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Extraits de L'Eveil
COURRIER DES LECTEURS
Chère Madame,
Je vous suis reconnaissante de vos efforts pour fournir à tant de monde
L'Eveil d'Egalité Maintenant. Jusqu'à mon arrivée
aux Etats-Unis, je ne savais pas que la procédure abominable de la mutilation
génitale féminine (MGF) avaient lieu ailleurs qu'au Togo.
C'était extrêmement embarrassant pour moi de parler à qui
que ce soit de cette pratique culturelle qui est la nôtre. Pour cette
raison, je me suis attirée des ennuis, que je n'aurais pas dû avoir.
Si j'avais eu le courage de parler de la MGF aux Services de l'Immigration et
de la Naturalisation, on ne m'aurait peut-être pas mise en prison. Je
ne dirais pas que je suis heureuse d'avoir été emprisonnée
en Amérique simplement parce que je ne laisserais personne couper ma
partie féminine. Parfois, pourtant, les choses arrivent pour de bonnes
raisons.
Il parait que mon incarcération a occasionné le changement de
beaucoup de lois, non seulement en Amérique, mais aussi ailleurs dans
le monde; je suis particulièrement reconnaissante du changement de la
loi dans mon pays, Togo. J'ai ressenti une vive émotion à lire
dans le dernier numéro de L'Eveil que le gouvernement du Togo
a interdit la MGF au Togo, et je suis heureuse de constater que l'on fait quelque
chose pour supprimer cette terreur. Je félicite tous ceux qui cherchent
activement la suppression de la MGF, et qui s'attaquent à d'autres violations
des droits humains.
Bien à vous,
Fauziya M. Kassindja
Chère Madame,
Merci pour tous les numéros de L'Eveil; votre journal fournit
des renseignements sur la mutilation génitale féminine à
beaucoup de gens. Oui, il faut ue les hommes et les femmes apprennent ce que
sont les effets désastreux de cette procédure sous toutes ses
formes. Les lettres qu'on vous envoit n'en disent pas assez long sur le mal
psychologique fait à ces filles et ces femes, sauf, peut-être,
quand il s'agit de leur perte d'amour-propre, et quand on constate la nécessité
de leur offrir de l'assistance psycho-sociale et d'écouter ce qu'elles
ont à dire à propos de leurs émotions.
J'applaudis les efforts de vous ous et des autres pour supprimer de la MGF;
j'espère que les recherches et l'éducation continueront.
Cette pratique est un sujet qui me tient beaucoup à coeur, puisque j'ai
subi une forme de MGF en 1918 ou 1919 dans le Missouri (USA), quand j'avais
quatre ou cinq ans. Je crois que le dommage n'était pas tellement corporel
qu'affectif et psychologique. Ce n'est que maintenant que je consulte un psychiatre
pour m'aider à dissiper la rage atroce que j'entretiens depuis lors.
Cela a nui à ma capacité de penser, de parler - j'étais
bègue, et de m'entendre bien avec les gens. Je me suis donc mise à
me me demander, en lisant les numéros de L'Eveil, s'il existe
dans ce pays d'autres femmes qui ont subi cette même "opération"
que j'ai dû subir, peut-être parce mon père croyait que je
me masturbais, ou parce que je m'étais plainte d'un inconfort aux parties
génitales. C'est un médecin qui m'a opéré, que je
crois avoir été ostéopathe. Ç'a m'a soulagé
un peu de Lire que la Californie avait voté une loi interdisant la MGF,
et qu'il existe maintenant une loi fédérale à cette même
fin. Je me demande toujours combien de filles dans ce pays ont subi quelque
forme de la MGF--filles qui ne sont pas des enfants d'immigrés.
Sincerely yours,
Grace E.H., Illinois, U.S.A.
NOUVELLES
Guinee Bissau
Appelez cela, La Liste de Tounkara. Telles le méthodes non-orthodoxes
d'Oskar Schindler pour sauver les Juifs des Nazis celles d'une gynécologue,
Aja Tounkara Diallo Fatima qui, pendant plus d'un quart de siècle, a
pu sauver des milliers de femmes d'une des pratiques les plus controversées
et prfondément enracinées en Afrique: la circoncision féminine.
