MGF

Egypte: appliquer la législation anti-MGF & et enquêter sur le décès de Soheir al-Batea

MISE A JOUR: 
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Date: 
2013 Déc 10
MISE A JOUR: 

AGISSEZ !

MISE A JOUR - 29 SEPTEMBRE 2014 : en raison de manœuvres dilatoires de dernières minutes de la part de la défense, le verdict n'a pas été rendu lors de l’audience du 25 septembre. A la place, une décision sur la manière de faire avancer le dossier sera prise le 23 octobre. Veuillez revenir après cette date pour plus de mises à jour.


MISE A JOUR - 11 SEPTEMBRE 2014 : le procès pour que Soheir obtienne posthumément justice a repris aujourd’hui, et seul un des trois témoins appelés à la barre, l'inspecteur du ministère de la Santé, s’est présenté. Il a livré un solide témoignage et confirmé que Soheir avait été soumise à des MGF. Puisque les autres témoins, l'oncle de Soheir et le médecin légiste, n’ont pas comparu à la demande, le juge a rejeté leur témoignage. Le verdict sera très probablement rendu le 25 septembre.


MISE A JOUR - 30 JUILLET 2014: les avocats de CEWLA et du Conseil national de la population, ainsi que Souad Abu-Dayyeh d'Egalité Maintenant, ont assisté à la séance du 10 juillet au cours de laquelle le juge a sollicité des témoignages supplémentaires du médecin légiste, de l'inspecteur du ministère de la Santé et de l'oncle de Soheir. Le procès reprendra le 11 septembre prochain.


MISE A JOUR - 20 JUIN 2014 : lors de l’audience du 19 juin, le procureur général a confirmé au cours d’une ferme déclaration que le père de Soheir et le Dr Fadl avaient illégalement soumis Soheir aux MGF. Le procès a été ajourné jusqu'au 10 juillet, date à laquelle une décision devrait être rendue. Veuillez consulter cette page en juillet pour les dernières nouvelles.


MISE A JOUR - 13 MARS 2014 – Justice : les responsables du décès de Soheir seront jugés !

Suite à l'enquête menée par le procureur général, le Dr Fadl et le père de Soheir feront l’objet de poursuites pénales pour lui avoir fait subir des mutilations génitales féminines (MGF) qui ont entraîné sa mort. Il s’agit de la première action en justice pour pratique de MGF en Egypte depuis qu'elles ont été criminalisées en 2008, et cela n'aurait pas été possible sans votre aide ! Le procureur général a déclaré que son service avait décidé de renvoyer l'affaire devant le tribunal correctionnel en conséquence de l’intérêt des organisations gouvernementales et internationales, et de l’attention suscitée. Egalité Maintenant et nos partenaires en Egypte se félicitent de cette avancée et continueront à surveiller les procédures judiciaires pour faire en sorte que les responsables de la mutilation et de la mort de Soheir soient tenus pour responsables.

Merci de votre soutien à nos initiatives pour éradiquer les MGF!


Mise à jour - 5 février: Bonne nouvelle ! Nos efforts conjugués pour que Soheir, morte en 2013 à l’âge de 13 ans après avoir subi des MGF, obtienne posthumément justice portent leurs fruits. Le 5 février 2014, Egalité Maintenant a été informé par le ministère égyptien de la Santé et de la Population qu’un comité avait examiné les circonstances du décès de Soheir et décidé que la clinique du Dr Fadl devrait être fermée dans l'attente d’une enquête du ministère public. L’Ordre égyptien des médecins ouvrira également une enquête déontologique sur les agissements du Dr Fadl.

Egalité Maintenant continuera à travailler au niveau local avec nos partenaires égyptiens et à suivre l’affaire pour veiller à ce que les enquêtes soient correctement effectuées et à ce que les responsables du décès de Soheir soient poursuivis dans toute la mesure de la loi. Tandis que la médicalisation des MGF est à la hausse en Egypte, veuillez continuer à maintenir la pression sur les autorités pour que la législation anti-MGF soit appliquée de manière efficace et pour que toutes les infractions fassent l’objet de poursuites.

Nous vous remercions de votre soutien et de votre plaidoyer continu. Nous continuerons à vous informer des développements de l’affaire Soheir.


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Comment agir: 

AGISSEZ !

Veuillez rejoindre Egalité Maintenant et nos partenaires en  Egypte, le Centre d'assistance juridique pour les égyptiennes (CEWLA - Center for Egyptian Women’s Legal Assistance) et la Coalition égyptienne pour les droits de l'enfant (ECCR - Egyptian Coalition for Children’s Rights) en demandant aux autorités de respecter leurs obligations nationales et internationales en:

  • Faisant appliquer efficacement la législation anti-MGF pour que toute violation fasse l’objet d’une enquête approfondie et de sévères poursuites et, en ce qui concerne le cas de Soheir, en  faisant en sorte que des professionnels de la santé réexaminent le rapport médico-légal
  • Veillant à ce que le Dr Fadl fasse l’objet d’une enquête approfondie et soit tenu pour responsable de tous les crimes pour lesquels il sera jugé coupable
  • Soutenant et renforçant l'éducation communautaire afin de changer les perceptions culturelles et les croyances sur les MGF, et de reconnaître que celles-ci constituent une violation des droits humains ayant des conséquences néfastes
  • Veillant à ce que les fournisseurs de soins de santé reçoivent une éducation et une formation pointues sur les répercussions des MGF en matière de santé et de droits humains, et à ce qu’ils s'abstiennent d'effectuer la pratique sous quelque forme que ce soit

Les courriers doivent être adressés à:

Président par intérim Adly Mansour
El Etahadiya  Presidential Palace
Merghiny St., Heliopolis, Le Caire, EGYPTE
Fax & Tél.: +202 239 019 980

Premier ministre Ibrahim Mehleb
Magless El Shaàb Street, Al Kasr El Einy, Le Caire, EGYPTE
Tél.: +202 2793 5000
Fax: +202 2795 8048
Email: pm@cabinet.gov.eg

Ministre de la Justice Judge Hisham Abed El Hamid
Lazoghly Square, Le Caire, EGYPTE
Tél.: +202 279 22263
Fax: +202 279 58103
Email: mjustice@moj.gov.eg

Ministre de la Santé & de la Population Dr. Maha El-Rebat
3 Magless El Shaàb Street, Al Kasr El Einy, Le Caire, EGYPTE
Tél.: +202 2795 1821
Fax: + 202 2795 3966
Email: webmaster@mohp.gov.eg

Procureur général Mr. Hisham Barakat
Attorney General's Office
High Court, 26th of July Street Ambulance Square, Le Caire, EGYPTE
Tél.: +202 2574 3751-2576 0468
Fax: +202 2577 4716

Lettres: 

Monsieur le Président / le Premier ministre / le ministre / le Procureur général,

Je me félicite qu’Egalité Maintenant a été informé le 5 février que le ministère égyptien de la Santé et de la Population avait examiné les circonstances de la mort de Soheir al-Batea, décédée à 13 ans après avoir subi des mutilations génitales féminines (MGF) qui auraient été effectuées à la demande de son père dans une clinique du gouvernorat de Dakhleya, au nord-est du Caire, par le Dr Raslan Fadl. Par conséquent, je crois comprendre que la clinique du Dr Fadl sera fermée en attendant les résultats de l'enquête du procureur général, et que l’Ordre égyptien des médecins ouvrira également une enquête déontologique sur le Dr Fadl. Ceci constitue une étape importante.

