Communiqué - DSK/Les associations de femmes demandent la justice dans les cas de violence sexuelle

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6 juillet 2011

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Communiqué - les plaintes déposées contre Dominique Straus-Kahn aux Etats-Unis et en France: Les associations de femmes demandent la justice dans les cas de violence sexuelle

Nous, les soussignés défenseurs des droits des femmes et des droits humains, sommes solidaires de la femme que nous appelons “Hawa”, la victime anonyme aux Etats-Unis présumée dans la plainte récemment portée contre l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, pour agression sexuelle. Nous sommes aussi solidaires de Tristane Banon, qui a également déposé plainte contre Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol en 2003.

Bien que ces deux femmes soient issues de milieux très différents – l’une est journaliste française, blanche, issue d’ une famille privilégiée et très impliquée dans le milieu politique, l’autre une immigrée qui vit à New York, provenant d’un des pays les plus pauvres d’Afrique, une survivante de mutilations génitales féminines comme plus de 90% des femmes en Guinée, et d’un mariage précoce – toutes deux ont eu le courage de porter plainte contre Strauss-Kahn pour agression sexuelle.

Nous avons été choqués par les commentaires des avocats de Strauss-Kahn, des tabloïdes, et des sources anonymes proches du procureur qui visent à détruire la réputation d’Hawa. Ils ont réussi, d’une manière insidieuse, à détourner l’attention des accusations d’agression sexuelle contre Dominique Strauss-Kahn et à mettre l’accent sur la réputation d’Hawa. Les femmes et les filles les plus vulnérables de notre société – celles qui sont pauvres, immigrées, peu instruites, victimes d’abus sexuels et d’exploitation, ou qui sont au plus bas de l'échelle socio-économique –bénéficient peu de la protection de la loi dans notre système judiciaire. Quand une femme dépose plainte pour violence sexuelle, sa réputation ne devrait pas être mise en cause. L’essentiel devrait être l’accès à la justice.

Tristane Banon elle aussi a été accusée d’avoir fabriqué sa plainte de tentative de viol par Strauss-Kahn. D'ici peu sa réputation sera probablement salie pour la discréditer. Comme maintes victimes d'agression sexuelle, Tristane Bano a été dissuadée de porter plainte pour cette tentative de viol. Bien que le cas Banon ne soit pas recevable dans l’affaire d’Hawa, il reste quand même important parce qu’il corrobore les allégations de cette dernière. La présence incontestable de l’ADN de Strauss-Kahn sur les lieux présumés du crime et sur ses vêtements d’Hawa, les dommages corporels, notamment des plaies contuses dans la région génitale ainsi que ses vêtements déchirés tendent vers une relation sexuelle forcée. Beaucoup d'entre nous sommes spécialisés dans la violence domestique et les agressions sexuelles contre les femmes et les filles ; nous avons régulièrement observé que les hommes qui commettent des violences sexuelles contre les femmes le font presque invariablement à répétition. Un cocktail d'arrogance, de vie privilégiée, de misogynie persistante incitent ces hommes à poursuivre leurs agressions contre les femmes et les filles parce qu'ils sont rarement reconnus coupables de leurs actes.

Nous exhortons les gouvernements français, américain, guinéen, ainsi que tous les gouvernements du monde à reconnaître que la violence contre les femmes et les filles est endémique et omniprésente, caractérisée en 1999 par l’ancien Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, comme “peut-être la violation des droits humains la plus honteuse et la plus répandue.” L'Organisation mondiale de la santé signale qu'entre 20% et 50% des femmes et des filles à travers le monde sont victimes de violence basée sur le genre. Le Fonds des nations unies pour la population dit de la violence contre les femmes qu'elle est “sans doute la violation des droits humains la plus répandue et tolérée de tous.” La violence contre les femmes et les filles continue sans relâche comme le démontre l'affaire Dominique Strauss-Kahn, car on blâme les victimes et on les réduit au silence tandis que les agresseurs se voient souvent accorder l'immunité.

