Appel global: exhortez Village Voice Media à cesser de faciliter l’exploitation sexuelle

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Numéro de l'action: 
40.1
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Date: 
19 Mar 2012

“NOUVEAU : JAPONAISE flexible et soumise PRIX SPECIAL 100$ !!!”
-Posté le 7 mars 2012 dans la rubrique "escortes" de Backpage.com, section de New-York

“Rondelette à très forte poitrine, je fais tout ce que mon maître me dit de faire”
-Posté le 24 février-2012 dans la rubrique "escortes" de Backpage.com, section de Leeds, Royaume-Uni

En 2009, des photos pornographiques d’une jeune fille en fugue de 14 ans, «M.A.», ont commencé à apparaître sur Backpage.com, un site de petites annonces où l’on peut tout acheter, d’un canapé d’occasion à des actes sexuels. Village Voice Media Holdings LLC (Village Voice), le propriétaire de Backpage.com, a consciemment publié l’annonce du proxénète de M.A. offrant ses services sexuels en tant qu’escorte "adulte", fournissant par la même à certains hommes un moyen facile de communiquer avec son proxénète et de prendre des dispositions pour violer M.A. Bien qu’elle a réussi à s’échapper et poursuivi Village Voice en justice pour avoir facilité son exploitation, le juge a rejeté sa plainte, déplorant « l’horrible victimisation » de M.A. mais se reportant à une loi des États-Unis qui absous les sites web de toute responsabilité pour "préjudices" subis par des innocents résultant de l'information affichée sur ces sites.

>> AGISSEZ!

La traite à des fins sexuelles est une industrie criminelle pesant plusieurs milliards de dollars et qui viole les droits fondamentaux des femmes et des filles à travers le monde. Selon l'Organisation des Nations Unies (ONU), les femmes et les filles représentent 98% des victimes de trafic sexuel, et environ deux millions d'enfants sont sexuellement exploités chaque année à des fins commerciales. Les trafiquants, les proxénètes, les «clients» de l’industrie du sexe, et les entreprises qui tirent profit de cette exploitation, y compris les sites d'hébergement d’annonces "adultes" comme Backpage, alimentent la demande pour le trafic et l’exploitation sexuels à des fins commerciales. Aux États-Unis, l’internet est désormais la plate-forme la plus fréquemment utilisée par les trafiquants et les demandeurs  de prostituées pour acheter et vendre des femmes et des enfants à des fins sexuelles. Tina Frundt, directrice de l'organisation anti-trafic « Courtney’s House » et rescapée, a noté que l'internet a joué un rôle dans l’exploitation sexuelle de toutes les victimes que son organisation a aidé.

Malgré les protections juridiques contre l'exploitation sexuelle et la prostitution, les annonces « adultes » publiées sous les rubriques «escortes» et «massages » sont des publicités à peine déguisée pour des relations sexuelles à caractère commercial. Backpage affiche une section et des annonces « adultes » pour des centaines de villes aux États-Unis ainsi que dans 14 autres pays, y compris le Royaume-Uni, la France, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et la République dominicaine. Ces sections « adultes » sur les principaux sites de petites annonces fournissent des moyens simples et anonymes aux trafiquants et proxénètes pour recruter, commercialiser et vendre des femmes et des filles en tant que marchandises à des fins d'exploitation sexuelle. Village Voice profite abondamment de son rôle de facilitation du trafic sexuel: selon AIM Group, un organisme de recherche sur les médias et la publicité, Village Voice a, pour le seul mois de janvier 2012, perçu au moins 2,6 millions de dollars pour l’hébergement des annonces « adultes » dans 23 villes américaines.

Indépendamment des tentatives de Village Voice pour filtrer les annonces favorisant le trafic sexuel (interdiction de la nudité dans les messages, recherches par mots clés pour identifier les abus dans les annonces «adultes» et examen manuel des annonces), celles-ci continuent d’avoir pour conséquence le viol de femmes et de filles. Le mois dernier, une jeune fille de 15 ans a été enlevée et vendue par des trafiquants via Backpage à plusieurs hommes qui l’ont violée et sodomisée. L’utilisation d’annonces « adultes », contenant des photos de nu, de la part des trafiquants prouve une nouvelle fois l'inefficacité des efforts de dépistage de Village Voice. Partout aux États-Unis, les responsables de l'application de la loi continuent de rencontrer des cas de femmes et de filles victimes de trafic et de proxénétisme par le biais d’annonces de Backpage. Un dirigeant de Village Voice a même admis qu'il y avait chaque mois sur Backpage plus de 400 annonces « adultes » qui pourraient impliquer des enfants.

La traite à des fins sexuelles est criminalisée en vertu du droit international par le biais du Protocole des Nations Unies visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants.1  À la mi-2011, 128 pays, y compris les États-Unis en promulguant la Loi sur la protection des victimes de traite en l’an 2000, ont criminalisé toutes les formes de traite des personnes. Le trafic sexuel viole les droits humains fondamentaux, notamment le droit à l'intégrité physique, à l'égalité, à la dignité, à la santé, à la sécurité et à l’absence de violence et de torture. Il peut entraîner des séquelles à long terme, de graves traumatismes émotionnels, une vulnérabilité accrue aux maladies sexuellement transmissibles et des grossesses forcées. Les filles et les femmes victimes de trafic sexuel sont souvent accablées par des condamnations pénales qui limitent leurs opportunités d'emploi et d'éducation, et les forcent souvent à retomber dans la prostitution.