L'enquête du procureur général est primordiale, non seulement pour que Soheir obtienne justice mais aussi pour envoyer le message que les MGF ne seront pas tolérées en Egypte. Je suis cependant préoccupé(e) par le fait que, à ce jour, les procédures sont interminables, et ce d'autant plus que le rapport médico-légal, qui a longtemps été retardé, établit une réaction allergique à la pénicilline comme cause officielle du décès. Le rapport ne mentionne également pas les MGF, en dépit de la déclaration initiale du père de Soheir qui affirme qu’elle avait été amenée à la clinique pour être soumise à la pratique. Il est aussi apparu que le Dr Fadl a payé 50 000 livres égyptiennes à la famille de Soheir, et que les membres de celle-ci ne désiraient plus poursuivre l'affaire en justice. Le père de Soheir a changé sa déclaration pour que celle-ci recoupe la déclaration de du Dr Fadl selon laquelle Soheir avait développé une infection de verrues génitales, et que sa famille l'avait amenée à la clinique pour les traiter. Ainsi, je me félicite des nouvelles du ministère de la Santé selon lesquelles l'enquête se poursuit et vous exhorte à veiller à ce qu'elle soit recherchée, transparente, et qu’elle tienne compte de toutes les dépositions.

En vertu du code pénal égyptien, les MGF constituent une infraction depuis 2008. Malgré cette interdiction, la médicalisation de la pratique est en hausse et l’UNICEF estime que 72% des procédures sont effectuées par des médecins dans des cliniques privées. Sans un message fort de la part de gouvernement égyptien qui affirme que la loi sera appliquée et que ceux qui la violent seront rapidement sanctionnés, les MGF pourraient devenir plus acceptables et les droits des femmes être de plus en plus relégués à l’arrière-plan.

Je voudrais vous exhorter à faire en sorte que l'Egypte respecte ses obligations nationales et internationales en:

  • Faisant appliquer efficacement la législation anti-MGF pour que toute violation fasse l'objet d'une enquête approfondie et de sévères poursuites et, en ce qui concerne le cas de Soheir, en  faisant en sorte que des professionnels de la santé réexaminent le rapport médico-légal
  • Veillant à ce que le Dr Fadl fasse l’objet d’une enquête approfondie et soit tenu pour responsable de tous les crimes pour lesquels il sera jugé coupable
  • Soutenant et renforçant l'éducation communautaire afin de changer les perceptions culturelles et les croyances sur les MGF, et de reconnaître que celles-ci constituent une violation des droits humains ayant des conséquences néfastes
  • Veillant à ce que les fournisseurs de soins de santé reçoivent une éducation et une formation pointues sur les répercussions des MGF en matière de santé et de droits humains, et à ce qu'ils s'abstiennent d'effectuer la pratique sous quelque forme que ce soi

Je vous remercie de votre attention.

Cordialement,

Kenya: protéger les filles par l’application d’une législation sur les MGF et le mariage précoce

MISE A JOUR: 
Not an update
Date: 
2013 Oct 10

MISE A JOUR - 31 JUILLET 2014: au cours des sept derniers mois, Egalité Maintenant et nos partenaires ont été fortement encouragé par les initiatives plus soutenues qui visent à enquêter sur les MGF et à faire appliquer la loi anti-MGF de 2011, et par une plus grande couverture médiatique sur la question dans la presse kenyane.

Comment agir: 

AGISSEZ !

Veuillez rejoindre Egalité Maintenant et nos partenaires, WRIP et TNI, en demandant au gouvernement kenyan et aux autorités de la région de Pokot de prendre des mesures de toute urgence. Conformément aux obligations nationales, régionales et internationales du Kenya, appelez à:

  • Prendre immédiatement des mesures pour protéger, aider, et fournir un abri aux filles qui fuient les MGF et le mariage précoce, et faire en sorte que les filles qui courent le risque de subir des MGF n’y soient pas soumises, à tout moment et en particulier lors de la saison des fêtes en décembre.
  • Faire en sorte que les lois contre les MGF et le mariage précoce soient effectivement mises en œuvre, et accompagnées d’enquêtes approfondies et de sanctions pour les contrevenants.
  • Faire en sorte que toutes les autorités, au niveau national et local, travaillent ensemble pour mettre en place des mesures de protection au sein des communautés à risque afin de protéger les filles à la fois contre le mariage précoce et les MGF, et de veiller à ce qu'elles soient en mesure de poursuivre leurs études.
  • Mener des campagnes de sensibilisation et d'éducation afin de changer les perceptions culturelles et les croyances sur les MGF et le mariage précoce, et de reconnaître ces pratiques en tant que violations des droits humains ayant des conséquences néfastes.

Les courriers doivent être adressés à:

Uhuru Kenyatta
Président de la République du Kenya
P.O. Box 30040
Nairobi, Kenya
Email: contact@statehousekenya.go.ke or president@statehousekenya.go.ke

Mme Anne Waiguru        
Ministre de la Décentralisation et de la Planification
Ministry of Devolution and Planning
P. O. Box 30005 - 00100
Nairobi, Kenya
Fax: +254 20 2218475
Email: info@devolutionplanning.go.ke

Prof Githu Muigai,
Procureur général
Department of Justice, National Cohesion and
Constitutional Affairs
Harambee Avenue
P.O Box 40112-00100
Nairobi, Kenya
Fax: +254 20 315105
Email: info@justice.go.ke

Dr. Richard Belio Kipsang
Ministre de l’éducation, des sciences et de la technologie
Ministry of Education, Science &Technology
Jogoo House B
Harambee Avenue
P.O. Box 30040
Nairobi, Kenya
Fax: +254 20 214 287

Benjamin C Cheboi
Governeur de Baringo County
P.O Box 53-30400,
Kabarenet, Kenya
Email: governor@baringocounty.go.ke

Simon Kitalei Kachapin
Governeur de West-Pokot County
PO Box 1 - 30600,
Kapenguria, Kenya
Email: info@westpokot.go.ke

Avec une copie à: The Kenya Women Parliamentary Association, Email: info@kewopa.org

Lettres: 

Cher président – Chère / Cher ministre – Cher gouverneur,

Suite à des rapports de jeunes kenyanes fuyant les mutilations génitales féminines (MGF) et les mariages précoces, en particulier dans la région de Pokot pendant les vacances d'août et de décembre, je suis profondément préoccupé(e) par le fait que le gouvernement kenyan n’applique pas la législation contre les MGF et le mariage précoce.