Nous exhortons la presse à arrêter ses attaques irresponsables contre les victimes d'agression sexuelle. Elles peuvent entraîner des problèmes psychologiques et peuvent être fatales à terme. Dans certaines sociétés traditionnelles, les femmes accusées d’être « prostituées » – qu’elles le soient ou non – peuvent être assassinées pour laver « l'honneur » familiale, ou être agressées. Il faut donc mettre fin à ces attaques.

Nous demandons au procureur de Manhattan ainsi qu'à tous les procureurs et aux cours de justice du monde entier d'assurer qu’Hawa, Tristane et toutes les femmes et filles ayant le courage de désigner leurs agresseurs et de porter plainte contre eux soient traitées avec sensibilité et respect. Les procureurs doivent comprendre qu’entre les pré-requis d’une affaire et la tolérance de nos systèmes de justice pénale et de la société quant à la violence contre les femmes, il est difficile de poursuivre ces dossiers, de les plaider et de gagner les procès. Les procureurs doivent anticiper les problèmes de crédibilité et les attaques à la réputation des victimes les plus vulnérables et les plus marginalisées, et doivent être prêts à les comprendre, à les défendre et à les protéger. Ce sont des dossiers difficiles à gérer, mais il est essentiel que les procureurs les poursuivent si l'on veut mettre fin à la culture d'impunité qui perpétue la violence contre les femmes.

Au nom d’Hawa, Tristane, et des millions de femmes comme elles à travers le monde qui sont victimes d'agressions sexuelles et d'autres formes de violences liées au genre, nous demandons justice.

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Gloria Steinem

Kim Nichols
African Services Committee

Gail Pendleton
ASISTA Immigration Assistance

AZEMA (France)

Rosalyn Baxandall
Bard Prison Initiative
Bayview Womenís Prison

Louky Bersianik (Canada)

Stephanie Brandt MD
New York Hospital
Weill Cornell Dept. of Psychiatry

Johanne Carbonnea u(Woburn Quebec)

Sadeqa Siddiqui
Centre Communautaire des Femmes Sud-Asiatique

Kyra Lilien
Centro Legal de la Raza

Marie-Agnes Chergui

GisËle Halimi
Catherine Albertini
Choisir-la-cause-des-femmes

Norma Ramos
Coalition Against Trafficking in Women

Coalition Against Trafficking in Women (Australia)

Dr. Susan Hawthorne
Coalition of Activist Lesbians (Australia)

Janet Currie (Vancouver, BC)

Marie Claude Dorce (Haiti)

Taina Bien-Aime
Equality Now

Christel Baumes-Malfant
Femmes solidaires

FINRRAGE (Australia)

Lisa Fischel-Wolovick, Esq.

Colleen Fuller (Vancouver, BC)

Hermanas Mirabal Family Center & Family Center Inc.

Jacob D. Massaquoi, II
Holistic Peace Movement

Emily May
Hollaback!

Catherine J. Douglass
inMotion, Inc.

KARAMAH:
Muslim Women's Lawyers for Equal Rights

Dr. Renate Klein

Abby Lippman, PhD
Professor & Women's health activist

Christiane Louis-Guerin, PhD

Catharine A. MacKinnon

Milagros Day Worldwide

Zenaida Mendez
The National Dominican Womenís Caucus

Marcia Pappas
National Organization for Women ñ NYS

Yisroel Schulman
New York Legal Assistance Group

Elena Pinakatt

Melissa Farley
Prostitution Research and Education

Margaret Feightner (Virgina)

Malika Saada Saar
The Rebecca Project for Human Rights

Tiphaine Renard (Rennes, France)

Faith Huckel
Restore NYC

Kathleen Ruff
Right On Canada

Mary Louise Roberts (Madison, WI)

Jill Robimson (Bradenton, FL)

Abigail Saguy, PhD

Dorchen Leidholdt
Sanctuary for Families

Elaine Audet
Micheline Carrier
sisyphe.org

Genevieve Rail, PhD
Universite Concordia (Canada)

Professeur Richard Poulin
Universite d'Ottawa

Elizabeth Quinlan, PhD
University of Saskatchewan

Cecilia Gastun
Violence Intervention Program, Inc.

Women in Islam, Inc.

Norma Christie
Women for Justice (Canada)

Andrea Quinlan
York University

Juillet 6, 2011 - 17:00