Sa méthode est simple: truquez la chirurgie. Et elle a enseigné
cette simulation aux sages-femmes et aux circonciseurs traditionnels à
travers la plupart de l'Afrique. Tounkara elle même a subi le "rite" à
l'âge de 8 ans. Elle commença à oeuvrer contre cette pratique
20 ans plus tard quand elle sauva une fille dont l'opération n'avait
pas réussi.
Mais Tounkara dit qu'elle ne pourrait pas simplement faire compagne contre une
"coutume ancestrale" comme beaucoup de militants occidentaux et africains le
font actuellement. Elle dit que beaucoup de militants occidentaux semblent être
peu préoccupés par les effets négatifs qui peuvent affecter
la santé des femmes africaines mais plus préoccupés par
leur propre programme - soulever les problèmes de droits de la femme
et de la répression sexuelle. Plutôt, elle décida d'essayer
de persuader les parents de ne pas permettre l'opération. "Alsors, quand
ils indiquaient que leur parenté étaint sur le point de la faire
quoiqu'il en soit, je suggérais la simulation. Nous prenions beaucoup
de photos (pour prouver que l'opération avait bien eu lieu)", dit-elle.
Tounkara dit que ce ne sont pas toujours les hommes qui demandent la procédure.
Elle trouve qu'en Guinée Bussau, son pays natal, les hommes sont de ceux
qui essaient d'interdire que leurs filles soient circoncises.
From The San Diego Union-Tribune, 1er janvier, 1997
Kenya
Une motion, en vue d'obtenir l'autorité législative afin d'interdire
la circoncision féminine, déposée au Parlement au Kenya
par M. John Kirore Mwaura, le député du Kigumo, fut rejetée
par une écrasante majorité en novembre dernier. Les députés
ne voyaient pas le mal dans la circoncision féminine, malgré les
efforts des femmes de organisations non-gouvernementales (ONG) du pays. Beaucoups
de militants mettent l'échec sur la domination des hommes, non seulement
du Parlement mais dans tous les couloirs du pouvoir politique. Les députés
kenyens n'étaient pas impressionnés malgré la plaidoirie
de M. Mwaura qui tenait compte à les risques du HIV et du SIDA que les
jeunes filles peuvent courir avec la circoncision féminine et aux représentations
graphiques faites par le député de Kimilili, le Dr. Mukhisa Kituyi,
qui comparait la circoncision féminine à l'enlèvement des
organes génitaux chez les hommes.
Le procureur général a déclaré que le gouvernement
est neutre en la matière. Il a cité l'expérience de la
loi britannique au Kenya dont la promulgation rendit la circoncision féminine
clandestine. Les femmes dirigeantes ont unanimement condamné l'opposition
du Parlement au projet de loi. Elles ont accusé les législateurs
d'être insensibles aux problèmes de femmes. Mme Charity Ngilu Mwendwa,
député du Kitui Central, et Mme Phoebe Asiyo, député
de Karachuonyo, ont critiqué le Parlement pour avoir échoué
de réduire le fossé entre les sexes et de comprendre le Plateforme
d'Action de la Conférence de Pékin qui incluait la circoncision
féminine comme une violation et que le Parlement kenyen disait devoir
mettre en pratique.
From Weekly Review Motif, internet, le 22 novembre, 1996
ARTICLE DE FOND
La Mission d'Egypte sur la Mutilation Génitale Féminine
(MGF): Une vision singulière à de nombreuses dimensions
Les questions du statut légal de la MGF et de sa médicalisation
ont été très débattues l'an dernier, en Egypte et
au plan international. En décembre 1997, le tribunal administratif suprême
a enfin décidé en faveur du ministre de la santé Ismail
Sallam. Dans cet article, on va traiter en résumé de l'impact
de cette décision snas appel du tribunal sur l'atmosphère sociale
en Egypte, et aussi des stratégies de la Mission sur la MGF pour entrer
en dialogue, pour ainsi dire, avec les changements résultants, afin de
savoir s'y prendre avec eux.
