Libéria

Libéria: adopter d’urgence une loi interdisant les MGF

MISE A JOUR: 
UPDATE
Date: 
2012 Juin 26
Date de mise à jour: 
2013 Mar 12
MISE A JOUR: 

MISE A JOUR - 12 MARS 2013: Le 17 janvier 2013, Deddeh Wilson, l’avocate de Ruth Berry Peal, a informé Egalité Maintenant qu'elle avait déposé une requête demandant au tribunal de rejeter l'appel des accusées, qui avaient été condamnées à des peines d'emprisonnement, pour défaut d’exécution de la procédure d'appel. Le 24 janvier 2013, la cour a rejeté la demande d'appel au motif que « les prévenues n'ont pas déposé une demande de récusation valable ou n’ont pas obtenu l'approbation du juge de première instance en ce qui concerne cette demande de récusation présumée. » Le 26 février, le tribunal a émis un avis ordonnant à la police de Montserrado d’arrêter les accusées.

Avoir été mutilée de force, Ruth a finalement obtenu justice mais cela n'a pas été facile et elle continue à recevoir des menaces. Même si des filles s’enfuient parfois et doivent vivre dans la clandestinité du fait de l'absence de lois qui les protégeraient contre les MGF, Mme Speare, directrice du Secrétariat des ONG de femmes du Libéria (Women NGOs Secretariat of Liberia - WONGOSOL), a déclaré que, en raison du contexte social et culturel, les filles et les femmes ne peuvent pas s'opposer à la pratique ou y échapper. Le Ministère de l’Egalité entre les sexes a conseillé à Ruth de déménager à Monrovia, mais elle est réticente à le faire car son mari et ses enfants vivent toujours dans le comté de Bomi. Par conséquent, nous appelons le gouvernement libérien à soutenir et protéger Ruth, ainsi qu’à consolider les annonces faites par le ministre de l'Intérieur en 2011 qui visent à promulguer et à faire appliquer de toute urgence une loi interdisant les MGF.


 

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Comment agir: 

>> AGISSEZ ! Veuillez rejoindre Egalité Maintenant et nos partenaires libériens, Women of Liberia Peace Network (WOLPNET - Réseau pour la paix des femmes du Libéria) et Women NGOs Secretariat of Liberia (WONGOSOL - Secrétariat des ONG des femmes du Libéria), en appelant les autorités libériennes à:

  • Veiller à ce que l’affaire Ruth Berry Peal soit conclue de manière rapide et juste
  • Veiller à ce que la décision de faire cesser la pratique des MGF par Sande soit appliquée
  • Honorer les engagements régionaux et internationaux du Libéria relatifs aux droits humains en adoptant et en appliquant une loi globale contre les MGF, ainsi qu’en soutenant des programmes éducatifs de sensibilisation sur les méfaits des MGF destinés aux communautés concernées et aux chefs locaux

>> AGISSEZ !

Veuillez adresser vos courriers à:

H.E. Madam Ellen Johnson Sirleaf    
P.O. Box 9001
Capitol Hill, Monrovia
République du Libéria
Tel: +231 644 4696 
Email: ebfasama@emansion.gov.lr
etoles@emansion.gov.lr

Hon. Christiana H. Tah
Minister of Justice
P.O. Box  0123
Ashmun Street   
Monrovia
République du Libéria
Tel: +231 669 7205
Email: ctah1@aol.com

Hon Julia Duncan Cassell
Minister for Gender and Development
P.O. Box 10-1375
110 UN Drive & Gurley Street
1000 Monrovia 10
République du Libéria
Tel: +231 651 6434  
Email: libgenderminister@gmail.com

Hon Blamo Nelson
Minister of Internal Affairs
Executive Mansion Ground
Monrovia
République du Libéria
Tel: +231 651 3358 
Email: mgaryeazon@yahoo.com
http://www.mia.gov.lr

Lettres: 

Cher / Chère [   ]

Je me réjouis des récentes mesures prises par le gouvernement qui visent à interrompre la pratique des MGF par la société Sande, et notamment de la publication d’un avis du ministère de l'Intérieur à tous les comtés ordonnant que toutes les activités de la société Sande cessent, ainsi que de l’annonce selon laquelle le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Justice vont travailler ensemble pour élaborer un projet de loi contre les MGF. Je suis cependant très préoccupé(e) par de récents évènements au cours desquels le gouvernement a jusqu'à présent échoué à prendre des mesures:

En mars 2012, la journaliste Mae Azango a été contrainte à la clandestinité après avoir publié un article sur les MGF. Les membres de la société Sande ont menacé de lui faire subir de force des MGF.

