Egalité Maintenant appelle les législateurs Hawaïens à passer de strictes lois anti-trafic en 2011

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18 janvier 2011

Lakshmi Anantnarayan, +1 212 586 0906, lanant@equalitynow.org

Egalité Maintenant appelle les législateurs Hawaïens à passer de strictes lois anti-trafic en 2011 pour adresser le problème du trafic sexuel et de l’exploitation de main d’œuvre.

Avec l'ouverture de la session législative 2011 à Hawaï, l’organisation internationale de défense des droits humains Egalité Maintenant exhorte les législateurs à donner la priorité à la criminalisation du trafic d’êtres humains. Il est troublant de constater que, tout en étant une destination importante pour les victimes de trafic, Hawaï est l'un des 5 derniers Etats Américains qui ne disposent pas encore d'une loi générale criminalisant le trafic sexuel ou de main-d’œuvre. Le gouvernement de l'Etat d'Hawaï n'a pas adopté une seule loi anti-trafic au cours des cinq dernières années et en 2010 l'ancienne gouverneure Linda Lingle a opposé son veto à un projet de loi adopté à l'unanimité par les deux chambres législatives d'Hawaï.

"Pendant cinq ans, malgré les efforts des groupes anti-trafic locaux, Hawaï a inexplicablement retardé l'adoption d'une loi sur le trafic d’êtres humains, en ignorant l’évidence que trafiquants et proxénètes commettent des crimes brutaux sur des victimes n’ayant peu ou pas de recours à la justice à Hawaï. Nous exhortons les législateurs à garantir l'adoption de sévères lois anti-trafic en 2011 qui permettront la poursuite des trafiquants et la protection des victimes", a déclaré Taina Bien-Aimé, directrice exécutive d’Egalité Maintenant.

On estime qu'entre 14 500 et 17 500 ressortissants étrangers sont victimes de trafic aux États-Unis chaque année. En outre, des dizaines de milliers de citoyens américains en sont aussi victimes. La majorité des victimes de trafic est constituée de femmes et d’enfants qui sont vendus à des fins d'exploitation sexuelle commerciale. Hawaï est un site important de trafic comme en témoigne la récente action du FBI contre une douzaine de fermes à Hawaï dans le cadre de ce qui a été appelé "le plus grand cas de trafic d'êtres humains poursuivi en justice aux Etats-Unis." Selon des agents fédéraux, Hawaï a l'un des pires taux de trafic d’enfants. Les militants anti-trafic à Hawaii affirment que le trafic sexuel est un problème grandissant qui reçoit rarement une attention suffisante de la part des forces de l’ordre.

Le droit fédéral américain anti-trafic s'avère généralement insuffisant en tant qu’outil pour poursuivre les affaires de trafic sexuel et de main-d’œuvre au niveau étatique, en partie à cause des ressources limitées des procureurs fédéraux et du ciblage sélectif d’affaires très médiatisées impliquant de nombreuses victimes ou uniquement des mineurs. Il est donc essentiel que, pour permettre aux autorités locales d’identifier les affaires et d'intervenir de façon appropriée, les Etats adoptent des lois criminalisant le trafic d’être humains qui sont adéquates.

Pour lutter contre le trafic sexuel en particulier, la loi hawaiienne sur le trafic d’êtres humains doit veiller à proposer une définition complète du trafic sexuel qui reconnaisse les moyens par lesquels les trafiquants incitent ou induisent leurs victimes vers l'industrie du sexe et qui aille au-delà des termes restrictifs "force, fraude et coercition" de la loi fédérale. La nouvelle loi doit aussi se concentrer sur la demande pour la prostitution en mettant en place des sanctions plus sévères pour ceux qui achètent des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle. "Hawaï devrait emboîter le pas d’Etats comme New York ayant adopté de sévères lois anti-trafic qui reconnaissent les liens entre le trafic sexuel et la prostitution, fournissent des services aux victimes, et veillent à ce que tous les participants, des trafiquants aux proxénètes en passant par les clients, soit tenus pour responsables de l’innommable exploitation des plus vulnérables. Le trafic est un fléau qui ne fera qu'empirer si de strictes lois et une forte volonté politique ne sont pas en place pour remédier à cette violation des droits humains", a poursuivi Mme Bien-Aimé.

Janvier 18, 2011 - 13:15