Pour faire en sorte que ces violations ne soient pas ignorées, il est nécessaire que les autorités de Pokot travaillent au sein des communautés pour protéger et soutenir les filles et faire appliquer la législation.

Les MGF et le mariage précoce constituent une violation des droits humains et ont un tas de conséquences physiques et psychologiques sur les femmes et les filles. Le Kenya, en tant que membre du Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, se doit d’interdire à la fois les MGF et le mariage précoce et de «protéger les femmes qui courent le risque de subir les pratiques néfastes. » Le Kenya a également ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et la Convention relative aux droits de l'enfant (CIDE), et les deux comités associés à ces traités ont appelé à mettre fin aux MGF et au mariage précoce. La constitution kenyane, ainsi que des lois telles que le Prohibition of Female Genital Mutilation Act 2011 et le Children’s Act 2001, prohibent les MGF et le mariage précoce.

Je félicite le gouvernement kenyan d’avoir mis en place une législation sur les MGF et le mariage précoce et créé la Commission de lutte contre les MGF, il s’agit d’étapes importantes vers la protection des droits des filles et des femmes kenyanes. Cependant, malgré de fréquents rapports de cas de MGF, de mariages précoces, et de jeunes filles qui fuient pour échapper à ces pratiques, il n'y a à ce jour eu aucune enquête ou poursuites dans la région de Pokot, et le gouvernement n'a pris aucune mesure afin de protéger les filles qui s'enfuient pour éviter d'être soumises à des violences. Conformément aux obligations internationales, régionales et nationales du Kenya, j'exhorte le gouvernement kenyan et les autorités de la région de Pokot à:

  • Prendre immédiatement des mesures pour protéger, aider, et fournir un abri aux filles qui fuient les MGF et le mariage précoce, et faire en sorte que les filles qui courent le risque de subir des MGF n'y soient pas soumises, à tout moment et en particulier lors des vacances scolaires.
  • Faire en sorte que les lois contre les MGF et le mariage précoce soient effectivement mises en œuvre, et accompagnées d'enquêtes approfondies et de sanctions pour les contrevenants.
  • Faire en sorte que toutes les autorités, aux niveaux national et local, travaillent ensemble pour mettre en place des mesures de protection au sein des communautés à risque afin de protéger les filles à la fois contre le mariage précoce et les MGF, et de veiller à ce qu'elles soient en mesure de poursuivre leurs études.
  • Mener des campagnes de sensibilisation et d'éducation afin de changer les perceptions culturelles et les croyances sur les MGF et le mariage précoce, et de reconnaître ces pratiques en tant que violations des droits humains ayant des conséquences néfastes.

Je vous remercie de votre attention.

Cordialement,

Egypte: appliquer la législation anti-MGF & poursuivre les responsables de la mort de Soheir al-Batea

MISE A JOUR: 
Not an update
Date: 
2013 Juil 2

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Comment agir: 

AGISSEZ !

Veuillez rejoindre Egalité Maintenant et nos partenaires, CEWLA et ECCR, en demandant au gouvernement égyptien de respecter ses obligations nationales et internationales en:

  • Faisant appliquer efficacement la législation anti MGF de 2008 pour que toute violation fasse l’objet d’une enquête approfondie et de sévères poursuites, et en particulier en veillant à ce que le médecin qui a effectué la procédure et le père de Soheir soient tous deux poursuivis pour MGF / homicide involontaire et qu’ils encourent la peine maximale prévue par la loi
  • Soutenant et renforçant l'éducation communautaire afin de changer les perceptions culturelles et les croyances sur les MGF, et de reconnaître que celles-ci constituent une violation des droits humains ayant des conséquences néfastes
  • Veillant à ce que les fournisseurs de soins de santé reçoivent une éducation et une formation pointues sur les répercussions des MGF en matière la santé et de droits humains, et à ce qu’ils s'abstiennent d'effectuer la pratique sous quelque forme que ce soit

Les courriers doivent être adressés à:

Président par intérim Adly Mansour
El Etahadiya Presidential Palace
Merghiny St., Heliopolis
Le Caire, EGYPTE
Fax & Tél.: +202 239 019 980
Twitter: @EgyPresidency

Premier Ministre
Magless El Shaàb Street, Al Kasr El Einy
Le Caire, EGYPTE
Tél.: +202 2793 5000
Fax: +202 2795 8048
Email: pm@cabinet.gov.eg

Ministre de la Justice
Lazoghly Square
Le Caire, EGYPTE
Tél.: +202 279 22263
Fax: +202 279 58103
Email: mjustice@moj.gov.eg

Ministre de la Santé & de la Population
3 Magless El Shaàb Street, Al Kasr El Einy
Le Caire, EGYPTE
Tél.: +202 2795 1821
Fax: + 202 2795 3966
Email: webmaster@mohp.gov.eg

Lettres: 

Cher président / premier ministre / ministre,

Je vous écris pour exprimer ma profonde préoccupation au sujet du tragique décès de Soheir al-Batea, qui est morte à 13 ans après qu’un médecin a illégalement effectué des mutilations génitales féminines (MGF) à l'instigation de son père dans une clinique du gouvernorat de Daqahliya, au nord-est du Caire. Selon des témoignages, le Dr Raslan Fadl, qui a effectué la procédure, a été interrogé par un procureur et libéré sous caution en attendant les résultats de l'enquête. La mort de Soheir souligne de manière tragique que les MGF constituent une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles, et présentent de graves risques pour la santé, indépendamment du fait qu’elles soient ou non pratiquées au sein d’un établissement médical.

Les MGF peuvent avoir des conséquences pour la santé de la victime durant toute la vie de celle-ci et être la cause, par exemple, d’infections chroniques, de douleurs aiguës pendant la miction, la menstruation, les rapports sexuels ou l'accouchement, ainsi que de traumatismes psychologiques. En raison d’un manque de documentation appropriée, nul ne sait combien de filles décèdent des suites de MGF. Selon une enquête démographique et sanitaire menée en Egypte en 2008, 91% des femmes et les filles âgées de 15 à 49 ans ont subi des MGF.