La Mission sur la MGF, qui travaille à la suppression de la MGF, a été
formée en octobre 1994, avec Marie B. Assad coordinatrice. La Mission
consiste en une coalition d'organisations et d'individus de divers milieux socioculturels,
qui partagent la même vision et qui travaillent dans les domaines du développement,
des droits de la femme, des droits humains, de la santé, de l'éducation,
et de l'assistance judiciaire. Nous considérons la décision sans
appel de maintenir le décret: le ministre de la santé a publié
une directive interdisant la MGF aux hôpitaux publics et le centres médico-sociaux.
Un groupe traditionaliste de partisans de la MGF a intenté un procès
au ministre, en prétendant qu'il a dépassé son autorité
législative en publiant un tel décret. Le 24 juin 1997, le tribunal
administratif a décidé en faveur de ce groupe. Cette première
décision a été récusée et référée
au tribunal administratif suprême, qui a décidé le 28 décembre
1997 de la renverser: on a trouvé que le décret du ministre relevait
en fait bien de sa compétence; et, qu'il n'existait aucune preuve solide
dans les textes islamiques (que ça soit les enseignements du prophète
ou le Coran) que l'Islam soit en faveur de la MGF.
L'impact de cette décision sur l'atmosphère sociale en Egypte
est certainement positif. Nous ne pensons pas, cependant, que cette décision
provoquerait un revirement de comportement de la part de la population. La ligne
de conduite d'une personne décidée à circoncire ou à
ne pas circoncire sa fille, ne chagera pas à cause d'un décret
ministériel. En outre, bien que cette décision interdise la MGF
dans les hôpitaux publics et les centres médico-sociaux, les médicins
et les sages-femmes (selon L'Enquête démographique médico
sociale de 1995) exécutent la plupart des circoncisions en Egypte à
domicile ou dans des cliniques privées. Cela ne veut ps dire que cette
décision est futile; si elle avait renversé l'interdiciton, les
conséquences auraient été terribles. En fin de compte,
la décision aide ceux qui s'efforcent de supprimer la MGF, en ce qu'elle
a un impact positif sur les gens qui n'ont pas encore décidé s'ils
allaient fire circoncire leurs filles ou pas. La décision aide les travailleurs
sur le terrain, les ONGs de la base, et d'autres groupes travaillant dans les
communautés à consolider leur position, en mettant de leur côté
l'assistance judiciaire et, par extension, le soutien de leur gouvernement.
En décembre 1997, la Mission al lancé une déclaration de
principe relatif à la MGF (la plupart de laquelle est citée dans
le numéro de mars 1998 du journal "Les Législatrices en Aciton").
L'article traitait de toutes les questions se rattachant à cette pratique:
la médicalisation, la religion, la traditon, la loi, le développement,
et les rapports entre l'homme et la femme. Après cette présentation
survint la question, "qu'est-ce qu'on va faire maintenant?" Afin d'élaborer
nos stratégies pour l'avenir, il nous fallait examiner notre courte histioire
de mission sur la MGF et sa suppressio, les erreurs d'autrefois, et la dynamique
social autour de cette question.
Il est ressorti de cette expérience un document expliquant dans les grands
lignes nos stratégies et notre conception du problème, qui représentent
en grande partie des recherches; aussi bien que des publications se référant
au problème, à être distribuées à plusieurs
niveaux. Nous sommes partisans d'une façon d'aborder le problème
qui mettrait en oeuver une critique des rôles de l'homme et de la femme
tels qu'ils sont établis par la société. Cette approche
est assez générale, en ce qu'elle touch à tous les aspects
du problème, et nous permet d'intégrer dans notre lutte contre
la MGF: la santé, l'égalité des deux sexes, les droits
humains, la culture, et le bien public. Nous pourrions évidemment, choisir
une approche à l'égard de la MGF qui se bornerait aux questions
de la culture, de les droits humanis, ou de la santé, mais nous avons
trouvé que l'analyse des rapports entre l'homme et la femme dans la société
représente l'approche la plus compréhensive. On est peu enclin
à employer l'approche religieuse, à cause de son ambiguïté.