Les acteurs non étatiques, y compris les entreprises privées, doivent travailler ensemble pour mettre fin au fléau que constitue la traite sexuelle. Chacun des 193 pays de l'Assemblée générale des Nations Unies a reconnu le rôle que des sites internet comme Backpage jouent dans le trafic sexuel, et ces pays ont appelé en 2011 les médias, et notamment les fournisseurs d’accès à l’internet, « à adopter des mesures d’autodiscipline, ou à renforcer celles qu’ils ont déjà prises, pour promouvoir une utilisation responsable des médias, en particulier de l’internet, en vue d’éliminer l’exploitation des femmes et des enfants, surtout des filles, qui pourrait favoriser la traite. » Le Pacte mondial des Nations Unies décrit les principes touchant aux droits humains pour les entreprises privées et notamment leur obligation de « veiller à ce que leurs propres compagnies ne se rendent pas complices de violations des droits de l'Homme », ce qui comprend la traite à des fins sexuelles et l'exploitation. Les Principes éthiques d'Athènes, un ensemble de mesures élaborées par le secteur privé, les ONG et les gouvernements pour lutter contre la traite d’êtres humains dans les entreprises, exigent que celles-ci «affirment une tolérance zéro contre la traite des êtres humains, en particulier de celle des femmes et des enfants à des fins d’exploitation sexuelle».

En tant que site internet très connu et utilisé, Backpage, par le biais de Village Voice, doit mettre fin à sa complicité liée au viol et à l'exploitation de filles et de femmes. De nombreux journaux et sites internet de petites annonces, dont le Washington Post, Newsquest (un grand éditeur de journaux au Royaume-Uni), El Universal (un important journal mexicain) et Craigslist, ont déjà pris position contre la traite d’êtres  humains et l'exploitation en refusant de publier et de tirer profit des annonces  «adultes» pour des salons de massage et des services d'escortes. Village Voice a jusqu'à présent rejeté toutes les demandes les appelant à fermer leur section «adultes» et la compagnie n'est pas disposée à renoncer aux plus de 2 millions de dollars mensuel qu'elle reçoit pour ces annonces. Une pression continue du public est nécessaire afin d’obtenir l'attention de Village Voice et de les convaincre de cesser de faciliter l’exploitation sexuelle.

1L’expression “traite des personnes” désigne le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle.

Comment agir: 

Veuillez écrire à Village Voice en leur demandant de supprimer toutes les annonces «adultes» de Backpage.com et de leurs journaux. Veuillez également écrire aux rédacteurs en chef des 13 journaux régionaux de Village Voice Media (pour de plus amples informations sur ces journaux visitez www.villagevoicemedia.com). Exhortez Village Voice à respecter les principes internationaux de droits humains, à faire preuve de responsabilité sociale d’entreprise et à reconnaître que la traite à des fins sexuelles constitue une violation des droits humains que nous devons travailler ensemble à éradiquer.  >> AGISSEZ!

Les courriers doivent être adressés à:

Mr. Jim Larkin
Village Voice Media CEO and Board Chair
1201 East Jefferson
Phoenix, AZ 85034
USA
Telephone:  +1-602-271-0040
Fax: +1-602-495-9954; +1-602-340-8806

Mr. Carl Ferrer
Vice President, Backpage.com LLC
1201 East Jefferson
Phoenix, AZ 85034
USA
Telephone:  +1-602-271-0040
Fax: +1-602-407-1717

Lettres: 

Cher ____ :

Je vous écris pour exprimer ma profonde préoccupation concernant le trafic sexuel. La vente et l'achat de femmes et de filles à des fins d'exploitation sexuelle constitue une violation des droits humains et des droits à l'intégrité physique, à l'égalité, à la dignité, à la santé, et à l’absence de violence et de torture.

Je suis préoccupé(e) d'apprendre que Village Voice Media, par le biais de ses annonces «adultes»  présentes sur Backpage, facilite le trafic sexuel et l'exploitation des femmes et des filles à travers le monde. La traite à des fins d’exploitation sexuelle est une industrie internationale criminelle pesant plusieurs milliards de dollars et qui est alimentée par ceux qui profitent de l'industrie du sexe, notamment les trafiquants, les proxénètes, les «clients», et les entreprises qui tirent profit de l'exploitation et la facilite. Les filles et les femmes ayant été victimes de traite souffrent tout au long de leur vie.

Les gouvernements, les défenseurs des droits humains et les sociétés privées doivent travailler ensemble pour mettre fin à ce fléau. Je comprends qu’aux Etats-Unis l'internet est désormais la plate-forme la plus fréquemment utilisée par les trafiquants et les demandeurs de prostituées pour acheter et vendre des femmes et des enfants à des fins sexuelles. En tant que l'un des sites contenant des annonces «adultes » les plus couramment utilisés, Backpage.com tire un large profit de ces annonces. L'Organisation des Nations Unies a reconnu le rôle qu'internet peut jouer dans la facilitation du trafic sexuel, et a appelé les entreprises privées à veiller à ce qu'elles ne se rendent pas complices de la traite et de  l'exploitation à des fin sexuelles. Je vous exhorte à rejoindre d'autres journaux et sites internet de petites annonces qui ont pris une position sans équivoque contre l'exploitation en refusant de tirer profit des annonces  «adultes» et de les publier. J'espère que vous allez faire preuve de responsabilité d’entreprise et défendre les droits humains en fermant la section "adultes" de Backpage.com et de vos journaux pour contribuer à éradiquer le viol et l'exploitation des filles et des femmes.

Je vous remercie de votre attention.

Cordialement