Yémen : mettre fin aux mariages précoces par l’adoption et la stricte application d’une loi fixant un âge minimum du mariage

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Numéro de l'action: 
34.2
IMPORTANT : Cette campagne d’action est terminée ou interrompue et les informations contenues dans celle-ci peuvent ne plus être d’actualité. Veuillez consulter la section Agissez pour les campagnes actuellement en cours.
Date: 
1 Avr 2010

Le mois dernier, Egalité Maintenant a été informée d’un certain nombre de cas de très jeunes filles yéménites mariées de force ou devant l’être et qui en ont subi très douloureusement les conséquences. 

  • En mars 2010, la jeune Sally Al-Sabahi, 12 ans, qui avait été mariée à l’âge de 10 ans, battue et violée à plusieurs reprises par son mari, a finalement obtenu le divorce.
  • Le même mois, Sarah, une fillette de 11 ans, a été retenue prisonnière et enchaînée par son père qui voulait l’obliger à se marier. 
  • Récemment aussi, Salwa, 12 ans, s’est suicidée en se jetant du toit de sa maison après avoir été contrainte par son père de se marier.
  • La jeune Hind, âgée de 13 ans et mariée l’année dernière par son père et ses oncles à un homme de 70 ans, a tenté de s’enfuir de chez son mari mais a été rattrapée par un oncle qui l’a gardée enchaînée dans la maison pendant des mois. Elle a finalement été libérée en mars et été recueillie par une famille qui a déclaré que la jeune fille était enceinte.
  • En avril, Safiyeh, une fillette de 11 ans mariée à un homme plus âgé, a été hospitalisée pour des blessures aux organes génitaux occasionnées par un rapport sexuel. Grâce à l’intervention de la Yemeni Women Union, elle a obtenu le divorce et son père a accepté qu’elle retourne à l’école.
  • Egalement en avril, Ilham, une jeune fille de 13 ans, est décédée des suites d’une hémorragie provoquée par une déchirure de ses organes génitaux pendant un rapport sexuel, trois jours après avoir été mariée à un homme plus âgé.

AGISSEZ!

Rally of Yemeni women outside Parliament.
Rassemblement de femmes yéménites devant le parlement. Message sur la banderole : « 18 ans est l’âge approprié pour le mariage »

En novembre 2009, Egalité Maintenant a publié son Action Femmes 34.1 qui appelait le gouvernement du Yémen à empêcher les mariages d’enfants en adoptant et en faisant appliquer une loi fixant un âge minimum du mariage. Nous avions évoqué le cas de Fawziya Abdullah Youssef, mariée à l’âge de 11 ans par son père à un homme de 25 ans, qui était morte en couches un an plus tard. Nous avions également raconté comment Asghan M.S., 12 ans, s’était enfuie plusieurs fois de chez son mari et y avait été ramenée de force par son père. Grâce à l’intervention de l’association yéménite de défense des droits de l’enfant Seyaj, le père d’Asghan avait accepté qu’elle reste habiter dans sa famille jusqu’à ses 17 ans. Des histoires comme celles de Sally, Sarah, Salwa, Hind, Safiyeh, Ilham, Fawziya et Asghan sont monnaie courante au Yémen où la loi ne prévoit pas d’âge minimum du mariage.

 Le Yémen a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant (CRC) et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), qui contiennent toutes les deux des dispositions contre le mariage précoce. En 2008, le Comité de la CEDAW a appelé le Yémen à « prendre d’urgence des mesures législatives en vue de relever l’âge minimum du mariage pour les filles, conformément à [la CRC et la CEDAW ;]…faire appliquer l’obligation d’enregistrer tous les mariages afin de surveiller leur légalité et la stricte interdiction des mariages précoces et poursuivre les contrevenants auxdites dispositions [ ; et] organiser des campagnes de sensibilisation, avec l’appui d’organisations de la société civile et des autorités religieuses, sur les effets négatifs du mariage précoce sur le bien-être, la santé et l’instruction des filles… »

En 2009, le parlement yéménite a examiné un projet de loi soumis par deux ministères avec le soutien d’associations yéménites de défense des femmes et des enfants qui fixait l’âge minimum du mariage pour les filles à 17 ans, et qui prévoyait des pénalités et des sanctions en cas d’infraction. Les députés conservateurs ont toutefois empêché le projet de loi d’être voté. Le parlement yéménite pourrait réexaminer ce projet de loi dès mai 2010, mais il semblerait que cette date puisse être reportée. Le projet de loi fait l’objet d’une opposition farouche de la part des députés conservateurs qui prétendent que fixer un âge minimum du mariage serait contraire à l’islam. En mars 2010, certains chefs musulmans yéménites ont traité d’apostats les partisans du projet de loi. Pour vaincre cette opposition, des centaines de femmes se sont rassemblées devant le parlement yéménite le 23 mars afin de manifester leur soutien au projet de loi. La Yemeni Women Union, accompagnée d’autres organismes de défense des droits humains, ont rencontré le président du parlement et lui ont présenté une pétition signée par un million de personnes favorables au projet de loi.

Egalité Maintenant soutient les actions menées par la Yemeni Women Union et les autres organismes de défense des droits humains pour demander au gouvernement du Yémen d’honorer ses obligations au titre du droit international et d’adopter une loi interdisant le mariage précoce, afin d’épargner aux filles les dommages causés sur le plan physique et psychologique par le mariage et la maternité précoces. Nous appelons également le gouvernement à assurer la stricte application de la loi, en veillant à ce que les contrevenants soient poursuivis et sanctionnés. Nous tenons à souligner que beaucoup d’autres pays, notamment ceux dont le système juridique est proche de celui du Yémen, tels que l’Algérie, le Bangladesh, la Jordanie, l’Irak, la Malaisie, le Maroc et la Turquie, ont fixé à 18 ans l’âge minimum du mariage conformément à la CRC, et que d’autres pays s’apprêtent à le faire.

Comment agir: 

Nous vous invitons à écrire au Président du Yémen, au ministre yéménite de la Justice et au Président du parlement yéménite pour leur demander d’intervenir pour que le projet de loi sur le mariage précoce soit examiné et adopté par le parlement le plus tôt possible. Demandez-leur également de veiller à ce que la loi soit strictement appliquée après son adoption, notamment à ce que tous les mariages soient enregistrés et que les contrevenants soient sanctionnés. AGISSEZ!

Envoyez vos lettres à :

M. Abd-Rabbu Mansour Hadi
President of the Republic of Yemen
President Residence
60 Street
Sana’a, Yémen
Télécopie : +967 1 274 147

M. Ghazi Al Ghabari
Minister of Justice
Ministry of Justice
Justice Street
Sana’a, Yémen
Télécopie : +967 1 252 138
Téléphone : +967 1 252 136/7/9

M. Yahya Ali Al Raei
Speaker of the House
Yemeni Parliament
26 September Street
Sana’a, Yémen
Télécopie : +967 1 276 091
Courriel : info@yemenparliament.org

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