Au Libéria, un jury rend un verdict de culpabilité dans l’affaire Ruth Berry Peal

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11 juillet 2011
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Monrovia, Libéria - Le cas de Ruth Berry Peal, qui a été enlevée et forcée de subir des mutilations génitales par deux femmes de la communauté Gola, s’est conclu le 8 juillet 2011 après un mois d'audiences par un verdict de culpabilité de la part du jury pour enlèvement, séquestration et vol. La condamnation des deux femmes aura lieu cette semaine. Le juge a conclu en faisant référence à la Constitution libérienne et à l'article 4(1) du Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole relatif aux droits des femmes en Afrique) qui stipule que «Toute femme a droit au respect de sa vie, de son intégrité physique et à la sécurité de sa personne. Toutes formes d’exploitation, de punition et de traitement inhumain ou dégradant doivent être interdites.»

 Egalité Maintenant et ses partenaires libériens, le Réseau pour la paix des femmes du Libéria (Women of Liberia Peace Network - WOLPNET) et le Secrétariat des ONG des femmes du Libéria (Women NGOs Secretariat of Liberia - WONGOSOL), saluent la décision du jury et attendent impatiemment la condamnation des coupables. Egalité Maintenant a lancé une campagne internationale appelant à la justice pour Ruth et exhortant le Libéria à criminaliser les mutilations génitales féminines (MGF), une obligation pour le pays en vertu de l'article 5 du Protocole relatif aux droits des femmes en Afrique qui a été ratifié par le Libéria en décembre 2007.

En réponse au plaidoyer de groupes libériens et d’Egalité Maintenant, le cas de Ruth a été déplacé de Bomi à Monrovia, loin de l'influence de la communauté Gola, un peuple qui maintient la pratique traditionnelle néfaste que sont MGF. Una Kumba Thompson, directrice générale de WOLPNET dit que «les femmes se tournent vers la magistrature pour obtenir justice et le Libéria se doit, conformément à l'article 8 (a) du Protocole relatif aux droits des femmes en Afrique, de garantir un accès effectif aux services judiciaires et juridiques. Nous sommes donc très heureux du soutien que le gouvernement a fourni à Ruth Peal dans le cadre de son droit à obtenir justice. »

Le taux de prévalence des MGF au Liberia est estimé à 58 pour cent des femmes et des filles, un chiffre sidérant. La plupart subissent cette pratique dans le cadre de leur initiation à la société Sande. Faiza Mohamed, directrice du bureau kenyan d’Egalité Maintenant, a déclaré: «La rapidité avec laquelle le gouvernement a agi afin d’obtenir justice pour Ruth est exemplaire. Toutefois, le gouvernement doit faire preuve de leadership pour éliminer les MGF, y compris en adoptant des lois pour protéger les filles et les femmes de ces violation des droits humains.»

Egalité Maintenant et ses partenaires continuent d'exhorter le gouvernement libérien à prendre rapidement des mesures pour protéger les filles et les femmes contre les mutilations génitales féminines et, à cette fin, appellent le gouvernement à cesser de délivrer des permis aux praticiens de MGF, à engager le processus vers la promulgation d'une loi criminalisant les MGF, et à s’investir dans la sensibilisation publique contre la pratique.

Egalité Maintenant est une organisation internationale de défense des droits humains qui œuvre à protéger et à promouvoir les droits des femmes et des filles dans le monde. Le réseau Action Femmes d’Egalité Maintenant comprend 35 000 groupes et membres individuels dans plus de 160 pays.


Juillet 11, 2011 - 15:00