Le Dr Isatou Touray et Amie Bojang-Sissoho disculpées: attention renouvelée à la question des MGF en Gambie

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13 novembre 2012
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Londres, Royaume-Uni - Les poursuites contre deux éminentes activistes gambiennes contre les mutilations génitales féminines (MGF) et partenaires de longue date d’Egalité Maintenant, le Dr Isatou Touray, directrice exécutive du Comité gambien contre les pratiques traditionnelles (GAMCOTRAP), et sa collègue Amie Bojang -Sissoho, ont été abandonnées. Le gouvernement gambien les avaient accusées d’avoir détourné une somme de 30 000 Euros au détriment de l’ organisation espagnole Yolocamba Solidaridad. Les deux femmes se sont au départ vues refuser la liberté provisoire bien que, en Gambie, le vol présumé soit un délit susceptible de libération sous caution. Suite à une campagne internationale menée par les organisations de droits humains, y compris par Egalité Maintenant, elles ont finalement été libérées sous caution. A la suite d’un long et tortueux procès qui a duré deux ans et sept mois, elles ont finalement obtenu gain de cause. 

GAMCOTRAP est un chef de file national et international dans la lutte contre les MGF en Gambie, où la pratique continue d'être largement répandue: selon l'UNICEF, le taux de prévalence est de 78,3% parmi les femmes âgées de 15 à 49 ans. Les campagnes nationales contre cette tradition néfaste continuent de faire face à une forte opposition de la part des chefs religieux conservateurs et autres individus qui exercent une grande influence sur le gouvernement gambien.

En 1997, le gouvernement gambien avait censuré une campagne médiatique anti-MGF, et n’avait finalement reculé qu’à la suite de pressions internationales. L’inébranlable détermination d’Amie et du Dr Touray constitue un exaltant rappel que la lutte contre les MGF ne peut pas être refrénée ou occultée. Leur disculpation permet à nouveau de mettre l’accent sur la question des MGF au sens plus large.

Le gouvernement gambien a, en vertu du droit régional et international relatif aux droits humains, une obligation de veiller à ce que la pratique des MGF soit éradiquée de toute urgence. En 2005, le pays a ratifié le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (le «Protocole des droits des femmes») qui exige à l'article 5 (b) que les Etats membres interdisent les MGF par le biais de mesures législatives assorties de sanctions. En l’an 2000, la Gambie a ratifié la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant (la «Charte de l’enfant») qui, à l'article 21, oblige les Etats membres à éliminer les pratiques sociales et culturelles néfastes, et en particulier celles «préjudiciables à la santé ou à la vie de l'enfant. » En outre, la Constitution gambienne garantit que nul ne peut être soumis à la torture ou à des peines inhumaines, dégradantes ou autres traitements. La Gambie est également membre de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et de la Convention relative aux droits de l'enfant (CDE), qui appellent toutes deux les Etats membres à prendre des mesures pour protéger les filles, notamment de ces pratiques culturelles néfastes.

“A la suite de la disculpation de ces deux activistes, Egalité Maintenant exhorte le gouvernement gambien à honorer ses engagements régionaux et internationaux relatifs aux droits humains en adoptant et en faisant appliquer la législation contre les MGF, ainsi que, conformément à l'article 5 du Protocole des droits femmes de l'Union Africaine et à l'article 21 de la Charte africaine de l’enfant, en soutenant des initiatives pédagogiques de sensibilisation sur les dangers des MGF pour les communautés concernées.”.--Efua Dorkenoo,directrice de l’action militante  (programme anti-MGF) du bureau londonien d’Egalité Maintenant.

Pour en savoir plus sur les MGF et sur les travaux d’Egalité Maintenant, consultez www.equalitynow.org/fr/mgf-fr
 

Novembre 13, 2012 - 12:30