Alerte urgente : La Gambie : Appel à la Gambie à juger équitablement le Dr Isatou Touray et Amie Bojang-Sissoho, militantes anti-MGF et à interdire les MGF

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Date: 
18 Oct 2010
Date de mise à jour: 
20 Oct 2010
MISE A JOUR: 

UPDATE, 20 October 2010: Dr. Isatou Touray and Amie Bojang-Sissoho released on bail

Prominent Gambian anti-FGM activists, Dr. Isatou Touray and Amie Bojang-Sissoho were released on bail on October 20, 2010. Equality Now continues to advocate for their right to a fair trial and will continue to monitor the case. Please keep up the pressure by calling on The Gambian authorities to safeguard their right to a fair trial.

ALERTE URGENTE : LA GAMBIE
18 Octobre 2010

Appel au gouvernement de la Gambie à libérer sous caution immédiatement des activistes des droits des femmes, le Dr Isatou Touray & Amie Bojang-Sissoho

Egalité Maintenant s’inquiète profondément des arrestations de deux éminentes activistes gambiennes contre les mutilations génitales féminines (MGF) et partenaires de longue date, le Dr Isatou Touray, directrice exécutive du Comité gambien contre les pratiques traditionnelles (GAMCOTRAP), et sa collègue Amie Bojang –Sissoho. Elles ont été interpellées sans aucune explication le 11 Octobre 2010, puis déférées à la prison centrale de Mile Two où elles sont détenues alors que les enquêtes concernant leur dossier se poursuivraient.

GAMCOTRAP est chef de file national et international dans la lutte contre les pratiques de MGF en Gambie. Selon des rapports, le Dr Touray et Mme Sissoho ont été arrêtées et détenues à la suite de l’affirmation du gouvernement selon laquelle elles auraient prétendument détourné des fonds, malgré avoir été innocentées par une première enquête. Les deux femmes se sont vues refuser la liberté provisoire bien que le vol soit un délit susceptible de libération sous caution en Gambie.

Le gouvernement de la Gambie est lié par l'article 9 (3) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui prévoit que toute personne en attente de jugement doit être libérée sous caution. En outre, l'article 19 de la Constitution gambienne confirme la liberté sous caution comme un droit constitutionnel.

Egalité Maintenant se joint aux appels en faveur de la libération sous caution immédiate et inconditionnelle du Dr Touray et de Madame Bojang-Sissoho. Nous appelons le gouvernement gambien à s'assurer que soit garanti leur droit à un procès juste et équitable devant un tribunal indépendant et impartial, à la sécurité et à la dignité de la personne, et à la liberté en raison du caractère illégal de cette détention comme le prévoit les articles 9 et 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), l'article 6 de la Charte africaine des droits et des peuples, et l'article 19 de la Constitution de la République de Gambie. Nous exigeons également, si elles ne sont pas jugées dans un délai raisonnable, qu’elles soient libérées sans condition et sans préjudice de toute poursuite pouvant être intentée contre elles.

Les MGF sont largement pratiquées en Gambie et, selon l'UNICEF, le taux de prévalence national est de 78,3% chez les femmes âgées de 15 à 49 ans. Malgré les campagnes nationales contre les MGF en Gambie, la pratique persiste et les campagnes lancées contre cette pratique traditionnelle néfaste font face à une forte opposition de la part des chefs religieux et autres individus qui favorisent les MGF.

Le gouvernement de la Gambie a une obligation envers la loi régionale et internationale des droits humains de s'assurer que la pratique des MGF soit éliminée. En 2005, la Gambie a ratifié le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (le "Protocole des femmes") qui exige à l'article 5 (b) que les Etats membres interdisent les MGF par des mesures législatives assorties de sanctions. En 2000, la Gambie a ratifié la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant (la "Charte des enfants") qui, à l'article 21, oblige les États membres à éliminer les pratiques sociales et culturelles néfastes et en particulier celles "préjudiciables à la santé ou à la vie de l'enfant." En outre, la Constitution gambienne garantit que nul ne peut être soumis à la torture ou à des peines inhumaines, dégradantes ou autres traitements. La Gambie est également membre de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et de la Convention relative aux droits de l'enfant (CRC), qui toutes les deux demandent aux Etats membres de prendre des mesures pour protéger les filles, notamment de ces pratiques culturelles néfastes.

