Les Etats-Unis: Tourisme sexuel : Big Apple Oriental Tours acquittée de l’ensemble des chefs d’accusation. Les autorités fédérales doivent engager des poursuites contre G.F Tours et d’autres voyagistes spécialisés dans le tourisme sexuel.

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Date: 
1 Mai 2009

En 1996, Egalité Maintenant a lancé une campagne Action Femmes demandant que des poursuites soient engagées à l'encontre de Big Apple Oriental Tours (BAOT). À ce moment là, la société faisait de la publicité pour un voyage de douze jours aux Philippines, à l’intention de touristes sexuels qui, pour un coût de 2 195 $ US, incluait les transferts, un billet d’avion, une chambre d’hôtel, et la possibilité, pour le touriste sexuel, de « sélectionner [son] compagnon à [son] arrivée à Angeles City », par une transaction sexuelle commerciale dans laquelle, à la demande du client, un représentant de BAOT ferait office d’intermédiaire.

En 2004, après qu’Egalité Maintenant ait, en 2002, avec le soutien de la féministe et écrivain américaine Gloria Steinem, de la députée au Congrès des Etats-Unis Carolyn Maloney et de l’organisation New York Women’s Agenda, attiré l’attention du procureur général de l’Etat de New York sur cet état de fait, les propriétaire/exploitants de BAOT, Norman Barabash et Douglas Allen, ont été accusés de promouvoir la prostitution. Ces poursuites faisaient suite à une action civile sans précédent, introduite par le procureur général à l’encontre de BAOT en 2003, qui a eu pour effet de contraindre le voyagiste spécialisé dans le tourisme sexuel d’effectivement cesser ses activités, au moyen d’une ordonnance de restriction temporaire rendue à l’encontre de la société dans l’attente de la conclusion des poursuites pénales.

En janvier 2009, Barabash et Allen ont été acquittés par un jury des accusations pénales d’incitation à la prostitution en vertu du droit de l’Etat de New York. Le juge a expliqué au jury que, pour condamner un voyagiste spécialisé dans le tourisme sexuel, il devait considérer que les tribunaux de l'Etat de New York étaient compétents parce que BAOT avait contrevenu au droit de l'Etat ; ensuite que les accusés avaient l’intention d’inciter à la prostitution aux Philippines ; et enfin que la prostitution était illégale au Philippines. Ce n’est qu’une fois ces conditions réunies que le jury pouvait déclarer, ou non, les accusés coupables d’incitation à la prostitution en favorisant la prostitution en connaissance de cause. Si le jury a reconnu la compétence des tribunaux de l’Etat de New York, il n’a pas reconnu Barabash et Allen coupables de promotion de la prostitution, même après avoir entendu des heures de conversations explicites, entre Allen et un enquêteur s'étant présenté sous une fausse identité, au cours desquelles Allen expliquait comment BAOT exploitait des femmes en situation de pauvreté aux Philippines en promettant à des américains du sexe pas cher à l’étranger. L’acquittement de Barabash et Allen démontre la nécessité de poursuites fédérales contre les voyagistes spécialisés dans le tourisme sexuel.

Le paysage juridique new-yorkais a désormais changé, et permet de poursuivre plus facilement les voyagistes spécialisés dans le tourisme sexuel. En 2007, alors que Barabash et Allen attendaient leur procès, l’Etat de New York a adopté une loi destinée à lutter contre la traite d’êtres humains, modifiant l’article 230.25 de la loi pénale de manière à inclure la répression de l’incitation à la prostitution des entreprises vendant des services liés aux voyages « en sachant que ces services incluent, ou sont destinés à faciliter, les voyages dans le but de fréquenter une personne se livrant à la prostitution, y compris dans un pays ou territoire étranger, et indépendamment de la légalité de la prostitution dans ledit pays ou territoire étranger. » L’infraction est passible d’au plus sept ans d’emprisonnement.

En octobre 2005, Egalité Maintenant a publié son Action Femmes 27.1 appelant les autorités fédérales des Etats-Unis chargées de faire respecter la loi à mettre fin au tourisme sexuel, et notamment à enquêter et à poursuivre Gunter Frentz, propriétaire/exploitant de G.F. Tours (anciennement G&F Tours). G.F. Tours fait ouvertement la publicité de ses voyages sexuels en ligne, et a publié des témoignages de clients de G.F. illustrant clairement le but du voyage. Ainsi que l’expliquait un touriste sexuel ayant recouru aux services de G&F, « pour un prix de 350 bahts (14 $), j’ai pu la ramener à mon hôtel, la b***r toute la nuit… et, le matin ou lorsque j’en avais assez, lui filer un pourboire de 1 000 bahts (40 $) ».