Je crois comprendre que, depuis 2008, les MGF constituent un crime en vertu du Code pénal égyptien. Malgré cette interdiction, la médicalisation de la pratique est en hausse et l’on estime que 72% des procédures sont effectuées par des médecins dans des cliniques privées. Je suis profondément préoccupé(e) par les informations selon lesquelles le ministère de la Santé ferait pression sur la police pour que le crime soit qualifié de «négligence médicale» et non pas d’homicide involontaire à la suite de MGF. Sans clair signal de la part du gouvernement que la législation sera mise en œuvre et que les auteurs de MGF seront rapidement punis, la pratique pourrait devenir plus acceptable en Egypte, et les droits des femmes passeraient de plus en plus au second plan.

L'OMS, dont l'Egypte est membre, a toujours affirmé qu’ «en aucun cas, les MGF ne devraient être pratiquées par des professionnels de la santé ou dans des établissements de santé. » L'Assemblée mondiale de la Santé de l'OMS a adopté en 2008 une résolution exhortant tous les Etats membres à accélérer les progrès en vue de l’abandon des MGF, à promulguer et à appliquer des lois contre cette pratique, et à interdire la pratique des MGF par toute personne, y compris par les professionnels de la santé.

L'Egypte est signataire de plusieurs traités internationaux et régionaux relatifs aux droits humains qui rendent obligatoire la protection des femmes et des filles contre la pratique des MGF, et notamment de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), de la Convention relative aux droits de l'enfant (CDE), de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (CAT), du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), de la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, et de la Charte africaine des droits humains et des peuples. Le Comité CEDAW et le Comité des droits de l'enfant ont tous deux appelé l'Egypte à mettre fin à l'impunité des auteurs de MGF et, à la suite du décès de Soheir, l'UNICEF et le FNUAP ont publié une déclaration commune exhortant « toutes les autorités concernées à faire tout leur possible pour faire appliquer pleinement la loi. »

Je vous exhorte à faire en sorte que l'Egypte respecte ses obligations nationales et internationales en:

  • Faisant appliquer efficacement la législation anti MGF de 2008 pour que toute violation fasse l'objet d'une enquête approfondie et de sévères poursuites, et en particulier en veillant à ce que le médecin qui a effectué la procédure et le père de Soheir soient tous deux poursuivis pour MGF / homicide involontaire et qu'ils encourent la peine maximale prévue par la loi
  • Soutenant et renforçant l'éducation communautaire afin de changer les perceptions culturelles et les croyances sur les MGF, et de reconnaître que celles-ci constituent une violation des droits humains ayant des conséquences néfastes
  • Veillant à ce que les fournisseurs de soins de santé reçoivent une éducation et une formation pointues sur les répercussions des MGF en matière la santé et de droits humains, et à ce qu'ils s'abstiennent d'effectuer la pratique sous quelque forme que ce soit

Je vous remercie de votre attention.

Cordialement,

Le Dr Isatou Touray et Amie Bojang-Sissoho disculpées: attention renouvelée à la question des MGF en Gambie

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
13 novembre 2012
Contact: Brendan Wynne, administrateur média, Londres
+ 44 (0)20-7304 6902
bwynne@equalitynow.org

Indonésie: mettre fin à la légitimation des mutilations génitales féminines (MGF)

MISE A JOUR: 
Not an update
Date: 
2012 Sep 12
MISE A JOUR: 

>> AGISSEZ !


MISE A JOUR - 3 SEPTEMBRE 2014: cédant à la pression internationale et citant l’absence de bienfaits sur la santé, le ministère indonésien de la Santé a en février 2014 révoqué le règlement de 2010 qui autorisait les professionnels de la santé à effectuer des mutilations génitales féminines. Bien qu’il s’agisse d’une avancée, cette mesure ne va pas assez loin puisque le nouveau règlement n'interdit pas expressément toutes les formes de MGF. Au contraire, selon notre partenaire, Kalyanamitra, le règlement énonce de manière inquiétante que, si aucune coupe réelle des organes génitaux féminins ne devrait être effectuée par le personnel médical, toute pratique de MGF devrait être effectuée en tenant compte de la santé et de la sécurité des femmes ou des jeunes filles.

Sans une stricte loi interdisant les MGF en Indonésie, le gouvernement endosse tacitement une pratique néfaste qui viole les droits humains des indonésiennes à l'intégrité physique, à l'égalité et à l’absence de discrimination, et est contraire aux obligations nationales et internationales du pays. En réponse, Egalité Maintenant et Kalyanamitra ont présenté en mars-avril 2014 des observations au Comité des droits économiques, sociaux et culturels (CESCR) et au Comité sur les droits de l'enfant (CRC) afin d’attirer l'attention sur le fait que le gouvernement indonésien n’a pas interdit toutes les formes de MGF. Dans ses observations finales officielles publiées en juin 2014, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels a exhorté l'Indonésie à appliquer « l'interdiction des MGF » et à « mener des campagnes d’éducation culturellement adaptées contre les MGF. » En juin 2014, le CRC a noté avec vive préoccupation le nombre élevé de filles qui avaient été soumises à cette pratique et exhorté l'Indonésie à adopter une législation visant à interdire toutes les formes de MGF, à les criminaliser complètement et à mettre en place des programmes d’éducation et de sensibilisation.

Veuillez continuer à défendre les droits des indonésiennes en appelant le gouvernement à interdire totalement les MGF, à adopter de sévères sanctions pour les contrevenants, et à mener des campagnes de sensibilisation du public sur les méfaits et conséquences des MGF en tant que violation des droits humains. Egalité Maintenant et Kalyanamitra vont continuer à employer tous les moyens disponibles pour tenir l’Indonésie responsable de la protection des filles contre les MGF, et nous vous tiendrons au courant des progrès réalisés.


MISE A JOUR - 8 AOUT 2013: à la suite de la présentation conjointe d’Egalité Maintenant et de Kalyanamitra au Comité des droits de l'Homme (CDH), nous sommes heureux d'annoncer que le Comité a dans ses observations finales exprimé sa préoccupation au sujet de l’adoption par l'Indonésie d’un règlement qui légitime les MGF. Le CDH a appelé le gouvernement indonésien à abroger le règlement et « à adopter une législation criminalisant toutes les formes de MGF, et à veiller à ce que des sanctions adéquates et qui tiennent compte de la gravité du crime soient prévues. »  Le comité a également exhorté le gouvernement à  « s’efforcer de prévenir et d’éliminer les pratiques traditionnelles néfastes, notamment les MGF, en renforçant ses programmes d'éducation et de sensibilisation » (CCPR/C/IDN/CO/1, version préliminaire non corrigée). Nous espérons que le gouvernement indonésien suive les recommandations du Comité et qu’il prenne immédiatement des mesures pour protéger les femmes et les filles indonésiennes de cette pratique qui constitue une violation de leurs droits humains.


