Bosnie-Herzégovine: Viols collectifs, grossesses forcées, génocide

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Numéro de l'action: 
3.2
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Date: 
1 Juin 1993

En Février 1993, Egalité Maintenant a envoyé Feryal Gharahi, une avocate musulmane et vice-présidente d'Égalité Maintenant, en Croatie et en Bosnie-Herzégovine, où elle a recueilli des témoignages sur l'emploi systématique de viols collectifs et de grossesses forcées faisant partie de la politique de « purification ethnique » du génocide serbe. En Juin 1993, Feryal Gharahi est revenue en Croatie et est allée jusqu'à la frontière de la Bosnie-Herzégovine, où elle a interviewé des officiels de l'HCR, des agents de secours et un certain nombre de réfugiés arrivés récemment. Malgré le déclin prononcé de couverture médiatique internationale concernant les viols en Bosnie, la mission de Juin d'Égalité Maintenant a confirmé que les viols collectifs étaient encore la politique officielle militaire serbe. Voici un certain nombre de constatations de Feryal Gharahi :

J'ai rencontré une femme de Prijedor. Elle s'était enfuie pour échapper aux forces serbes mais elle a été capturée dans les bois et ramenée à la ville. Là, elle a été gardée dans une école avec environ trente femmes, qui ont toutes été violées à maintes reprises par des soldats serbes. Au bout de plusieurs semaines dans ce camp de viol, elle a réussi à s'évader un matin à 4 heures et est finalement arrivée à la frontière. J'ai rencontré une femme de Celinac qui avait été violée par des soldats serbes et elle a ensuite été témoin lorsque ses voisines, deux jeunes filles âgées de 13 et 17 ans furent violées en présence de leurs parents. A Vrbanja, deux femmes ont été brûlées par des soldats serbes qui les avaient violées. Toute ceci a eu lieu en Avril.

Depuis ma derniére visite en Février, la situation a empiré pour les femmes en Bosnie-Herzégovine. En réponse au tollé international contre le viol, les forces militaires serbes en Bosnie ont fait des efforts pour diminuer la visibilité des viols. La stratégie n'a pas changé, seules les tactiques. Plutôt que d'avoir plusieurs centaines de femmes dans un camp de viol, il y a maintenant de bien plus petits groupes de femmes dans un bien plus grand nombre de camps. Au bout d'un an de violer les femmes systématiquement, les soldats serbes sont devenus des violeurs professionnels. Ils sont froids et mécaniques, indifférents aux cris et supplications désespérés des femmes qui précédemment à l'occasion avaient l'effet de dissuader un soldat individuel d'exécuter ses ordres de viol. Les femmes aussi ont changé, en partie par suite de la ruée médiatique au début de l'année. Je détecte que la honte devient de la colère, tandis que les femmes se rendent compte, que bien que les atrocités dont elles ont souffert ont été exposées sur le plan international, aucune action n'a été entreprise pour arrêter ces crimes contre l'humanité. Les femmes ont le sentiment d'être trahies et abandonnées. Elles parelent maintenant beaucoup plus ouvertement mais, ironiquement, personne ne les écoute. Je suis partie avec un sentiment terrible de désespoir.

Tandis que vous lisez ceci, des femmes sont en train d'être violées et tuées systématiquement en Bosnie-Herzégovine, sur ordre. Il y a des personnes directement responsables de ces atrocités. Elles ont donné des ordres de violer et de tuer et elles ont le pouvoir d'arrêter ce génocide à tout moment. Elles ont des noms et des visages. Radovan Karadzic, le chef des Serbes Bosniaques, est un de ces noms et son visage se trouve au verso de la présente affiche.

Comment agir: 

Servez-vous de l'affiche qui se trouve au verso de cette page pour souligner les atrocités qui ont lieu en Bosnie-Herzégovine. Faites la publier dans les journaux locaux, collez-la sur des panneaux, distribuez-la lors de manifestations publiques. Envoyez des exemplaires des annonces ou des photos de l'affiche, ou l'affiche elle-même à votre Président, Premier Ministre, députés et sénateurs élus et aux hauts fonctionnaires chargés des affaires étrangères et au Secrétaire Général des Nations Unies, New York, NY 10017. Téléphonez pour demander que des mesures immédiates soient prises pour arrêter les viols et les massacres en Bosnie-Herzégovine. Essayez d'envoyer l'affiche et d'autres messages de protestation directement à Radovan Karadzic par télécopieur au : 38 11 235 1213.

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RADOVAN KARADZIC
RADOVAN KARADZIC
POR
VIOLS COLLECTIFS ET MEURTRES
EN
BOSNIE-HERZÉGOVINE