En mai 2012, plus de 750 filles, que l'on croit être incitées par les membres de Sande, ont subi des MGF dans le comté de Nimba en dépit du préavis du ministère de l'Intérieur visant à faire cesser les activités de Sande.

Malgré la promesse de la présidente Sirleaf de faire des droits des femmes et de leur santé une priorité nationale, il est très préoccupant de constater l'absence d'intervention gouvernementale dans les cas mentionnés ci-dessus. En outre, je suis préoccupé(e) par des remarques du ministre de l'information indiquant aux médias que le gouvernement n'a pas l'intention d’éradiquer les MGF. Cette absence de position unifiée de la part des ministres sape les efforts déployés par le gouvernement pour mettre fin aux MGF.

Je vous exhorte à veiller à ce que la décision gouvernementale de faire cesser la pratique des MGF par la société Sande soit appliquée. En outre, veuillez honorer les engagements régionaux et internationaux du Libéria relatifs aux droits humains en adoptant et en appliquant une loi globale contre les MGF, ainsi qu’en soutenant des programmes éducatifs de sensibilisation sur les méfaits des MGF destinés aux communautés concernées et aux chefs locaux.

Je vous remercie de votre attention.

Cordialement,

Au Libéria, un jury rend un verdict de culpabilité dans l’affaire Ruth Berry Peal

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
11 juillet 2011
Contact: NAIROBI: Mary Ciugu, (254) 20 271-9832 / 913, equalitynownairobi@equalitynow.org
NEW YORK: Karen Asare, (01) 212-586-0906, media@equalitynow.org

Libéria: Obtenir justice pour Ruth Berry Peal, qui a été forcée de subir des MGF

MISE A JOUR: 
Not an update
Date: 
2011 Mar 24
Date de mise à jour: 
2011 Juil 8
MISE A JOUR: 

Le cas de Ruth Berry Peal, qui a été enlevée et forcée de subir des mutilations génitales par deux femmes de la communauté Gola, s’est conclu le 8 juillet 2011 après un mois d'audiences par un verdict de culpabilité de la part du jury pour enlèvement, séquestration et vol. La condamnation des deux femmes aura lieu cette semaine. Le juge a conclu en faisant référence à la Constitution libérienne et à l'article 4(1) du Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole relatif aux droits des femmes en Afrique) qui stipule que «Toute femme a droit au respect de sa vie, de son intégrité physique et à la sécurité de sa personne. Toutes formes d’exploitation, de punition et de traitement inhumain ou dégradant doivent être interdites.»

Ruth Berry Peal
Comment agir: 

Veuillez écrire aux autorités libériennes ci-dessous pour les exhorter à honorer leurs engagements régionaux et internationaux envers les droits humains, à adopter et appliquer une loi globale contre les MGF, ainsi qu’à supporter les programmes éducatifs de proximité sur les méfaits des MGF destinés aux communautés concernées et aux chefs locaux. Par ailleurs, demandez instamment au ministre de l'Intérieur de faire cesser immédiatement la pratique de la délivrance de permis à des écoles où les MGF sont effectuées. Demandez-leur aussi de veiller à ce que Ruth Peal obtienne justice et réparation pour les sévices qu'elle a subi. Puisque Ruth est menacée par des membres de la société clandestine et des chefs traditionnels qui soutienne cette dernière, veuillez demander à ce que le gouvernement lui fournisse une protection immédiate.

>> AGISSEZ!

Envoyez les lettres à:

H.E. Madam Ellen Johnson-Sirleaf
P.O. Box 9001
Capitol Hill, Monrovia
République du Libéria
Tel:             +231 644 4696      
Email: info@emansion.gov.lr

Dr. Christiana Tah
Ministre de la Justice
P.O. Box 0123
Ashmun Street
Monrovia, République du Libéria
Tel:            + 231 669 7205      
Email: info@moj.gov.lr
ctah@aol.com

H.E. Vabah K. Gayflor
Ministre du Genre et du Développement
P.O. Box 10-1375
110 UN Drive & Gurley Street
1000 Monrovia 10
République du Libéria
Tel:             +231 651 6434      
Email: veegayflor@yahoo.com

H.E. Harrison Kahnweah
Ministre de l'Intérieur
Executive Mansion Ground
Monrovia
République du Libéria
Tel:             +231 651 3358      
Email: hkarnwea@yahoo.com
http://www.mia.gov.lr