Nous exhortons le gouvernement gambien à honorer ses engagements envers les droits humains internationaux et régionaux en adoptant et en appliquant la législation contre les MGF ainsi qu’en soutenant l’éducation et la sensibilisation des communautés concernées aux dangers des MGF en conformité avec l'article 5 du Protocole des femmes et de l'article 21 de la Charte des enfants.

Comment agir: 

Veuillez rejoindre Egalité Maintenant et appeler le gouvernement gambien à libérer sous caution immédiatement le Dr Isatou Touray et Amie Bojang-Sissoho. Exhortez aussi le gouvernement gambien à protéger les filles contre les mutilations génitales féminines (MGF) par la promulgation d'une loi et d'autres mécanismes de prévention et de protection conformément à ses obligations nationales et internationales. Envoyez les lettres à:

Son excellence Yahya Jammeh
Office of the President
State House
Banjul
Gambie
Email: saidy.momodou@yahoo.com
Fax: +220 420 1936

Ministre de l'Intérieur et des ONG
Ousman Sonko
21 OUA Boulevard
Banjul
Gambie
Email: oussonko@yahoo.com

Dr Isatou Njie-Saidy
Vice-président
State House
Banjul
Gambie

Lettres: 

[Son Excellence / Monsieur le Ministre]:

Je vous écris au sujet de l'arrestation, de la détention et du refus de libération sous caution du Dr Isatou Touray et d’Amie Bojang-Sissoho du Comité gambien contre les pratiques traditionnelles (GAMCOTRAP). Je crois savoir qu’elles ont été inculpées de détournement de fonds malgré avoir été innocentées par une première enquête et que la liberté provisoire leur a été refusée alors qu’elles avaient droit à être libérées sous caution. Le gouvernement de la Gambie est lié par les dispositifs régionaux et internationaux qui prévoient l'octroi de la caution lorsque les conditions de liberté sous caution sont remplies. L’Article 9 (3) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) prévoit que toute personne en attente de jugement doit être libérée sous caution. En outre, l'article 19 de la Constitution gambienne confirme la liberté sous caution comme un droit constitutionnel.

Je vous exhorte à libérer sous caution immédiatement et inconditionnellement le Dr Isatou Touray et Amie Bojang-Sissoho. Votre gouvernement doit veiller à ce que ces femmes aient droit à un procès juste et équitable devant un tribunal indépendant et impartial, à la sécurité et à la dignité de la personne, et à la liberté en raison du caractère illégal de cette détention comme le prévoit les articles 9 et 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), l'article 6 de la Charte africaine des droits et des peuples, et l'article 19 de la Constitution de la République de Gambie. J’encourage également, si elles ne sont pas jugées dans un délai raisonnable, qu’elles soient libérées sans condition, et sans préjudice de toute poursuite pouvant être intentée contre elles.

En outre, conformément à ses obligations régionales et nationales, le gouvernement gambien doit protéger les filles contre les mutilations génitales féminines (MGF) par la promulgation d'une loi et d'autres mécanismes de prévention et de protection. La Gambie a ratifié le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, qui exige à l'article 5 (b) que les Etats membres interdisent les MGF par des mesures législatives assorties de sanctions. De plus, la Gambie a ratifié la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant qui, à l'article 21, oblige les Etats membres à éliminer les pratiques sociales et culturelles néfastes et en particulier celles  "préjudiciables à la santé ou à la vie de l'enfant." La Gambie est également membre de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et de la Convention relative aux droits de l'enfant (CRC), qui toutes les deux demandent aux Etats membres de prendre des mesures pour protéger les filles, notamment des pratiques culturelles néfastes.

Veuillez prendre des mesures immédiates pour promulguer et faire appliquer la législation anti-MGF et soutenir l’action de groupes tels que GAMCOTRAP qui travaillent pour mettre fin à cette pratique.

Veuillez agréer l’expression de mes salutations les plus respectueuses.