Lettres:
Lettre au gouvernement:
Cher / Chère [ ]:
Je suis profondément préoccupé(e) par le règlement du ministère de la Santé datant de novembre 2010 qui légitime les mutilations génitales féminines (MGF) et autorise certains professionnels de la santé à les pratiquer. La “médicalisation“ des MGF autorise une pratique néfaste pour les femmes et les filles. Elle constitue également une violation du code déontologique des médecins, des infirmières, des sages-femmes et autres professionnels de la santé. Plusieurs initiatives ont eu lieu pour que ce règlement soit annulé, mais en vain. Je partage les préoccupations des associations de droits humains qui affirment que la médicalisation de toutes les formes de MGF légitime la pratique et fait qu’il rend impossible de mettre fin à celle-ci.
Selon l'Organisation mondiale de la santé, dont l’Indonésie est membre, les MGF recouvrent toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou autre lésion des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales. L'OMS a exhorté les professionnels de la santé à ne pas pratiquer les MGF sous quelque forme que ce soit. L'OMS classe les MGF en quatre grands types:
Type I: Clitoridectomie : ablation partielle ou totale du clitoris (la petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins qui inclut le gland du clitoris) et, dans de très rares cas, seulement du prépuce (le repli de peau entourant le clitoris).
Type II: Excision : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres.
Type III: Infibulation: rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation et l’accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris.
Type IV: Autres : toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, telles que la ponction, le percement, l’incision, la scarification et la cautérisation.
Les MGF constituent une forme de violence et de discrimination envers les femmes et les filles et sont internationalement reconnues comme une violation de leurs droits humains. Toutes les formes de MGF violent un certain nombre de droits fondamentaux des femmes et des filles, notamment le droit à l'intégrité sexuelle et corporelle, le droit à la non-discrimination, le droit à la protection contre la violence physique et mentale, et le droit de jouir du meilleur état de santé possible. Les MGF constituent également un traitement cruel et dégradant pour les femmes et les filles.
Le règlement du ministère de la Santé va à l'encontre d'un certain nombre de lois et décrets indonésiens entérinant les obligations juridiques internationales de l’Indonésie dans le cadre juridique national. Il s'agit notamment d’obligations envers la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (CAT).
Je vous exhorte à faire en sorte que l’Indonésie respecte ses obligations nationales et internationales en prenant les mesures suivantes:
- Abrogation du règlement de 2010 du ministère de la Santé qui légitime la pratique des MGF
- Adoption et application d’une solide législation interdisant les MGF et prévoyant de sévères sanctions pour les contrevenants
- Conduite de campagnes de sensibilisation et de campagnes pédagogiques pour changer les perceptions culturelles et les croyances sur les MGF, et reconnaissance des MGF comme une violation des droits humains ayant des conséquences néfastes
Cordialement,
Lettre aux associations médicales indonésiennes (Obstétrique et gynécologie, infirmières, sages-femmes):
Cher / Chère [ ]:
Je suis profondément préoccupé(e) par le règlement de novembre 2010 du ministère de la Santé qui légitime les mutilations génitales féminines (MGF) et autorise les professionnels de la santé à les pratiquer. La “médicalisation“ des MGF autorise une pratique néfaste pour les femmes et les filles. Elle constitue également une violation du code de déontologie des infirmières, sages-femmes, obstétriciens et gynécologues en Indonésie et va à l’encontre des résolutions anti-MGF adoptées par la Fédération internationale de gynécologie et d'obstétrique (FIGO), le Conseil international des infirmières (CII), et la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), des organismes dont font partie les associations indonésiennes de professionnels de la santé. Plusieurs initiatives ont eu lieu pour que ce règlement soit annulé, mais en vain. Je partage les préoccupations des associations de droits humains qui affirment que la médicalisation de toute forme de MGF légitime la pratique et fait qu’il rend impossible de mettre fin à celle-ci.
Selon l'Organisation mondiale de la santé, dont l’Indonésie est membre, les MGF recouvrent toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou autre lésion des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales. L'OMS a exhorté les professionnels de la santé à ne pas pratiquer les MGF sous quelque forme que ce soit. L'OMS classe les MGF en quatre grands types:
Type I: Clitoridectomie : ablation partielle ou totale du clitoris (la petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins qui inclut le gland du clitoris) et, dans de très rares cas, seulement du prépuce (le repli de peau entourant le clitoris).
Type II: Excision : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres.
Type III: Infibulation: rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation et l’accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris.
Type IV: Autres : toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, telles que la ponction, le percement, l’incision, la scarification et la cautérisation.
Les MGF sont une forme de violence et de discrimination envers les femmes et les filles et sont internationalement reconnues comme une violation de leurs droits humains. Toutes les formes de MGF violent un certain nombre de droits fondamentaux des femmes et des filles, notamment le droit à l'intégrité sexuelle et corporelle, le droit à la non-discrimination, le droit à la protection contre la violence physique et mentale, et le droit de jouir du meilleur état de santé possible. Les MGF constituent également un traitement cruel et dégradant pour les femmes et les filles.
Le règlement du ministère de la Santé va à l'encontre d'un certain nombre de lois et décrets indonésiens entérinant les obligations juridiques internationales de l’Indonésie dans le cadre juridique national. Il s'agit notamment d’obligations envers la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (CAT).
J'exhorte votre association professionnelle à respecter ses obligations internationales en:
- Condamnant publiquement les MGF et la médicalisation de la pratique sous toutes ses formes
- Veillant à ce que de solides mesures soient mises en place pour sanctionner les membres de l'Association qui pratiquent les MGF
- Exhortant le gouvernement à abroger le règlement de 2010 et en travaillant avec les autorités pour adopter une loi interdisant les MGF et promouvoir une éducation publique et une stratégie globale contre la pratique.
Cordialement,