Lettres: 

H.E. Madam Ellen Johnson-Sirleaf    
P.O. Box 9001
Capitol Hill, Monrovia
République du Libéria
info@emansion.gov.lr

H.E. Vabah K. Gayflor
Ministre du Genre et du Développement
P.O. Box 10-1375
110 UN Drive & Gurley Street
1000 Monrovia 10
République du Libéria
veegayflor@yahoo.com

H.E. Harrison Kahnweah
Ministre de l’Intérieur
Executive Mansion Ground
Monrovia
République du Libéria
hkarnwea@yahoo.com
http://www.mia.gov.lr

H.E. Dr. Christiana Tah
Ministre de la Justice
P.O. Box  0123
Ashmun Street   
Monrovia,
République du Libéria
info@moj.gov.lr
ctah@aol.com

Cher / Chère [   ]

Je vous écris pour exprimer ma profonde préoccupation face au taux élevé de mutilations génitales féminines (MGF) au Libéria. Il est estimé que plus de 58,2 pour cent des femmes libériennes ont subi des MGF, une pratique effectuée dans le cadre d'un rite d'initiation à la féminité par une société clandestine politiquement influente composée de femmes et dénommée société Sande. Beaucoup de filles sont soumises à des MGF dans les écoles traditionnelles de la société Sande. Je suis préoccupé d'apprendre que le Ministère de l’Intérieur libérien délivre des permis aux femmes qui dirigent ces écoles pour effectuer des MGF sur les écolières présentes.  

Les femmes appartenant à des communautés qui ne pratiquent pas les MGF peuvent également en être victimes, soit par le mariage avec un conjoint d’une communauté pratiquante, ou bien par la force comme ce fut le cas avec Ruth Berry Peal. Ruth a été soumise à cette pratique en 2010 en raison d'une décision rendue par un chef Gola arbitrant une dispute avec deux femmes d'une communauté pratiquant les MGF. Ruth a été emmenée par ces femmes de son domicile vers la « brousse » où elle a été mutilée de force. Elle a intenté un procès contre les deux femmes qui l’ont mutilée et, par conséquence, a reçu des menaces de la part de la communauté pour qu’elle abandonne la plainte.

La constitution libérienne garantit les droits à la vie, à la liberté et à la sécurité des personnes pour tous les libériens et libériennes et votre pays a ratifié divers traités régionaux et internationaux des droits humains qui visent à  garantir la protection des femmes et des filles de la pratique des MGF. Ces traités incluent le Protocole à la Charte africaine des droits et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de la femme), la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et la Convention relative aux droits de l'enfant. En dépit de tout cela, le gouvernement libérien n'a pas réussi à garantir la protection des femmes et des filles contre les mutilations génitales.

Significativement, je note que, lors de l'examen du rapport sur votre pays en 2009, le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (l'organisme qui veille au respect de la CEDAW), vous a appelé à « promulguer sans tarder […] une loi interdisant les mutilations génitales féminines et de veiller à ce que ses praticiens soient poursuivis et punis compte tenu à la gravité de la violation » et à « faire cesser immédiatement la délivrance de permis à des praticiens par le Ministère de l'Intérieur. » Le Comité a encouragé le Libéria à « élargir et accélérer la mise en œuvre des programmes destinés à sensibiliser les personnes qui gagnent leur vie en pratiquant les mutilations génitales féminines » et à « renforcer ses activités d’éducation et de sensibilisation à l’intention à la fois des femmes et des hommes, y compris les fonctionnaires de tous niveaux, les chefs et autres dirigeants traditionnels et communautaires […] en vue d’éliminer les mutilations génitales féminines et ses justification culturelle sous-jacentes.»

Je vous exhorte à prendre immédiatement des mesures comme le stipule votre obligation envers l'article 5 du Protocole à la Charte africaine des droits et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique et envers d'autres traités internationaux relatifs aux droits humains. Je vous exhorte aussi à adopter et appliquer une loi interdisant les MGF, à faire cesser immédiatement la pratique de la délivrance de permis aux praticiens de MGF, et à instituer d'autres procédures garantissant une protection contre les MGF pour toutes les femmes et filles du Libéria. Je demande aussi respectueusement que vous fassiez tout votre possible pour veiller à ce que Ruth Berry Peal bénéficie d'une protection et que celles et ceux qui l’ont soumise à des mutilations soient punis avec la peine maximale pour cette terrible agression.

Je vous remercie de votre attention

Cordialement,
 

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