MISE A JOUR - 25 JUIN 2013: lors de la 108e session du Comité des droits de l'Homme, l’organisme chargé de surveiller l'application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), l’Indonésie sera soumise à un examen périodique en juillet 2013. Egalité Maintenant et notre partenaire indonésien, Kalyanamitra, avons soumis une présentation conjointe (en anglais) afin d’attirer l'attention du Comité sur l’actuelle légitimation des MGF de la part du gouvernement indonésien. Nous continuons à demander aux autorités d'abroger le règlement de 2010 du ministère de la Santé qui légitime la pratique des MGF, ainsi que d’adopter et de faire appliquer une solide législation interdisant les MGF et prévoyant de sévères sanctions pour les contrevenants.


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Comment agir: 

>> AGISSEZ ! Veuillez rejoindre Egalité Maintenant et notre partenaire, Kalyanamitra, en demandant au ministère de la Santé et au ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'enfance de respecter leurs obligations nationales et internationales en:

  • Abrogeant le règlement de 2010 du ministère de la Santé qui légitime la pratique des MGF
  • Adoptant et faisant appliquer une solide législation interdisant les MGF et prévoyant de sévères sanctions pour les contrevenants
  • Menant des campagnes de sensibilisation et des campagnes pédagogiques pour changer les perceptions culturelles et les croyances sur les MGF, et en reconnaissant les MGF comme une violation des droits humains ayant des conséquences néfastes

Veuillez aussi nous rejoindre en appelant la Société indonésienne d'obstétrique et de gynécologie, l'Association nationale des infirmières indonésiennes et l’Association des sages-femmes indonésiennes à respecter leurs obligations internationales en tant que membres de la FIGO, du CII et de l'ICM en:

  • Condamnant publiquement les MGF et la médicalisation de la pratique sous toutes ses formes
  • Veillant à ce que de solides mesures soient mises en place pour sanctionner les membres de l'Association qui pratiquent les MGF
  • Exhortant le gouvernement à abroger le règlement de 2010 et en travaillant avec les autorités pour adopter une loi interdisant les MGF et promouvoir une éducation publique et une stratégie globale contre la pratique.

>> AGISSEZ !

Les courriers doivent être adressés à:

Dr. Nafsiah Mboi, SpA, MPH
Ministre, Ministère indonésien de la Santé

Jl H.R.Rasuna Said Blok X.5 Kav. 4-9, Blok A, 2ndFloor, Kuningan 
Jakarta, Indonésie, Post Code: 12950
Tel:  +62-21-520-1590
Fax: +62-21-520-1591
Email: info@depkes.go.id

Linda Amalia Sari, S.IP
Ministre, Ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'enfance

Jalan Medan Merdeka Barat No. 15
Jakarta, Indonésie, Post Code: 10110
Tel:  +62-21-384-2638
        +62-21-380-5563
Fax: +62-21-380-5562
        +62-21-380-5559
Email: danty_anwar@yahoo.co.uk

Dr. Nurdadi Saleh
Président
Perkumpulan Obstetri Dan Ginekologi Indonesia (Société indonésienne d'obstétrique et de gynécologie)

Jalan Taman Kimia No. 10
Central Jakarta
Indonésie
Tel.: +62-21-314-3684
Fax: +62-21-391-0135
Email: pogi@indo.net.id

Mme Dewi Irawati
Association nationale des infirmières indonésiennes
Jalan Jaya Mandala No.15
Patra Kuningan
Jakarta 12870
Indonésie
Tel:  +62-21-831-5069
Fax: +62-21-831-5070
Email: dppppni@gmail.com

Dr. Harni Koesno
Présidente
Association des sages-femmes indonésiennes - IMA

(Ikatan Bidan Indonesia)
Jalan Johar Baru V/D13
10560 Jakarta Pusat
Indonésie
Tel:   +62-21-424-4789
         +62-21-422-6043
Fax:  +62-21-424-4214
Email: ppibi@cbn.net.id

Avec une copie à:

Dr. Prijo Sidipratomo
Président, Association médicale indonésienne
Jalan Dr. Samratulangi No. 29, Menteng
Jakarta, Indonesia
Code postal:10350
Fax: +62-21-390-0473
Email: pbidi@idola.net.id; pbidi@idionline.org

Lettres: 

Lettre au gouvernement:

Cher / Chère [   ]:

Je suis profondément préoccupé(e) par le règlement du ministère de la Santé datant de novembre 2010 qui légitime les mutilations génitales féminines (MGF) et autorise certains professionnels de la santé à les pratiquer. La “médicalisation“ des MGF autorise une pratique néfaste pour les femmes et les filles. Elle constitue également une violation du code déontologique des médecins, des infirmières, des sages-femmes et autres professionnels de la santé. Plusieurs initiatives ont eu lieu pour que ce règlement soit annulé, mais en vain. Je partage les préoccupations des associations de droits humains qui affirment que la médicalisation de toutes les formes de MGF légitime la pratique et fait qu’il rend impossible de mettre fin à celle-ci.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, dont l’Indonésie est membre, les MGF recouvrent toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou autre lésion des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales. L'OMS a exhorté les professionnels de la santé à ne pas pratiquer les MGF sous quelque forme que ce soit. L'OMS classe les MGF en quatre grands types:

Type I: Clitoridectomie : ablation partielle ou totale du clitoris (la petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins qui inclut le gland du clitoris) et, dans de très rares cas, seulement du prépuce (le repli de peau entourant le clitoris).
Type II: Excision : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres.
Type III: Infibulation: rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation et l’accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris.
Type IV: Autres : toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, telles que la ponction, le percement, l’incision, la scarification et la cautérisation.

Les MGF constituent une forme de violence et de discrimination envers les femmes et les filles et sont internationalement reconnues comme une violation de leurs droits humains. Toutes les formes de MGF violent un certain nombre de droits fondamentaux des femmes et des filles, notamment le droit à l'intégrité sexuelle et corporelle, le droit à la non-discrimination, le droit à la protection contre la violence physique et mentale, et le droit de jouir du meilleur état de santé possible. Les MGF constituent également un traitement cruel et dégradant pour les femmes et les filles.

Le règlement du ministère de la Santé va à l'encontre d'un certain nombre de lois et décrets indonésiens entérinant les obligations juridiques internationales de l’Indonésie dans le cadre juridique national. Il s'agit notamment d’obligations envers la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (CAT).