Ayant étudié les recherches sur l'histoire de la tentative de
supprimer la MGF en Egypte, nous avons trouvé que "l'Islamisation" de
la MGF a conféré à cette pratique un caractère sacré
auquel il est difficle d'échapper. Elle a aussi provoqué de nombreux
points de vue religieux inconciliables, variant de la croyance complète
en la nécessité de la pratique, au démenti absolu de sa
sanction par la religion. Au lieu d'éclaircir la question, cette situation
n'a servi qu'à embrouiller davantage et les gens, et la question
L'approche de la santé toute seule paraîtrait une bonne façon
d'aborder le problème. Elle s'est avéré, cependent, extrêmement
problématique, pour plusierus raisons. D'abord, cette approche fait entrer
la discussion de la MGF dnas le domaine du corps médical, et la laisse
à leur discrétion. Ceci nuit à la cause, puisque l'Enquête
démographique médico-sociale d'Egypte susmentionnée indique
qu'un grand nombre d'opérations du genre MGF sont exécutées
par des médecins. Deuxièmement, quand on parle de effets néfastes
de la MGF pour la santé, il y a tendance à parler d'infections,
de la frigidité, du trauma, etc.: symptômes que toutes femmes n'éprouvent
pas forcément, ce qui peut nous faire perdre crédibilité.
Pour ce qui est de l'Egypte en tant que cas particulier, l'importance accordée
//////`a l'approche de la santé a entraîné la médicalisation
de la MGF. Tous les dangers de cette opération étaient perçus
comme provenant de ce qu'elle ne soit pas exécutée par des professionnels;
les médecins étaient donc vus comme les mieux préparés
à effectuer cette procédure (qu'on ne trouve pourtant dans aucun
texte médcal). L'opération elle même, et la logique qui
la sous-tend, n'étaient pas remises en question.
Nous avons donc décidé d'adopter une approche dont le point de
départ est l'examen des rôles de l'homme et de la femme dans la
société, parce que cette approche réunit tous les problèmes
relatifs à la MGF, et révèle que la MGF est un des moyens
par lesquels l'inégalité des deux sexes et la discimination son
maintenues. En fin de compte, la MGF sert à maintenir les rapports de
pouvoir et les inégalités entre l'homme et la femme. Dès
qu'on examine la logique qui est censée sous-tendre la MGF au travers
des rapports entre les deux sexes et du développement dans ce domaine,
on se rend compte du fait que cette logique est en fait illogique, et non fondée.
L'épreuve de vérité, c'est la prochaine Enquête démographique
médico-sociale d'Egypte, qui se tiendrait en 1999. L'Enquête précédente
de 1995 a mis le taux de circoncision pari les femmes en Egypte à 97
pour cent. Jusque-là, nous poursuivons l'approche que nous avons adoptée,
et sa diffusion. Cette diffusion s'opère au travers de diverses activités.
Deux membres de la Mission sur la MGF, Dr. Magdy Hlmy et Dr. Seham Abdel Salam,
ont publié un manuel de la santé reproductrice intitulé,
Des nouveaux concepts pour une meilleure vie (mafaheem gadeeda li-haya afdal).
C'est un manuel complet de la santé reproductrice destiné à
l'homme et à la femme, lequel adopte une approche sensibilisée
aux questions relatives à l'homme et à la femme. Par exemple,
en arabe, la ménopause se traduit en la phase de la maturité (marhallat
al-nadq wa al-intillaq), et la MGF est eppelée le jour noir (al-yom al-aswad)
dans la vie de toute femme. Pour assurer la propagation des ces perspectives
sensibilisées à l'égard des rôles des deux sexes,
les auteurs du livre sont en train de traverser l'Egypte en formant des gens
au contenu, afin de sensibiliser ceux-ci et de leur transmettre les informations.
L'accès à diverses communautés, et une réception
favorable, sont facilités par notre coalition, qui compte parmi ses membres
de plus en d'organisations de base, de la plupart des vingt-six provinces d'Egypte.
