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Les mutilations génitales féminines (MGF) sont une pratique traditionnelle préjudiciable qui implique l’ablation de tout ou partie des organes génitaux féminins. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé les MGF en 4 catégories :
Les MGF, qui sont en général réalisées sans anesthésie, peuvent avoir des conséquences pour la santé de la victime durant toute la vie de celle-ci, et être cause, par exemple, d’infections chroniques, de douleurs aiguës pendant la miction, la menstruation et les rapports sexuels. Il peut en résulter des complications lors de l’accouchement et le risque de décès du nouveau né en est accru. Les femmes peuvent également souffrir d’un traumatisme psychologique en conséquence de MGF. En dépit de décès occasionnels en conséquence directe ou indirecte MGF, signalés par des militants anti-MGF, il n’existe pas de données statistiques indiquant combien de filles décèdent des suites de ces pratiques.
Les MGF sont considérées au niveau international comme une violation des droits humains et une forme de discrimination extrême à l'encontre des femmes et des filles.
Les MGF diffèrent de la circoncision masculine en raison des différences entre les idéologies sous-jacentes à ces deux pratiques. Les MGF sont une tradition culturelle patriarcale dont le but est de soumettre les femmes et de contrôler leur corps. La pratique est destinée à intensifier l'oppression dont sont victimes les femmes, renforçant ainsi la perpétuation de leur marginalisation et leur statut inférieur dans la société. De son côté, la circoncision masculine ne s’ancre pas dans une idéologie ouvertement discriminatoire. En outre, les conséquences préjudiciables pour la santé des MGF ne peuvent être comparées à celles de l'excision masculine. Alors que la circoncision masculine consiste en l’ablation du prépuce et n’affecte pas les organes sexuels masculins eux-mêmes, les MGF endommagent les organes sexuels, empêchent le plaisir et causent des douleurs et complications graves pour l’hygiène sexuelle et reproductive des femmes.
Par comparaison avec certains pays européens, aux États-Unis, la pratique des MGF au sein de certaines communautés, leur fréquence et leurs effets, sont enveloppés d'une chape de silence. En 1996, par un jugement de principe, Fauziya Kassindja, qui avait fui le Togo pour échapper à des MGF et se soustraire à la perspective d'un mariage forcé, s’est vue accorder l’asile aux États-Unis. Cette décision qui a fait jurisprudence reconnaissait les MGF comme une forme de persécution fondée sur le genre, sur la base de laquelle les femmes pouvaient demander l'asile aux États-Unis. Peu après l’affaire Fauziya, la loi fédérale américaine bannissant les MGF a été adoptée.
Les statistiques concernant les MGF aux États-Unis sont, pour l’essentiel, des spéculations fondées sur la présence de populations immigrantes appartenant à des communautés pratiquant les mutilations génitales féminines. Même si seulement deux cas ont été signalés en Géorgie (en 2003 et 2010), des militants anti-MGF américains ont eu connaissance, auprès de membres de certaines communautés, de situations dans lesquelles des américaines de populations pratiquant ces mutilations avaient été victimes de MGF à l'occasion de vacances dans le pays d'origine de leurs parents. Selon ces mêmes sources, des exciseuses entreraient aux États-Unis pour y « couper » des filles et, dans certains hôpitaux américains, il arriverait que des médecins réalisent des MGF. Mais le silence qui entoure ces questions rend très difficile pour les filles et les femmes qui s'opposent à ces pratiques au sein de leur communauté de prendre la parole et de s'élever ouvertement contre les MGF.
De manière générale, aux États-Unis, les établissements d’enseignement et de santé sont mal informés au sujet des MGF et de la prise en charge de ces situations. Même si l'adoption et la mise en œuvre de lois prohibant les MGF et leur application sont essentielles, il est primordial que des groupes locaux et communautaires travaillant main dans la main avec les populations immigrantes africaines s'attaquent au problème des MGF au sein de ces communautés. Il est également souhaitable que soit mis en place des programmes de sensibilisation, éducatifs et d’information prenant en compte la dimension culturelle afin de protéger des MGF les filles vivant aux États-Unis. Il est généralement admis que, pour qu'elles soient efficaces, les approches de la lutte contre les MGF doivent être globales, et doivent comprendre un volet formation et des composantes de sensibilisation, ainsi que des mesures de protection juridique des personnes et de responsabilité.
