Mise à jour 16 Février 2012: d'après certaines informations, deux militantes saoudiennes pour les droits des femmes , Manal Al-Sherif et Samar Badawi, ont intenté des poursuites contre le ministère de l'Intérieur pour avoir refusé de leur délivrer leur permis de conduire. Elles affirment que, parce qu’il n’existe pas de loi interdisant explicitement aux femmes de conduire, il n’y a pas de justification au refus de leur délivrer des permis de conduire. Bien que la Fatwa, ou décret religieux, interdisant aux femmes de conduire ne soit pas juridiquement contraignante, elle est appliquée par les autorités et a donc effectivement force de loi en Arabie Saoudite. Egalité Maintenant soutient les efforts des femmes qui défendent les droits humains en cherchant à tenir le gouvernement saoudien responsable et en revendiquant le droit de conduire, et par la même la liberté de mouvement qui est essentielle à la réalisation de droits associés, y compris du droit à l'éducation, à la santé, et à l'emploi. Veuillez vous joindre à nous tandis que nous continuons à soutenir les efforts des femmes saoudiennes et exhortez le gouvernement saoudien à abroger cette Fatwa qui viole les droits humains fondamentaux des Saoudiennes. AGISSEZ! (En anglais seulement)
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Mise à jour 29 Septembre 2011: Selon des rapports, le roi saoudien aurait révoqué la peine de flagellation infligée à une femme pour avoir conduit une voiture à Djeddah. La femme a été condamnée le 27 Septembre 2011 à dix coups de fouet par un tribunal de Djeddah. Selon certaines sources, deux autres femmes saoudiennes seraient également accusées d’avoir conduit. Veuillez écrire au gouvernement saoudien, l’exhortant à libérer toutes les femmes détenues ou arrêtées pour avoir conduit et à ordonner que les femmes conductrices ne soient pas détenues, arrêtées ou harcelées de quelque façon que ce soit. Veuillez continuer à exprimer votre soutien pour les femmes impliquées dans la campagne Women2Drive et appeler le gouvernement à lever la fatwa interdisant aux femmes de conduire.
Egalité Maintenant est profondément préoccupé par la Fatwa de l’Arabie saoudite interdisant aux femmes de conduire (Cheikh Abdel Aziz Bin Abdallah Bin Baz, 1990) et par la récente arrestation de Manal al-Sherif, une militante saoudienne pour les droits des femmes qui a été emprisonnée le 22 mai 2011 à Dammam, dans l’est du royaume. Selon des rapports, elle était l'une des organisatrices d'une campagne internet contre la Fatwa et a bravé l’interdiction deux fois pour faire avancer sa cause. Elle a été arrêtée, placée en détention, et accusée d’avoir "troublé l'ordre public et incité l'opinion." Egalité Maintenant supporte le nombre croissant de femmes saoudiennes qui revendiquent le droit de conduire et exhorte les autorités à lever l'interdiction. L’arrestation de Manal al-Sherif et la censure d’une campagne internet largement soutenue par les Saoudiennes constituent une expression explicite des efforts du gouvernement de Ryad pour étouffer ce mouvement progressif.
Les droits fondamentaux des femmes sont bafoués par cette Fatwa (édit religieux) qui restreint le mouvement des femmes en leur interdisant de prendre le volant. L'Arabie saoudite est le seul pays qui empêche toutes les femmes, à la fois les Saoudiennes et les étrangères, de conduire. Tandis que les militantes saoudiennes affirment qu’elle n'est pas juridiquement contraignante, la Fatwa (citée ci-dessous) est appliquée par la police, se traduit par des arrestations, et a donc effectivement force de loi en Arabie saoudite.
La Fatwa prévoit:
Fatwa interdisant aux femmes de conduire une automobile (Cheikh Abdel Aziz Ben Baz Ben Abdallah), 1990
[... ]la question de la conduite automobile des femmes. On sait que c'est une source de vices indéniables, notamment de "khilwa" [un homme et une femme n'appartenant pas à la même famille immédiate se trouvant seuls ensemble en privé] et d’abandon du "hijab" [voile islamique]. Cela entraîne également des femmes à rencontrer des hommes sans prendre les précautions nécessaires. Cela pourrait également conduire à commettre des actes "harams" [interdits/tabous], voila pourquoi c’est défendu. La Charia pure interdit également les moyens qui conduisent à commettre des actes tabous et considère ces actes "harams" en eux-mêmes [...] Ainsi, la Charia pure interdit tous les moyens conduisant au vice [...] la conduite automobile des femmes constitue l’un de ces moyens, c'est évident.
