A la suite de la révolution égyptienne, les droits des femmes ne sont pas pris en compte

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23 Juillet 2011
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Les femmes égyptiennes, qui composent la moitié de la population du pays, ont joué un rôle de premier plan dans la révolution de 2011. Cependant, alors que plus de la moitié des ministres ont été remplacés au sein du gouvernement annoncé hier, il n’y a aucune femme parmi les nouveaux nommés. La représentation féminine dans le nouveau gouvernement égyptien est donc limitée à une seule femme. Cela fait suite à l’inquiétante nouvelle de cette semaine que le gouvernement de transition a rejeté la continuation d’un quota de sièges réservés aux femmes au Parlement, ce qui peut s'avérer gravement désavantageux pour les femmes lors des élections législatives qui se tiendront plus tard cette année. Une représentation significative des femmes au sein du gouvernement est nécessaire pour la protection et la promotion des droits des femmes et le développement d'une société démocratique. «Les femmes sont maintenant en état de choc et inquiètes de ce que l’avenir leur réserve dans la période post-révolutionnaire», explique Azza Sulieman, directrice du Centre d'assistance juridique pour les femmes égyptiennes (Center for Egyptian Women’s Legal Assistance - CEWLA). « Il semble probable que nous puissions même perdre les droits que nous avions avant la révolution.»

Le 25 janvier 2011, les citoyens égyptiens ont entrepris une audacieuse révolution couronnée de succès contre le régime autoritaire du président Hosni Moubarak. Les femmes égyptiennes ont constitué une force motrice de la révolution, mettant en place des barricades, menant les débats, et risquant leur vie. Pourtant, dans l’Egypte post-Moubarak, les femmes ont été exclues du gouvernement, notamment du comité de rédaction de la Constitution, et effectivement empêchées de participer à la vie politique du pays.

En juin 2011, l'Alliance des femmes arabes a tenu une réunion avec plus de 3 000 égyptiennes et a annoncé la Charte des femmes égyptiennes. La Charte, signée par 500 000 groupes et individus, exprime une liste de demandes détaillée pour veiller à ce que les droits des femmes et leurs préoccupations soient incorporés dans toutes les structures et institutions post-révolution. Début juillet, Egalité Maintenant et ses partenaires ont soutenu ces demandes et lancé une campagne exhortant les autorités à veiller à ce que : 30% des listes électorales soient constituées de femmes, les femmes soient représentées au sein du comité constitutionnel, 40% des postes ministériels soient occupés par des femmes, toute législation discriminatoire soit revue et corrigée, et que les femmes aient un accès égal à l'emploi et aux mêmes opportunités commerciales que les hommes. Malgré un soutien public massif à la Charte, le gouvernement de transition n'a rien fait pour répondre à ces demandes.

"L'histoire a montré que même lorsque les femmes sont totalement impliquées dans les révolutions, elles et leurs besoins spécifiques sont relégués à l’arrière-plan dans le nouveau régime par déférence pour le concept de reconstruction de la nation », explique Faiza Mohamed, directrice du bureau kenyan d’Egalité Maintenant. « L'Egypte peut et doit ouvrir une nouvelle voie, en intégrant les femmes de manière égale depuis le début pour lancer un fort signal que celles-ci constituent des membres de la nation estimées et à part entière. » Egalité Maintenant a appelé le gouvernement de transition à écouter les voix des égyptiennes et de ceux qui soutiennent la Charte afin de garantir la juste représentation des femmes dans la gouvernance du pays.

Egalité Maintenant est une organisation internationale de défense des droits humains qui œuvre à protéger et à promouvoir les droits des femmes et des filles dans le monde. Le réseau Action Femmes d’Egalité Maintenant comprend 35 000 groupes et membres individuels dans plus de 160 pays. Pour de plus amples d'informations, veuillez visiter www.equalitynow.org.

Juillet 23, 2011 - 10:45