Lettre modèle : Illusion Software : Japon : les jeux de simulation de viol et la banalisation de la violence sexuelle

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Monsieur le Directeur,

Je vous écris pour vous faire part de ma profonde préoccupation au sujet de l’édition et de la vente par Illusion Software de jeux informatiques tels que RapeLay, dont le but est de perpétrer des viols et des violences sexuelles « virtuelles » sur des femmes. Le viol est un acte criminel qui est cause de souffrances et de grande détresse chez les victimes. En banalisant ainsi le viol, Illusion Software pourrait laisser croire qu’elle encourage et même qu’elle tolère de tels actes de violence à l’égard des femmes.

Il est largement admis, y compris par les autorités japonaises, que la représentation donnée des femmes dans les médias en tant qu’objets sexuels et/ou de violence a un « impact important » sur les stéréotypes sexuels négatifs. Le Comité des Nations Unies chargé de surveiller le respect par les Etats de la Convention de l’ONU sur les femmes a récemment souligné, lors de son examen du Japon, que « la représentation sursexualisée des femmes [dans les médias] renforce les stéréotypes existants faisant des femmes des objets sexuels et continue de générer chez les filles une faible estime de soi ». Il appelle le Gouvernement japonais à interdire tous les jeux tels que ceux décrits ici, édités par Illusion Software, qui contribuent à banaliser l’image de la femme-objet et renforcent les comportements socioculturels néfastes à l’égard les femmes et les filles.

L’éthique professionnelle commande aux entreprises de tenir compte des éventuels effets négatifs que leurs activités peuvent avoir sur la société et l’intérêt public. Je demande donc à Illusion Software de cesser immédiatement l’édition et la vente de tous les jeux qui banalisent et encouragent les violences faites aux femmes et aux filles.

Vous remerciant de votre attention, je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, à l’assurance de ma considération distinguée.