Je vous exhorte à faire en sorte que l’Indonésie respecte ses obligations nationales et internationales en prenant les mesures suivantes:

  • Abrogation du règlement de 2010 du ministère de la Santé qui légitime la pratique des MGF
  • Adoption et application d’une solide législation interdisant les MGF et prévoyant de sévères sanctions pour les contrevenants
  • Conduite de campagnes de sensibilisation et de campagnes pédagogiques pour changer les perceptions culturelles et les croyances sur les MGF, et reconnaissance des MGF comme une violation des droits humains ayant des conséquences néfastes

Cordialement,
 


Lettre aux associations médicales indonésiennes (Obstétrique et gynécologie, infirmières, sages-femmes):

Cher / Chère [   ]:

Je suis profondément préoccupé(e) par le règlement de novembre 2010 du ministère de la Santé qui légitime les mutilations génitales féminines (MGF) et autorise les professionnels de la santé à les pratiquer. La “médicalisation“ des MGF autorise une pratique néfaste pour les femmes et les filles. Elle constitue également une violation du code de déontologie des infirmières, sages-femmes, obstétriciens et gynécologues en Indonésie et va à l’encontre des résolutions anti-MGF adoptées par la Fédération internationale de gynécologie et d'obstétrique (FIGO), le Conseil international des infirmières (CII), et la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), des organismes dont font partie les associations indonésiennes de professionnels de la santé. Plusieurs initiatives ont eu lieu pour que ce règlement soit annulé, mais en vain. Je partage les préoccupations des associations de droits humains qui affirment que la médicalisation de toute forme de MGF légitime la pratique et fait qu’il rend impossible de mettre fin à celle-ci.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, dont l’Indonésie est membre, les MGF recouvrent toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou autre lésion des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales. L'OMS a exhorté les professionnels de la santé à ne pas pratiquer les MGF sous quelque forme que ce soit. L'OMS classe les MGF en quatre grands types:

Type I: Clitoridectomie : ablation partielle ou totale du clitoris (la petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins qui inclut le gland du clitoris) et, dans de très rares cas, seulement du prépuce (le repli de peau entourant le clitoris). 
Type II: Excision : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres. 
Type III: Infibulation: rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation et l’accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris. 
Type IV: Autres : toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, telles que la ponction, le percement, l’incision, la scarification et la cautérisation.

Les MGF sont une forme de violence et de discrimination envers les femmes et les filles et sont internationalement reconnues comme une violation de leurs droits humains. Toutes les formes de MGF violent un certain nombre de droits fondamentaux des femmes et des filles, notamment le droit à l'intégrité sexuelle et corporelle, le droit à la non-discrimination, le droit à la protection contre la violence physique et mentale, et le droit de jouir du meilleur état de santé possible. Les MGF constituent également un traitement cruel et dégradant pour les femmes et les filles.

Le règlement du ministère de la Santé va à l'encontre d'un certain nombre de lois et décrets indonésiens entérinant les obligations juridiques internationales de l’Indonésie dans le cadre juridique national. Il s'agit notamment d’obligations envers la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (CAT).

J'exhorte votre association professionnelle à respecter ses obligations internationales en:

  • Condamnant publiquement les MGF et la médicalisation de la pratique sous toutes ses formes
  • Veillant à ce que de solides mesures soient mises en place pour sanctionner les membres de l'Association qui pratiquent les MGF
  • Exhortant le gouvernement à abroger le règlement de 2010 et en travaillant avec les autorités pour adopter une loi interdisant les MGF et promouvoir une éducation publique et une stratégie globale contre la pratique.

Cordialement,

Libéria: adopter d’urgence une loi interdisant les MGF

MISE A JOUR: 
UPDATE
Date: 
2012 Juin 26
Date de mise à jour: 
2013 Mar 12
MISE A JOUR: 

MISE A JOUR - 12 MARS 2013: Le 17 janvier 2013, Deddeh Wilson, l’avocate de Ruth Berry Peal, a informé Egalité Maintenant qu'elle avait déposé une requête demandant au tribunal de rejeter l'appel des accusées, qui avaient été condamnées à des peines d'emprisonnement, pour défaut d’exécution de la procédure d'appel. Le 24 janvier 2013, la cour a rejeté la demande d'appel au motif que « les prévenues n'ont pas déposé une demande de récusation valable ou n’ont pas obtenu l'approbation du juge de première instance en ce qui concerne cette demande de récusation présumée. » Le 26 février, le tribunal a émis un avis ordonnant à la police de Montserrado d’arrêter les accusées.

Avoir été mutilée de force, Ruth a finalement obtenu justice mais cela n'a pas été facile et elle continue à recevoir des menaces. Même si des filles s’enfuient parfois et doivent vivre dans la clandestinité du fait de l'absence de lois qui les protégeraient contre les MGF, Mme Speare, directrice du Secrétariat des ONG de femmes du Libéria (Women NGOs Secretariat of Liberia - WONGOSOL), a déclaré que, en raison du contexte social et culturel, les filles et les femmes ne peuvent pas s'opposer à la pratique ou y échapper. Le Ministère de l’Egalité entre les sexes a conseillé à Ruth de déménager à Monrovia, mais elle est réticente à le faire car son mari et ses enfants vivent toujours dans le comté de Bomi. Par conséquent, nous appelons le gouvernement libérien à soutenir et protéger Ruth, ainsi qu’à consolider les annonces faites par le ministre de l'Intérieur en 2011 qui visent à promulguer et à faire appliquer de toute urgence une loi interdisant les MGF.


 

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Comment agir: 

>> AGISSEZ ! Veuillez rejoindre Egalité Maintenant et nos partenaires libériens, Women of Liberia Peace Network (WOLPNET - Réseau pour la paix des femmes du Libéria) et Women NGOs Secretariat of Liberia (WONGOSOL - Secrétariat des ONG des femmes du Libéria), en appelant les autorités libériennes à:

  • Veiller à ce que l’affaire Ruth Berry Peal soit conclue de manière rapide et juste
  • Veiller à ce que la décision de faire cesser la pratique des MGF par Sande soit appliquée
  • Honorer les engagements régionaux et internationaux du Libéria relatifs aux droits humains en adoptant et en appliquant une loi globale contre les MGF, ainsi qu’en soutenant des programmes éducatifs de sensibilisation sur les méfaits des MGF destinés aux communautés concernées et aux chefs locaux

>> AGISSEZ !

