New York poursuivent une enquête sur et une poursuite judiciaire contre Norman Barabash, le propriétaire de Big Apple Oriental Tours, une enterprise à New York qui concerne l'activité de prostitution. Soulignez que toute action immédiate marquerait l'engagement des autorités à mettre fin au tourisme sexuel qui détruit la vie de tant de jeunes filles et de femmes. Faîtes parvenir toute information sur Big Apple Oriental Tours et le tourisme sexuel aux médias. Réclamez que ces derniers exposent au grand jour cette exploitation systématique de jeunes filles et de femmes et l'indifférence du gouvernement à l'égard du tourisme sexuel -- une violation flagrante de la législation nationale et du droit international.

M. Richard Brown
Procureur de Queens
125-01 Queens Boulevard
Kew Gardens
New York, NY 11415
Fax: (718) 286-6350

M. Dennis Vacco
Procureur Général
de l'Etat de New York
120 Broadway
New York, NY 10271
Fax: (212) 416-8942

L'Honorable Janet Reno
Procureur Général des Etats-Unis
Département de Justice
Tenth and Constitution Ave., NW
Washington, DC 20530
Fax: (202) 514-3296