En 2008, après examen du rapport de conformité de l'Arabie saoudite, le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) a noté que "l’interdiction de facto pour les femmes de conduire, qui limite leur liberté de mouvement, contribue au maintien de tels stéréotypes [discriminatoires]" et il "s’inquiète de ce que l’État partie fait peu d’efforts pour s’attaquer à de telles pratiques culturelles et à ces stéréotypes discriminatoires." Le Comité a en outre appelé l'Arabie Saoudite à "conclure son examen de l’interdiction de conduire imposée aux femmes." En Mars 2009, le Groupe de travail du Conseil des droits de l’Homme chargé de l'Examen périodique universel (EPU) a dans son examen appelé l'Arabie saoudite à "abolir les lois et pratiques qui empêchent les femmes de participer pleinement à la vie de la société sur un pied d'égalité avec les hommes", notamment les "restrictions à la liberté de circulation" et "l'interdiction pour les femmes de conduire une automobile et les restrictions à l'accès des femmes à l'emploi, aux lieux publics et aux installations commerciales."
A la suite de la quatrième Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes, les délégués de 189 gouvernements se sont engagés lors du Programme d'action de Beijing (1995) à "abroger toutes les lois encore en vigueur qui introduisent une discrimination fondée sur le sexe" et à "garantir la non-discrimination et l’égalité devant la loi et dans la pratique." Dans le cadre de notre travail pour mettre fin à toute discrimination juridique et pratique contre les femmes dans monde, Egalité Maintenant exhorte le gouvernement saoudien à abroger cette Fatwa qui, en interdisant aux femmes la conduite automobile, viole leurs droits en vertu du droit international. Nous exhortons le gouvernement saoudien à libérer Manal al-Sherif immédiatement et sans condition pour qu’elle puisse exprimer pacifiquement ses opinions.
AGISSEZ! (En anglais seulement)
Veuillez écrire au roi d'Arabie saoudite pour lui demander de remédier à cette violation en abrogeant cette Fatwa. Appelez-le à libérer immédiatement Manal al-Sherif. Exhortez-le à garantir la non-discrimination et l’égalité devant la loi et dans la pratique pour les femmes en Arabie saoudite. Veuillez envoyer une lettre similaire au ministre de la Justice. Les lettres doivent aller à: Sa Majesté, le Roi Abdullah bin Abdul Aziz Al Saoud Royaume d'Arabie saoudite Fax: +966 1 491 2726 Son Excellence le Dr. Abdul bin Muhammad El Karim Abdul Azziz El Issa Ministre de la Justice University Street, Riyad 11137 Royaume d'Arabie saoudite Fax: +966 1 401 1741 Avec une copie à: Commission des droits humains, B.C. Box 58889 Riyad 11515, King Fahed Street, Building 373, Riyad, Royaume d'Arabie Saoudite. Email: hrc@haq-ksa.org
[Sa Majesté le Roi Abdullah bin Abdul Aziz Al Saoud
Royaume d'Arabie saoudite
Fax: +966 1 491 2726]
[Son Excellence le Dr. Muhammad bin Abdul Elkarim Abdul Azziz El Issa
Ministre de la Justice
University Street, Riyad 11137
Royaume d'Arabie saoudite
Fax: +966-1-401-1741]
[Date]
[Votre Altesse] [Monsieur le Ministre],
Je vous écris pour exprimer ma profonde préoccupation concernant l'interdiction aux femmes de conduire en Arabie Saoudite comme en témoigne la fatwa émise par cheikh Abd al-Aziz ibn Abd Allah ibn Baaz en 1990.
Selon des informations, deux militantes saoudiennes pour les droits des femmes , Manal Al-Sherif et Samar Badawi, ont intenté des poursuites contre le ministère de l'Intérieur pour avoir refusé de leur délivrer leur permis de conduire. Elles affirment que, parce qu’il n’existe pas de loi interdisant explicitement aux femmes de conduire, il n’y a pas de justification au refus de leur délivrer des permis de conduire. Je tiens à exprimer mon soutien à ces femmes courageuses et au mouvement grandissant de Saoudiennes qui revendiquent le droit de conduire, essentiel à la liberté de mouvement, et qui exhortent les autorités à lever l'interdiction de prendre le volant en vigueur.
Je vous appelle respectueusement à veiller à ce que le ministère de l'Intérieur délivre des permis de conduire aux femmes ayant passé l’examen de conduite, et émette des instructions claires stipulant que les conductrices ne devraient pas être détenues, arrêtées ou harcelées en aucune façon. Je demande instamment aux autorités d'abroger la Fatwa et de lever l'interdiction qui empêche effectivement les femmes de conduire et porte atteinte à la capacité des femmes de jouir de leurs droits. Je vous demande également de garantir la non-discrimination et l’égalité devant la loi et dans la pratique pour les femmes en Arabie saoudite.
Je vous remercie de votre attention.
Veuillez agréer l’expression de mes salutations les plus respectueuses,
Cc: La Commission des droits de l’Homme (e-mail: hrc@haq-ksa.org)
Votre action fait la différence! Faites entendre votre voix pour en finir avec les violations des droits humains des femmes et des filles.