Chaque été, ou à l’occasion de vacances scolaires, des filles appartenant à des communautés immigrantes pratiquant les MGF installées aux États-Unis sont confrontées à la menace, très réelle et immédiate, de MGF, alors qu'elles séjournent dans le pays d'origine de leurs parents. Bien que, depuis 1996, une loi fédérale américaine interdise les MGF aux États-Unis, elle ne réprime par le transport de filles à l'étranger pour y subir des MGF. À ce jour, les États de Floride de Géorgie et du Nevada sont dotés de « dispositions vacances » de ce type, dans le cadre de leur droit interne. Le 26 avril 2010, les députés à la Chambre des représentants Joseph Crowley (démocrate, New York) et Mary Bono Mack (républicaine, Californie) ont soumis une proposition de loi intitulée loi de protection des filles (The Girls’ Protection Act, H.R. 5137), en vue de l’adoption d’une législation bipartisane, parrainée conjointement par plus de 138 membres du Congrès, qui permettrait de combler cette lacune. Des lois de cette nature existent déjà dans plusieurs pays d’Europe qui accueillent d’importantes populations immigrantes de communautés pratiquant les MGF, et elles se sont avérées dissuasives. La proposition de loi américaine pour la protection des filles n'a toutefois pas été adoptée en 2010.
| État | Adoption et entrée en vigueur | S’applique uniquement aux mineurs (sauf indication contraire, moins de 18 ans) | Poursuites contre les parents/tuteurs/exciseurs | Exception en cas de besoin médical | Exclusion des raisons culturelles/rituelles et du consentement en tant que moyen de défense | Dispositions en matière d'éducation et de sensibilisation des populations |
| Californie | Adoptée en 1996 ; entrée en vigueur le 1er janvier 1997 | x | x | x | x | |
| Colorado2 | Entrée en vigueur le 24/05/1999 | under 16 | x | x | x | x |
| Delaware | Entrée en vigueur le 03/07/1996 | x | x | x | x | |
| Illinois | Entrée en vigueur le 01/01/1998 | x | x | x | ||
| Maryland | Entrée en vigueur le 28/04/1998 | x | x | x | x | |
| Minnesota | Adoptée en 1994 ; entrée en vigueur le 01/08/1997 | x | x | x | ||
| Missouri | Adoptée le 13/07/2000 | under 17 | x | x | x | |
| Nevada | Entrée en vigueur le 26/06/1997 | x | x* | x | x | |
| New York | Adoptée le 29/09/1997 ; entrée en vigueur 45 jours plus tard | x | x | x | x | x |
| Dakota du nord | Entrée en vigueur le 01/08/1995 | x | x | x | ||
| Oregon | Entrée en vigueur le 15/07/1999 | x | x | x | x | x |
| Rhode Island3 | Entrée en vigueur le 03/07/1996 | |||||
| Tennessee | Entrée en vigueur le 01/07/1996 | x | x | |||
| Texas | Entrée en vigueur le 30/08/1999 | x | x | |||
| Virginie occidentale | Adoptée le 23/02/1999 ; entrée en vigueur 90 jours plus tard | x | x | x | x | |
| Wisconsin | Entrée en vigueur le 28/05/1996 | x | x | x |
Californie: Peine augmentée pour les MGF en vertu de “l’abandon et la négligence des enfants” du code pénal.
Colorado: dans le cadre de la loi des mauvais traitements infligés à L’Enfant, et le seul Etat où le secret professionnel docteur patient, ou mari femme n’est pas applicable dans le cadre de poursuites judiciaires des MGF.
Rhode Island: dans le cadre du statut d’assaut.
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