La volonté de s'examiner est critique, mettant au point nos efforts et
améliorant nos méthodes. Sur la recommandation de la Mission,
Samiha el Katsha, Sherine Ibrahim, et Noha Sedky ont conduit une étude
initulée "Expériences d'organisations non-gouvernementales travaillant
pour la suppression de la MGF en Egypte." L'objectif de cette étude était
d'évaluer le travail de diverses ONGs, relatif à la suppression
de la MGF. Les recommandations résultantes étaient les suivantes:
la coordination de divers efforts; la documentation; les supports pédagogiques;
la formation des journalistes, et la tentative de ralleir ceux-ci pour soutenir
la cause. La recherche constitue une partie de notre mandat; elle reste un élément
essential de notre travail et de notre perspective. Nous travaillons sans arrêt
pour répondre à ces recommandations précitées. Nous
sommes encouragés par le soutien que nous offrons les uns aux autres,
et par le soutien qu'offrent les divers genres de travail que nous accomplissons.
Suivant les recommandations de l'étude, nous lançons un projet
dont le but est de sensibiliser les journalistes à la question de la
MGF. La Mission a chargé une ONG nommée ACT (Techniques appropriées
de Communication pour le Développement), membre de la Mission, d'exécuter
ce prjet de sensibilisation qui devrait nous créer des alliés.
Les médias représentent des alliés cruciaux dans un pays
en proie à l'analphabétisme, entre autres choses. La couverture
médiatique n'a pas jusqu'à présent favorisé notre
cause, pour deux raisons. Peu d'articles présentent notre lutte sous
un jour favorable, ou impartial; et, les partisans de la MGF ont eu jusqu'ici
plus d'accès aux genres divers des médias. Il faut rémédier
à ce déséquilibre. Avec la nouvelle décision dans
l'affaire du ministre, il se peut que les restrictions soient supprimées,
et que nous ayons plus d'accès aux médias. Nous devrons donc fournier
aux journalistes des renseignements et de nombreuses perspectives sur cette
question. Seham Abdel-Salam, médecin et la personne responsable du centre
de documentation relative à la MGF, a conduit une autre étude,
sur "la lexualité féminine et le discours du pouvoir." Dans son
analyse qualitative, résultante de quinze discussions de la part des
femmes venant de divers districts et de groupes visés, Abdel-Salam joint
la théorie féministe aux réalités de la vie quotidienne,
et le plan intellectuel au plan pratique de recherches sur le terrain. Elle
a conclu que la MGF est dépeinte comme antidote nécessaire à
l'image de la sexualité féminine en Egypte, laquelle est présentée
comme à la fois dangereuse et vulnérable.
Sur la recommandation de la Mission, Nadia Wassef, membre de la Mission, conduit
actuellement un autre projet de recherche, intitulé "L'Examen de la sexualité
masculine et la MGF." Ces recherches visent à analyser les attitudes
des hommes envers leur sexualité et celle de la femme, afin de pouvoir
comprendre la façon dont la MGF contribue à calmer les inquiétudes
des hommes à l'égard de la sexualité féminine et,
par extension, à l'égard de leur propre sexualité. Si les
résultats vérifient les soupçons que nous avons sur l'homme
en tant que personne non impliquée dans la pratique, on s'adressera désormais
aux hommes en tant que personnes directement liées au problème.
Dr. Seham Abdel-Salam et Dr. Amal Abdel Hadi (membre de la Mission sur la MGF
et membre aussi de l'Institut du Caire des Etudes des droits humains) ont conduit
des recherches sur les attitudes mes médecins à l'égard
de la MGF et leurs façons de voir le problème. Ces recherches
peuvent servir de point de comparaison à une date ultérieure,
afin de mesurer l'impact sur les médecins de la décision du tribunal.
Les recherches, et l'assemblage de toute la documentation sur la MGF, sont critiques
pour notre travail. Le centre de documentation sur la MGF s'est avéré
un véritable avantage pour tous ceux cherchant des renseignements. Il
nous permet de regarder dans le passé récent et d'en tire la leçon.
Même le processus de la documentation des informations et de l'ouvrage
de la Mission qu'effectue Ragia Omran, membre de la Mission, nous est utile,
en ce qu'il précise le problème (ce qui nous permettra à
notre tour de viser ce problème avec plus de précision), et en
ce qu'il nous offre une vision pour l'avenir.