Veuillez adresser vos courriers à:

H.E. Madam Ellen Johnson Sirleaf    
P.O. Box 9001
Capitol Hill, Monrovia
République du Libéria
Tel: +231 644 4696 
Email: ebfasama@emansion.gov.lr
etoles@emansion.gov.lr

Hon. Christiana H. Tah
Minister of Justice
P.O. Box  0123
Ashmun Street   
Monrovia
République du Libéria
Tel: +231 669 7205
Email: ctah1@aol.com

Hon Julia Duncan Cassell
Minister for Gender and Development
P.O. Box 10-1375
110 UN Drive & Gurley Street
1000 Monrovia 10
République du Libéria
Tel: +231 651 6434  
Email: libgenderminister@gmail.com

Hon Blamo Nelson
Minister of Internal Affairs
Executive Mansion Ground
Monrovia
République du Libéria
Tel: +231 651 3358 
Email: mgaryeazon@yahoo.com
http://www.mia.gov.lr

Lettres: 

Cher / Chère [   ]

Je me réjouis des récentes mesures prises par le gouvernement qui visent à interrompre la pratique des MGF par la société Sande, et notamment de la publication d’un avis du ministère de l'Intérieur à tous les comtés ordonnant que toutes les activités de la société Sande cessent, ainsi que de l’annonce selon laquelle le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Justice vont travailler ensemble pour élaborer un projet de loi contre les MGF. Je suis cependant très préoccupé(e) par de récents évènements au cours desquels le gouvernement a jusqu'à présent échoué à prendre des mesures:

En mars 2012, la journaliste Mae Azango a été contrainte à la clandestinité après avoir publié un article sur les MGF. Les membres de la société Sande ont menacé de lui faire subir de force des MGF.

En mai 2012, plus de 750 filles, que l'on croit être incitées par les membres de Sande, ont subi des MGF dans le comté de Nimba en dépit du préavis du ministère de l'Intérieur visant à faire cesser les activités de Sande.

Malgré la promesse de la présidente Sirleaf de faire des droits des femmes et de leur santé une priorité nationale, il est très préoccupant de constater l'absence d'intervention gouvernementale dans les cas mentionnés ci-dessus. En outre, je suis préoccupé(e) par des remarques du ministre de l'information indiquant aux médias que le gouvernement n'a pas l'intention d’éradiquer les MGF. Cette absence de position unifiée de la part des ministres sape les efforts déployés par le gouvernement pour mettre fin aux MGF.

Je vous exhorte à veiller à ce que la décision gouvernementale de faire cesser la pratique des MGF par la société Sande soit appliquée. En outre, veuillez honorer les engagements régionaux et internationaux du Libéria relatifs aux droits humains en adoptant et en appliquant une loi globale contre les MGF, ainsi qu’en soutenant des programmes éducatifs de sensibilisation sur les méfaits des MGF destinés aux communautés concernées et aux chefs locaux.

Je vous remercie de votre attention.

Cordialement,

Au Libéria, un jury rend un verdict de culpabilité dans l’affaire Ruth Berry Peal

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
11 juillet 2011
Contact: NAIROBI: Mary Ciugu, (254) 20 271-9832 / 913, equalitynownairobi@equalitynow.org
NEW YORK: Karen Asare, (01) 212-586-0906, media@equalitynow.org

Egalité Maintenant & SOAWR publient un guide concernant l’innovant Protocole relatif aux droits des femmes en Afrique

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
14 juillet 2011
Contact: NAIROBI: Mary Ciugu, (254) 20 271-9832 / 913, equalitynownairobi@equalitynow.org

Egalité Maintenant et le Mouvement de Solidarité pour les droits des femmes africaines (Solidarity for African Women's Rights - SOAWR) publient un nouveau guide pratique sur l'emploi de l’innovant Protocole relatif aux droits des femmes en Afrique

Mettre fin aux MGF aux États-Unis : soutenez la Loi sur la protection des filles

MISE A JOUR: 
Not an update
Date: 
2010 Mai 24

*Actions recommandées uniquement pour les membres des États-Unis*

Comment agir: 

Veuillez écrire à votre représentant en lui demandant de soutenir H.R. 5137.

Lettres: 

[Ajoutez l’adresse]

Cher(e)

Je vous écris pour exprimer ma profonde préoccupation au sujet d’une situation courante où des filles sont emmenées de force dans leur pays d'origine pour y être soumises à des mutilations génitales féminines (MGF). Les MGF sont une pratique traditionnelle néfaste vieille de plusieurs siècles qui affecte jusqu'à 140 millions de femmes et de filles de par le monde. Elles sont reconnues comme une grave violation des droits humains et l'Organisation mondiale de la santé décrit la pratique comme représentative de l'inégalité profondément enracinée entre les sexes et comme une forme extrême de discrimination contre les femmes. Les MGF consistent à ôter tout ou partie des organes génitaux féminins et sont pratiquées en Afrique, dans certains pays d'Asie et du Moyen-Orient, ainsi que dans les endroits où résident des immigrés pratiquant les MGF, notamment aux États-Unis.

Le ministère américain de la Santé et des Services sociaux estimait en 1997 que plus de 168 000 filles et femmes vivant aux Etats-Unis sont, ou ont été, menacées de par la pratique. Une loi fédérale de 1996 interdisant la pratique des MGF aux États-Unis n'a pas abordé le problème des jeunes filles éloignées du pays, parfois vers le pays d'origine de leurs parents, pour être soumises aux MGF.

Je suis conscient qu’une nouvelle législation, la "Loi sur la protection des filles" (H.R. 5137) coparrainée par les représentants Joseph Crowley (Parti Démocrate-New York) et Mary Bono Mack (Parti Républicain-Californie), vise à combler cette lacune et à renforcer la loi fédérale de 1996. L'amendement d’extraterritorialité Crowley-Bono Mack (ou "vacation provision" /"disposition de vacances judiciaires"), introduit le 26 avril 2010, prévoit qu’il sera illégal de transporter à l'étranger une jeune fille mineure vivant aux États-Unis afin de lui faire subir des MGF. Je vous exhorte à soutenir H.R. 5137 et à profiter de cette étape cruciale pour réaffirmer que les MGF constituent, sous toutes leurs formes, une violation des droits humains. Je vous invite aussi à soutenir la mise en place de programmes de sensibilisation, de proximité, et d’éducation attentifs aux cultures pour protéger les filles qui vivent aux États-Unis des MGF. Je vous remercie de votre attention.

Cordialement

Libéria: Obtenir justice pour Ruth Berry Peal, qui a été forcée de subir des MGF

MISE A JOUR: 
Not an update
Date: 
2011 Mar 24
Date de mise à jour: 
2011 Juil 8
MISE A JOUR: 

Le cas de Ruth Berry Peal, qui a été enlevée et forcée de subir des mutilations génitales par deux femmes de la communauté Gola, s’est conclu le 8 juillet 2011 après un mois d'audiences par un verdict de culpabilité de la part du jury pour enlèvement, séquestration et vol. La condamnation des deux femmes aura lieu cette semaine. Le juge a conclu en faisant référence à la Constitution libérienne et à l'article 4(1) du Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole relatif aux droits des femmes en Afrique) qui stipule que «Toute femme a droit au respect de sa vie, de son intégrité physique et à la sécurité de sa personne. Toutes formes d’exploitation, de punition et de traitement inhumain ou dégradant doivent être interdites.»

