Déclaration d’activistes africains à l’atelier d’Egalité Maintenant

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Nairobi, Kenya, du 27 au 31 janvier 2014

Des activistes anti-MGF lors de l’atelier « Engager la responsabilité des garants de droits » d’Egalité Maintenant, janvier 2014

Nous, Participants de 171 pays africains ayant pris part à l’atelier sur le thème « Tenir les garants de droits responsables: renforcer la capacité des organisations locales pour mettre fin aux mutilations génitales féminines accueilli par Egalité Maintenant du 27 au 31 janvier 2014 à Nairobi, Kenya,

Ayant délibéré et engagé des réflexions sur la situation des mutilations génitales féminines (MGF) sur le continent, avons conclu que le continent a réalisé une égalité formelle en termes de ratification des conventions qui protègent les femmes et les filles contre les mutilations génitales féminines.

Notons avec appréciation que 22 pays africains disposent de législation contre les MGF et exhortons les pays qui restent (le Cameroun, la Gambie, le Liberia, le Mali, le Nigeria et la Sierra-Leone) à appuyer cette tendance positive et à légiférer contre les MGF en vue d’atteindre le niveau de tolérance zéro sur les MGF sur le continent.

Nous réitérons que les MGF constituent une violation des droits humains – une  forme extrême de violence à l’égard des femmes et des filles – et qu’elles doivent être éliminées comme question d’urgence.

Nous condamnons de tels atrocités et abus contre les droits de la femme en matière de santé sexuelle et reproductive,

Considérant les divers conventions, protocoles, politiques et résolutions existants surtout l’engagement pris par la Résolution UNGA 67/146 de l’Assemblée générale des Nations unies sur l’intensification des efforts déployés au plan mondial en vue de l’élimination des MGF pour protéger les femmes et les filles contre la violence et la discrimination,  

Notant que, malgré l’existence de ces accords, la violence continue d’être perpétrée à l’égard des femmes et des filles,

Reconnaissant que les MGF et le mariage d’enfants sont constituent un abus et une violence à l’égard des femmes et des filles en Afrique.

Remarquant que la tendance actuelle selon laquelle les communautés s’impliquent dans l’excision des filles en bas âge, exploitant ainsi leur vulnérabilité en tant que mineures ; 

Reconnaissant également que comme résultat des MGF et du mariage d’enfants les femmes et les filles sont confrontées aux effets de ces pratiques qui aboutissent à la destruction du tissue social de l’existence humaine, ce qui  impacte négativement les femmes et les filles et mine la dignité et l’intégrité corporelle de la femme, la marginalisation, la stigmatisation, et la discrimination de la femme qui souffre de ces effets,

Notant que les impacts de ces violations aboutissent par des abus physiques, mentaux, sociaux et économiques des femmes et des filles et les rendent impuissantes et vulnérables face aux abus.

Inquiets ades effets pervers des MGF et du mariage d’enfants et des abus  et violations systématiques perpétrés par l’Etat, les hommes et les institutions,

Réaffirmant que le mouvement visant à mettre fin à la pratique des MGF en Afrique devrait être dirigé par les Africains,

Nous, Participants à l’Atelier portant sur le thème « Tenir les garants de droits responsables : renforcer la capacité des organisations locales pour mettre fin aux mutilations génitales féminines », à l’occasion de la Tolérance zéro sur les MGF le 6 février 2014, appelons les garants de droits à agir d’urgence et à prendre les mesures suivantes:

A nos Gouvernements/Etats

La promulgation de lois contre les MGF par les six pays africains qui restent (le Cameroun, la Gambie, le Liberia, le Mali, le Nigeria et le Sierra Leone) qui ne l’ont pas encore fait,

La ratification et le respect par tous les gouvernements africains de tous les Protocoles sur les droits humains qu’ils ont signés et la ratification de ou l’accession aux protocoles et conventions additionnels qui protègent les femmes et les filles contre les MGF et le mariage d’enfants,

La mise en œuvre effective et l’harmonisation de ces conventions avec nos législations et politiques nationales,

La reconnaissance de la dignité de la femme et de la fillette en tant que personnes et citoyennes qui méritent d’être traitées sur une base égalitaire dans leur diversité sur le continent,

La criminalisation des MGF et la poursuite judiciaire des auteurs,

La protection des victimes de MGF et de mariage précoce et la mise en place de mécanismes adéquats visant à promouvoir leur existence et leur développement effectifs au sein de la société.

Aux Femmes

L’appui et la collaboration dans le plaidoyer et la mobilisation sociale visant à mettre fin aux MGF et au mariage d’enfants dans nos pays,

L’autonomisation des femmes pour défendre leurs droits.

Aux Autres Acteurs

La reconnaissance des efforts déployés par les organisations africaines, les membres du Comité interafricain et de nombreux autres groupes engagés à mettre fin aux MGF et au mariage d’enfants,

La reconnaissance et le respect vis-à-vis des organisations communautaires de défense des droits de la femme qui travaillent sur les MGF et leur donner le financement afin d’accélérer le  plaidoyer pour l’abandon des MGF dans leurs  pays respectifs.

Le financement par la Communauté internationale pour s’engager dans le plaidoyer au niveau communautaire et leurs institutions ;

Nous exhortons les organisations des droits de la femme, les organisations de la société civile à s’impliquer dans un plaidoyer et un lobbying efficaces pour faire avancer la protection de la femme et de l’enfant en vue de restaurer la dignité de la femme et de la petite fille.

Nous appelons les diverses institutions à soutenir la tolérance zéro sur la violence faite aux femmes et à se joindre au mouvement pour faire entendre davantage leur voix, augmenter les ressources et condamner la pratique sur tout le continent africain.

Nous exhortons également tous les gouvernements africains et tous les garants de droits – particulièrement les gouvernements – prendre leur responsabilité afin de s’assurer que les lois existantes et toutes les nouvelles lois sont intégralement mises en œuvre.

Déclaration à laquelle ont souscrit tous les Participants du continent africain

Fait ce 31ème Jour de janvier 2014 à Nairobi, Kenya


1. Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Djibouti, Egypte, Ethiopie, Erythrée, Gambie, Ghana, Guinée, Kenya, Liberia, Mali, Niger, Sierra- Leone, Somalie/Somaliland, Tanzanie et Niger.