En dernière analyse, la décision de maintenir le décret
du ministre a introduit un nouvel élément dans l'atmosphère
sociale prédominante en Egypte. Les perspectives et les activités
précitées représentent un effort d'expliquer dans les grandes
lignes la façon don't nous avons choisi d'entrer en dialogue avec ces
changements. Nous sommes en train d'essayer de créer un mouvement plus
compréhensif, avec une vision similaire. Il nous faut rallier plus de
gens pour soutenir la cause. Nous partageons avec d'autres nos expériences
et nous espérons apprendre à notre tour des renseignements de
leur part - travailler seul, c'est futile. Nous avons conclu de nos efforts
de recherche sur l'histoire de la suppression de la MGF en Egypte, qu'il existe
depuis les années vingt des efforts sporadiques, mais qu'il n'y a jamais
eu de mouvement concentré et uni. C'est cet objectif que nous nous efforçons
actuellement d'atteindre; un mouvement qui ne permettra pas que le corps de
la femme soit offert en sacrifice. L'avenir nous dira à quel point nous
aurons réussi...
Nadia Wasse
Chercheuse et membre de l'organe consultatif de la Mission sur la MGF
POUVOIR D'HOMME
Abolir les pratiques traditionnelles nuisibles n'est pas
une question d'avoir tort ou raison, mais une question d'approfondir le sens
de la vie d'une fille.
Le processus de maturation chez les enfants d'une famille ayant des valeurs
et normes traditionnelles profondément enracinées et motivées
par la religion, comporte qu'ils se familiarisent avec ces valeurs et normes
et pratiques, et ensuite qu'ils les acceptent et respectent, et y prennent part.
Le processus de socialisation est tel que ces jeunes gens sont contraints non
seulement à accepter et à pratiquer ces valeurs et pratiques,
mais aussi à ne jamais remettre en question ni leur justification, ni
leur réalités par rapport à la vie contemporaine. Résister
ou s'opposer à elles tant soit peu, c'est risquer de devenir paria. Ces
traditions, normes et valeurs comprennent, entre autres, les mariages précoces
et forcés, des tabous relatifs à l'alimentation, des pratiques
chirurgicales nuisibles comme la mutilation génitale féminine
(MGF), le pincement des gencives, les marques tribales, le respect pour les
anciens, et, la domination et le pouvoir des hommes.
Je suis devenu en grandissant très critique vis-à-vis de certaines
de ces traditions. Je n'ai pas vraiment mis des traditions en cause avant 1992,
quand j'ai reçu un formation d'éducateur d'hygiène publique
dans un lycée d'enseignement professionnel. En 1993, j'ai reçu
une formation de défenseur des jeunes avec la Fondation pour recherches
sur la santé de la femme, la productivité, et l'environnement
(BAFROW). Ces deux stages ont servi de tremplin à mon engagement dans
la campagne contra la MGF et d'autres pratiques traditionnelles nuisibles. Je
me suis mis subséquemment à me rappeler de façon réaliste
les souffrances atroces de mes soeurs. Deux d'entre elles sont devenues la victime
de la MGF, et elles avaient été élevées de manière
à sentir qu'elles n'avaient aucun droit de contester ce qu'on leur a
fait - ni aucun droit, ni même l'occasion de prendre de décisions
relatives à leur propre vie et à leurs propres besoins.
En reconnaissance du rôle de jeunes comme agents de transformation en
transition, on a fondé un groupe et un centre pour le soutien appuyé
des jeunes. Les jeunes du groupe et du centre sont préparés à
fournir des renseignements et des conseils aux jeunes sur les efets de la MGF
et sur la préconisation pour le changement. Puisque les problèmes
abordés par le groupe et le centre sont liés à l'habilitation
de la femme et de la fille, très peu d'hommes s'associent à ce
travail. Les hommes sont d'avis que la MGF est un problème pour les femmes,
et que c'est elles qui devraient le résoudre. Travailler dans le champ
de l'habilitation de la femme m'est donc mis à l'épreuve. En tant
que membre du groupe pour la défense de la jeunesse BAFROW, j'aide à
organiser des colloques, de groupes de travail, des séances de formation,
des supports pédagogiques, et des campagnes pour sensibliser les jeunes
à la suppression de la MGF on ne saurait trop insister sur l'importance
de la participation des hommes à ces activités.