Ruth Berry Peal
Comment agir: 

Veuillez écrire aux autorités libériennes ci-dessous pour les exhorter à honorer leurs engagements régionaux et internationaux envers les droits humains, à adopter et appliquer une loi globale contre les MGF, ainsi qu’à supporter les programmes éducatifs de proximité sur les méfaits des MGF destinés aux communautés concernées et aux chefs locaux. Par ailleurs, demandez instamment au ministre de l'Intérieur de faire cesser immédiatement la pratique de la délivrance de permis à des écoles où les MGF sont effectuées. Demandez-leur aussi de veiller à ce que Ruth Peal obtienne justice et réparation pour les sévices qu'elle a subi. Puisque Ruth est menacée par des membres de la société clandestine et des chefs traditionnels qui soutienne cette dernière, veuillez demander à ce que le gouvernement lui fournisse une protection immédiate.

>> AGISSEZ!

Envoyez les lettres à:

H.E. Madam Ellen Johnson-Sirleaf
P.O. Box 9001
Capitol Hill, Monrovia
République du Libéria
Tel:             +231 644 4696      
Email: info@emansion.gov.lr

Dr. Christiana Tah
Ministre de la Justice
P.O. Box 0123
Ashmun Street
Monrovia, République du Libéria
Tel:            + 231 669 7205      
Email: info@moj.gov.lr
ctah@aol.com

H.E. Vabah K. Gayflor
Ministre du Genre et du Développement
P.O. Box 10-1375
110 UN Drive & Gurley Street
1000 Monrovia 10
République du Libéria
Tel:             +231 651 6434      
Email: veegayflor@yahoo.com

H.E. Harrison Kahnweah
Ministre de l'Intérieur
Executive Mansion Ground
Monrovia
République du Libéria
Tel:             +231 651 3358      
Email: hkarnwea@yahoo.com
http://www.mia.gov.lr

Lettres: 

H.E. Madam Ellen Johnson-Sirleaf    
P.O. Box 9001
Capitol Hill, Monrovia
République du Libéria
info@emansion.gov.lr

H.E. Vabah K. Gayflor
Ministre du Genre et du Développement
P.O. Box 10-1375
110 UN Drive & Gurley Street
1000 Monrovia 10
République du Libéria
veegayflor@yahoo.com

H.E. Harrison Kahnweah
Ministre de l’Intérieur
Executive Mansion Ground
Monrovia
République du Libéria
hkarnwea@yahoo.com
http://www.mia.gov.lr

H.E. Dr. Christiana Tah
Ministre de la Justice
P.O. Box  0123
Ashmun Street   
Monrovia,
République du Libéria
info@moj.gov.lr
ctah@aol.com

Cher / Chère [   ]

Je vous écris pour exprimer ma profonde préoccupation face au taux élevé de mutilations génitales féminines (MGF) au Libéria. Il est estimé que plus de 58,2 pour cent des femmes libériennes ont subi des MGF, une pratique effectuée dans le cadre d'un rite d'initiation à la féminité par une société clandestine politiquement influente composée de femmes et dénommée société Sande. Beaucoup de filles sont soumises à des MGF dans les écoles traditionnelles de la société Sande. Je suis préoccupé d'apprendre que le Ministère de l’Intérieur libérien délivre des permis aux femmes qui dirigent ces écoles pour effectuer des MGF sur les écolières présentes.  

Les femmes appartenant à des communautés qui ne pratiquent pas les MGF peuvent également en être victimes, soit par le mariage avec un conjoint d’une communauté pratiquante, ou bien par la force comme ce fut le cas avec Ruth Berry Peal. Ruth a été soumise à cette pratique en 2010 en raison d'une décision rendue par un chef Gola arbitrant une dispute avec deux femmes d'une communauté pratiquant les MGF. Ruth a été emmenée par ces femmes de son domicile vers la « brousse » où elle a été mutilée de force. Elle a intenté un procès contre les deux femmes qui l’ont mutilée et, par conséquence, a reçu des menaces de la part de la communauté pour qu’elle abandonne la plainte.

La constitution libérienne garantit les droits à la vie, à la liberté et à la sécurité des personnes pour tous les libériens et libériennes et votre pays a ratifié divers traités régionaux et internationaux des droits humains qui visent à  garantir la protection des femmes et des filles de la pratique des MGF. Ces traités incluent le Protocole à la Charte africaine des droits et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de la femme), la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et la Convention relative aux droits de l'enfant. En dépit de tout cela, le gouvernement libérien n'a pas réussi à garantir la protection des femmes et des filles contre les mutilations génitales.

Significativement, je note que, lors de l'examen du rapport sur votre pays en 2009, le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (l'organisme qui veille au respect de la CEDAW), vous a appelé à « promulguer sans tarder […] une loi interdisant les mutilations génitales féminines et de veiller à ce que ses praticiens soient poursuivis et punis compte tenu à la gravité de la violation » et à « faire cesser immédiatement la délivrance de permis à des praticiens par le Ministère de l'Intérieur. » Le Comité a encouragé le Libéria à « élargir et accélérer la mise en œuvre des programmes destinés à sensibiliser les personnes qui gagnent leur vie en pratiquant les mutilations génitales féminines » et à « renforcer ses activités d’éducation et de sensibilisation à l’intention à la fois des femmes et des hommes, y compris les fonctionnaires de tous niveaux, les chefs et autres dirigeants traditionnels et communautaires […] en vue d’éliminer les mutilations génitales féminines et ses justification culturelle sous-jacentes.»

Je vous exhorte à prendre immédiatement des mesures comme le stipule votre obligation envers l'article 5 du Protocole à la Charte africaine des droits et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique et envers d'autres traités internationaux relatifs aux droits humains. Je vous exhorte aussi à adopter et appliquer une loi interdisant les MGF, à faire cesser immédiatement la pratique de la délivrance de permis aux praticiens de MGF, et à instituer d'autres procédures garantissant une protection contre les MGF pour toutes les femmes et filles du Libéria. Je demande aussi respectueusement que vous fassiez tout votre possible pour veiller à ce que Ruth Berry Peal bénéficie d'une protection et que celles et ceux qui l’ont soumise à des mutilations soient punis avec la peine maximale pour cette terrible agression.

Je vous remercie de votre attention

Cordialement,
 

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