Bosnie-Herzégovine: Manquement à la Directive d'Arrêter Radovan Karadzic et Ratko Mladic

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Numéro de l'action: 
3.6
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Date: 
1 Août 2001

Il y a des camps de viol partout dans le pays. On viole et on tue des milliers de femmes ...des milliers sont enceintes par suite de viol. Maintes et maintes fois, partout où j'allais...les femmes m'ont raconté des histoires d'abominations - d'être détenues dans une chambre, où l'on les violait à maintes reprises en les disant qu'on allait les garder jusqu'à ce qu'elles accouchent d'enfants serbes. J'ai entendu des histoires d'hommes violés, d'inceste forcé - des pères forcés à violer leurs filles, des frères forcés à violer leurs soeurs. Il existe une campagne délibérée et systématique de la part des forces serbes pour anéantir la sexualité, la structure familiale, les vies et les esprits des non serbes, et particulièrement des musulmans qui habitent la Bosnie-Herzégovine.
--Feryal Gharahi, membre du conseil d'administration d'Egalité Maintenant, en mission d'information en 1993

La justice se fait attendre depuis longtemps pour les femmes dont on violait et brisait les corps et les vies sous le régime de la politique génocide de "purification ethnique" exécutée en Bosnie par Radovan Karadzic, le chef des Serbes bosniaques, et Ratko Mladic, le commandant de l'armée serbe bosniaque. Les forces qu'ils ont dirigée ont pendant des années mené une campagne horrifique de torture, de viol, et d'assassinat. C'était en 1992 qu'Egalité Maintenant a attiré l'attention pour la première fois sur l'emploi systématique de viol contre les musulmans bosniaques, en demandant depuis à multiples reprises l'arrestation de Karadzic et Mladic. Le 25 juillet 1995, le Tribunal criminel international des Nations unies pour l'ancienne Yougoslavie a inculpé Radovan Karadzic et Ratko Mladic de génocide et de crimes contre l'humanité. L'inculpation comprend dans la liste des actes et des omissions attribués à Karadzic et à Mladic, des "meurtres, viols et violences sexuelles, tortures, coups et blessures, vols, de même que d'autres formes de violences mentales et physiques" perpétrés contre des musulmans bosniaques et Croates détenus. L'inculpation spécifie en plus que "dans beaucoup de cas, on violait dans les camps les femmes et les filles détenues, où l'on les a enlevées des centres de détention et ensuite, à d'autres sites, les violait ou les forçait à subir d'autres violences sexuelles."

Plus de cinq ans après leur inculpation de la part du Tribunal, Radovan Karadzic et Ratko Mladic sont toujours en liberté. Jusque dans ces derniers temps, on les voyait souvent en public, et ils auraient franchi des postes de contrôle où ils auraient pu être arrêtés, bien que la Force de Stabilisation menée par l'OTAN est mandatée pour "retenir et livrer au Tribunal toute personne inculpée de crimes de guerre quand le personnel de la Force se trouve en contact avec une telle personne dans l'exercice de ses fonctions." Quoiqu'il y ait eu plusieurs rapports non confirmés de tentatives manquées de l'arrestation de Radovan Karadzic de la part de l'OTAN, en avril 2001 Karadzic a déclaré, que "Je me promène normalement, je vais à des cérémonies de baptême, je fréquente mes amis et mes soldats, et j'étais récemment même à Sarajevo." Mladic aurait vécu à Belgrade jusqu'en février 2001. On dit que les deux hommes se tiennent cachés dans la République Srpska, l'entité serbe qui fait partie de la Bosnie-Herzégovine. Selon les termes de l'Accord de Paix Dayton, la République Srpska est dans l'obligation "d'observer tout ordre et d'accéder à toute requête de la part du Tribunal criminel international pour l'ancienne Yougoslavie concernant les personnes...accusées de violations relevant de la juridiction du Tribunal, de les arrêter, de les retenir prisonniers, de les livrer au Tribunal ou de lui leur donner accès." Le 25 juillet 2001, le parlement de la République Srpska a voté une loi qui devrait ouvrir la voie à sa coopération avec le Tribunal.

Une percée importante dans la justice criminelle internationale a été faite le 28 juin 2001, quand le gouvernement de la République de la Yougoslavie, sous pression internationale intense, a enfin livré son ancien président Slobodan Milosevic au Tribunal. Le lendemain, le procureur du Tribunal, Carla del Ponte, a de nouveau demandé qu'on agisse contre Karadzic et Mladic, en qualifiant le fait qu'ils n'ont pas encore été arrêtés de "scandaleux." Beaucoup de parmi les atrocités qui se sont produites au nom de la "purification ethnique" en Bosnie-Herzégovine ont été exécutées sur ordre, et des chefs comme Karadzic et Mladic devraient être tenus responsables pour les violations systématiques perpétrées, y compris le viol et la dégradation sexuelle des femmes et des filles.

Comment agir: 

Veuillez écrire au général Joseph Ralston, commandant allié suprême pour l'Europe, en lui demandant d'arrêter Radovan Karadzic et Ratko Mladic, et de les livrer au Tribunal criminel international pour l'ancienne Yougoslavie pour qu'ils passent en jugement pour les crimes dont ils sont inculpés. Veuillez écrire aussi au Premier ministre de la République Srpska, Mladen Ivanic, en faisant mention de la législation récemment adoptée qui approuve la coopération avec le Tribunal, et en lui demandant de prendre des mesures pour assurer l'arrestation immédiate de Karadzic et Mladic.

Général Joseph Ralston
Commandant allié suprême pour l'Europe
Bureau central de l'OTAN
1100 Bruxelles
BELGIQUE

S.E. Mladen Ivanic
Premier ministre de la République Srpska
Banja Luka
République Srpska
BOSNIE-HERZEGOVINE