A mon avis, on ne peut pas aborder les problèmes de la pratique de la
MGF et d'autres pratiques traditionnelles avec succès, sans la participation
des hommes - lesquels sont en général considèrés
comme ceux qui prennent les décisions et qui, en fait, sont puissants;
disposent de ressources; et, disposent aussi du destin des femmes. Impliquer
les hommes dans ces activités servira à élargir leur concept
de la femme, et leur aidera à voir les femmes non pas comme des objets
à posséder, mais commes des partenaires dans la famille, dans
le processus de décision, et dans le développement du pays. Il
faut qu'on comprenne que la participation des femmes n'est pas une tentative
de s'emparer du pouvoir de l'homme, mais une question d'équité
et de participation égale.
Autre fois en Gambie, c'était interdit aux jeunes et aux vieux comme
étant tabou, de parler de la MGF en public. Les campagnes énergiques
de sensibilisation ont eu pour résultant que les gens s'intéressent
à discuter du problème et à proposer des solutions possibles.
Mon groupe a récemment fait une trournée nationale en Gambie,
pendant laquelle nous avons recontré et parlé à plus de
3.000 jeunes gens et juenes femmes, en tout.
C'est intéressant que chaque jeune personne, indépendamment de
ses croyances religieuses, ethniques ou traditionnelles, s'intéresse
aux conséquences de la MGF sociales, psychologiques, et pour la santé;
et s'intéresse également au problème de la discrimination
contre la femme en général et la fille en particulier. Avec des
efforts soutenus de sensibilisaton, l'avenir est plein de promesses pour les
jeunes - promesses d'être délivrés de la MGF et d'autres
pratiques traditionnelles nuisibles.
Mon organisation met en oeuvre à ce moment un programme d'enseignement
relatif à la restructuration des cérémonies d'initiation
pour les filles. Cette nouvelle approche alternative ravivera et soutiendra
toutes les pratiques traditionnelles positives liées aux cérémonies
d'initiation des filles, et habilitera ces filles au moyen de l'éducation
et de connaissances. Cette approche comprend aussi la mise à la disposition
des circonciseurs d'autres sources de revenu, ce qui leur permettra en tant
que promoteurs de la santé de garder leur position dans la société,
et de continuer leur participation à donner un snes de la vie à
la fille.
Etant juene et homme, et m'intéressant comme je le fais aux jeunes, aux
rôles de l'homme et de la femme dans la société, et à
l'habilitation de la femme, mon épreuve principale est de pouvoir tirer
des gens du respect à mon égard et à l'égard de
mes idées, même avant qu'ils n'acceptent ces dernières.
La plupart des jeunes gens, mes semblables, pensent que je préconise
des idées impossibles, lesquelles ne sont pas réalistes et ne
pourraient jamais se répandre en Gambie. Ils m'accusent de vouloir courir
les femmes. Je ne me laisse pourtant jamais décourager. Au contraire,
cela jette de l'huile sur mon feu, pour ainsi dire; je considère ces
gens non pas comme des ennemis, mais come une épreuve à laquell
je devrais faire face. C'est eux que je vise à changer. La résistance
au changement et aux nouvelles idées veut simplement qu'on a plus de
travail de sinsibilisation à faire.
Etre activiste signifie aussi aborder des problèmes tous les jours et
tout le temps; chez soi, au centre d'enseignement, au travail, pari ses semblables,
etc. Il faut se comporter de manière stratégique; il faudrait
aussi avoir des talents de communication; il ne faut jamais condamner les opinions
des autres, ou communiquer l'impression qu'ils ont tort. Il faut trouver moyen
de les faire comprendre leurs erreurs ou malheurs contre les femmes, aussi bien
que la nécessité de changer. Il nous faut un maximum d'engagement
de la part des femmes à tous les niveaux de la société,
de la politique nationale jusqu'aux décisions et responsabilités
de la famille. La besoin de participaton et d'habilitation de la part de la
femme n'est pas un problème de la femme, mais de la société;
tous les aspects de la société devraient par conséquent
participer pleinement aux efforts pour atteindre ce but.
Ebrima Saidy, Gambie
OUI!
JE VOUDRAIS S'ABONNER À L'EVEIL
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