De 2005 à 2008, le Réseau Action Femmes d’Egalité Maintenant a appelé le précédent procureur général des Etats-Unis et ses collaborateurs à appliquer deux lois fédérales, la loi Mann (qui réprime le transport d’une personne, en connaissance de cause, par delà les frontières étatiques ou nationales dans le but de l’impliquer dans une activité liée à la prostitution) et la loi relative aux Voyages (Travel Act) (qui réprime les déplacements d’un Etat ou d’un pays à un autre dans le but d’encourager une activité illégale ou de s’y livrer) pour poursuivre Frentz pour avoir transporté des hommes dans des pays étrangers et faciliter leurs efforts pour fréquenter des prostituées. Aux Philippines comme en Thaïlande, le proxénétisme et le fait de recourir aux services d’une prostituée sont illégaux. Devant l’inertie du ministère américain de la Justice, Egalité Maintenant lui a alors demandé de publier une opinion concernant le fait de savoir si la loi Mann et la loi relative aux Voyages pouvaient, dans le principe, être appliquées aux voyagistes spécialisés dans le tourisme sexuel opérant à partir des Etats-Unis. Le ministère de la Justice de l’administration Bush a refusé de discuter de la question ou de publier une opinion.

G.F. Tours continue à organiser des voyages à l’étranger à des fins de tourisme sexuel. Le site Internet de la société fait la promotion de voyages aux Philippines, en Thaïlande et au Cambodge pour l’année 2010, à des prix compris entre 1 850 $ US et 3 925 $ US. Depuis l’Action Femmes d’Egalité Maintenant, G.F. Tours a ôté de son site Internet les images montrant des femmes nues, posant dans des situations sexuellement explicites, a cessé de présenter ses voyages comme du « tourisme sexuel » et a supprimé de son site les autres contenus susceptibles de l’incriminer. Toutefois, les documents promotionnels transmis à Egalité Maintenant par G.F. Tours en 2009 sont les mêmes que ceux fournis à Egalité Maintenant avant le début de sa campagne contre le voyagiste spécialisé dans le tourisme sexuel, il y a quatre ans de cela. Ces documents comportent un article concernant les voyages organisés par G.F. Tours, parus dans une revue pornographique, comportant des clichés explicites et des descriptions d'activité sexuelle, réimprimé à des fins publicitaires. L’article fourni par G.F. Tours indique que « … bien que l’âge minimum exigé pour qu’une fille travaille comme danseuse dans un club soit de 18 ans, je trouve difficile de croire qu'au moins quelques-unes d'entre auraient atteint cet âge ».

Le tourisme sexuel demeure, dans le monde, un problème grave. On estime qu’environ 25 % des touristes sexuels internationaux viennent des Etats-Unis. Ils contribuent ainsi à une industrie illégale de la traite d’êtres humains destinée à alimenter le sexe commercial qui pèse plusieurs millions de dollars et qui promeut la violence et la discrimination à l’égard des femmes. Même si cinq Etats américains (Alaska, Hawaï, Missouri, New York et Washington) disposent actuellement de lois assimilant l'organisation de voyages à des fins de tourisme sexuel à du proxénétisme, la plupart des lois des autres Etats relatives à l’incitation à la prostitution ressemblent à la législation antérieure de l’Etat de New York sur la base de laquelle Barabash et Allen ont été acquittés. Il est donc d’autant plus urgent que le ministère américain de la Justice engage des poursuites à l'encontre des voyagistes spécialisés dans le tourisme sexuel en vertu des lois Mann et relatives aux Voyages.

Comment agir: 

Nous vous demandons d’écrire au nouveau procureur général des Etats-Unis, pour lui demander d’engager des poursuites contre Gunter Frentz, propriétaire/exploitant de G.F. Tours, et d’autres voyagistes spécialisés dans le tourisme sexuel pour avoir, en connaissance de cause et ouvertement, transporté des personnes dans d’autres pays pour y recourir à la prostitution, en violation des lois Mann et relative aux Voyages. Rappelez que le tourisme sexuel est un acte criminel, qui exploite les femmes, et bien souvent des enfants, et détruit leurs vies, tout en finançant une activité, de plusieurs milliards de dollars, de traite des personnes. Exhortez le procureur général à indiquer clairement à tous les procureurs fédéraux des Etats-Unis que la politique du ministère américain de la Justice consiste à engager des poursuites à l’encontre des voyagistes spécialisés dans le tourisme sexuel basés aux Etats-Unis.

Les lettres doivent être adressées à :

U.S. Attorney General Eric H. Holder, Jr.
U.S. Department of Justice
950 Pennsylvania Avenue NW
Washington, DC 20530, USA
Fax : + 1 202-307-6777
E-mail : AskDOJ@usdoj.gov

Lettre modèle

Action Femmes 12.1: Décembre 1996
Action Femmes 12.2: Mars 2004
Action Femmes 12.3: Octobre 2005
Action Femmes 27.1: Octobre 2005