Alerte Info : Pakistan : Au nord-ouest du Pakistan, la pression des fondamentalistes a conduit a un degré alarmant de violence et de discrimination a l’egard des filles et des femmes

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Date: 
1 Jan 2009

Egalite Maintenant appelle le gouvernement pakistanais a proteger les filles et assurer leurs droits a l’education

Fin décembre 2008, les Taliban ont décrété une interdiction pour les filles de faire des études dans le district de Swat situé à la frontière nord-ouest du Pakistan. Par la voix de Maulana Fazlullah, un extrémiste religieux, ils ont annoncé cette interdiction sur une station de radio FM clandestine, ordonnant à tous les parents de retirer leurs filles de l’école (qu’elle soit privée ou publique) avant le 15 janvier 2009, faute de quoi les écoles seraient dynamitées et les filles assassinées ou, comme cela s’est produit récemment en Afghanistan, aspergées d’acide au visage.

Ces deux dernières années, l’influence des Taliban n’a cessé de croître dans la vallée de Swat et les zones tribales administrées au niveau fédéral (FATA). Selon les rapports de presse, ils ont détruit 100 écoles dans le district de Swat au cours des 14 derniers mois, affectant 70 000 filles environ. Si rien n’est fait pour combattre cette interdiction, on estime à 40 000 le nombre de filles supplémentaires qui seraient privées de leurs droits fondamentaux à l’éducation.

La montée en puissance des Taliban a eu d’autres graves répercussions sur la vie des femmes du Swat. Les Taliban ont menacé de terribles représailles les femmes sortant de chez elles sans être accompagnées d’un homme de la famille et sans carte d’identité. Ils ont aussi ordonné que les femmes soient entièrement voilées. Les rapports de presse évaluent à une douzaine le nombre de femmes abattues pour « activités immorales », parmi lesquelles Bakht Zeba, une assistante sociale de 45 ans qui plaidoyait en faveur de l’éducation des filles. Des ONG locales ont confirmé à Egalité Maintenant que la situation des femmes et des filles était très préoccupante dans les FATA et, plus récemment, dans le district de Swat.

Le gouvernement pakistanais envisagerait d’appliquer la charia dans ces régions afin de mettre fin au conflit avec les militants, bien qu’il semble que les fondamentalistes aient déjà mis en place leurs propres tribunaux islamiques dans beaucoup d’endroits et qu’ils aient instauré des exécutions publiques pour les personnes enfreignant la charia. Le fait que le gouvernement autorise l’existence d’un système judiciaire parallèle interprété par des personnes qui ne reconnaissent pas les droits fondamentaux des femmes et des filles, est tout à la fois inconstitutionnel et inacceptable.

Il est du devoir du gouvernement pakistanais de veiller à ce que le droit à l’éducation de toute jeune Pakistanaise ne soit pas menacé ni compromis, notamment par des agissements de personnes sans liens avec l’Etat. En particulier, les articles 25 et 34 de la Constitution pakistanaise font obligation à l’état d’éliminer toute discrimination et d’assurer la participation entière des femmes dans tous les domaines, et l’article 37 impose à l’état d’ « éliminer l’analphabétisme et dispenser un enseignement secondaire gratuit et obligatoire dans les délais les plus brefs possibles » et de « proposer largement un enseignement technique et professionnel et donner à tous accès aux études supérieures en fonction du mérite ». Par ailleurs, le Pakistan a ratifié différentes conventions internationales par lesquelles le pays s’est engagé à assurer l’égalité entre les sexes et à garantir le respect des droits à l’éducation. Il s’agit par exemple du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, de la Convention relative aux droits de l’enfant et de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW). 

Comment agir: 

Egalité Maintenant demande instamment au gouvernement pakistanais de prendre des mesures immédiates et coordonnées entre les forces de police, l’appareil judiciaire, les instances législatives (nationales et provinciales), le ministère de l’Education et les autres ministères de tutelle, pour veiller à ce que les femmes et les filles résidant dans les FATA et dans le district de Swat puissent faire pleinement valoir leurs droits sans craindre la violence ni l’intimidation, et notamment que toutes les filles puissent aller à l’école en toute sécurité. En outre, le gouvernement doit refuser d’autoriser un système judiciaire parallèle ne garantissant pas à tous les citoyens les droits qui leur sont conférés par la Constitution pakistanaise et les instruments internationaux de défense des droits humains auxquels le Pakistan est partie. Nous vous invitons à écrire aux personnalités figurant dans la liste ci-dessous pour leur demander de se préoccuper de toute urgence d’éliminer la menace qui pèse sur l’éducation des filles du Swat et de porter un coup d’arrêt à toute tentative de réduire ou dénier les droits des femmes au Pakistan.

Président Asif Ali Zardari
Président du Pakistan
President's Secretariat
Islamabad, Pakistan

Dr. Fehmida Mirza
Président de l’Assemblée nationale du Pakistan
Parliament House
Islamabad, Pakistan
Courriel : speaker@na.gov.pk

Meer Hazar Khan Bijarani
Ministre de l’Education
Ministry of Education
Islamabad, Pakistan
Tél : (0092-51) 920-1392, 921-2020
Courriel : minister@moe.gov.pk

 

Lettres: 

[ajouter l’adresse qui convient]

Monsieur le [Président/Ministre] [supprimer la mention inutile]

Je vous écris pour vous faire part de ma profonde inquiétude au sujet des actes de violence et de discrimination dont sont victimes les femmes et les filles dans les zones tribales administrées au niveau fédéral (FATA) et dans le district du Swat au Pakistan, et en particulier des attaques perpétrées contre des écoles de filles par des militants ayant décrété l’interdiction de l’éducation des filles à compter du 15 février 2009. Je suis également très préoccupé[e] par les rumeurs selon lesquelles le gouvernement pakistanais envisagerait d’adopter la charia (loi islamique) dans ces régions à titre de compromis avec les militants.

Je demande instamment au gouvernement pakistanais de prendre des mesures immédiates et coordonnées entre les forces de police, l’appareil judiciaire, les instances législatives (nationales et provinciales), le ministère de l’Education et les autres ministères de tutelle, pour veiller à ce que les femmes et les filles résidant dans les FATA et dans le district de Swat puissent faire pleinement valoir leurs droits sans craindre la violence ni l’intimidation, et notamment que toutes les filles puissent aller à l’école en toute sécurité. J’appelle le gouvernement à garantir le respect des engagements pris par le Pakistan en matière d’égalité des sexes et d’éducation en vertu de sa Constitution ainsi que des instruments internationaux de défense des droits humains qu’il a ratifiés. En conséquence, je vous demande instamment aussi de refuser l’instauration d’un système judiciaire parallèle ne garantissant pas l’égalité de tous les citoyens.

Je vous remercie de votre attention et vous prie de croire, Monsieur le [Président/Ministre], à l’assurance de ma très haute considération.