Indonésie

Indonésie: mettre fin à la légitimation des mutilations génitales féminines (MGF)

MISE A JOUR: 
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Date: 
2012 Sep 12
MISE A JOUR: 

>> AGISSEZ !


MISE A JOUR - 3 SEPTEMBRE 2014: cédant à la pression internationale et citant l’absence de bienfaits sur la santé, le ministère indonésien de la Santé a en février 2014 révoqué le règlement de 2010 qui autorisait les professionnels de la santé à effectuer des mutilations génitales féminines. Bien qu’il s’agisse d’une avancée, cette mesure ne va pas assez loin puisque le nouveau règlement n'interdit pas expressément toutes les formes de MGF. Au contraire, selon notre partenaire, Kalyanamitra, le règlement énonce de manière inquiétante que, si aucune coupe réelle des organes génitaux féminins ne devrait être effectuée par le personnel médical, toute pratique de MGF devrait être effectuée en tenant compte de la santé et de la sécurité des femmes ou des jeunes filles.

Sans une stricte loi interdisant les MGF en Indonésie, le gouvernement endosse tacitement une pratique néfaste qui viole les droits humains des indonésiennes à l'intégrité physique, à l'égalité et à l’absence de discrimination, et est contraire aux obligations nationales et internationales du pays. En réponse, Egalité Maintenant et Kalyanamitra ont présenté en mars-avril 2014 des observations au Comité des droits économiques, sociaux et culturels (CESCR) et au Comité sur les droits de l'enfant (CRC) afin d’attirer l'attention sur le fait que le gouvernement indonésien n’a pas interdit toutes les formes de MGF. Dans ses observations finales officielles publiées en juin 2014, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels a exhorté l'Indonésie à appliquer « l'interdiction des MGF » et à « mener des campagnes d’éducation culturellement adaptées contre les MGF. » En juin 2014, le CRC a noté avec vive préoccupation le nombre élevé de filles qui avaient été soumises à cette pratique et exhorté l'Indonésie à adopter une législation visant à interdire toutes les formes de MGF, à les criminaliser complètement et à mettre en place des programmes d’éducation et de sensibilisation.

Veuillez continuer à défendre les droits des indonésiennes en appelant le gouvernement à interdire totalement les MGF, à adopter de sévères sanctions pour les contrevenants, et à mener des campagnes de sensibilisation du public sur les méfaits et conséquences des MGF en tant que violation des droits humains. Egalité Maintenant et Kalyanamitra vont continuer à employer tous les moyens disponibles pour tenir l’Indonésie responsable de la protection des filles contre les MGF, et nous vous tiendrons au courant des progrès réalisés.


MISE A JOUR - 8 AOUT 2013: à la suite de la présentation conjointe d’Egalité Maintenant et de Kalyanamitra au Comité des droits de l'Homme (CDH), nous sommes heureux d'annoncer que le Comité a dans ses observations finales exprimé sa préoccupation au sujet de l’adoption par l'Indonésie d’un règlement qui légitime les MGF. Le CDH a appelé le gouvernement indonésien à abroger le règlement et « à adopter une législation criminalisant toutes les formes de MGF, et à veiller à ce que des sanctions adéquates et qui tiennent compte de la gravité du crime soient prévues. »  Le comité a également exhorté le gouvernement à  « s’efforcer de prévenir et d’éliminer les pratiques traditionnelles néfastes, notamment les MGF, en renforçant ses programmes d'éducation et de sensibilisation » (CCPR/C/IDN/CO/1, version préliminaire non corrigée). Nous espérons que le gouvernement indonésien suive les recommandations du Comité et qu’il prenne immédiatement des mesures pour protéger les femmes et les filles indonésiennes de cette pratique qui constitue une violation de leurs droits humains.


MISE A JOUR - 25 JUIN 2013: lors de la 108e session du Comité des droits de l'Homme, l’organisme chargé de surveiller l'application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), l’Indonésie sera soumise à un examen périodique en juillet 2013. Egalité Maintenant et notre partenaire indonésien, Kalyanamitra, avons soumis une présentation conjointe (en anglais) afin d’attirer l'attention du Comité sur l’actuelle légitimation des MGF de la part du gouvernement indonésien. Nous continuons à demander aux autorités d'abroger le règlement de 2010 du ministère de la Santé qui légitime la pratique des MGF, ainsi que d’adopter et de faire appliquer une solide législation interdisant les MGF et prévoyant de sévères sanctions pour les contrevenants.


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Comment agir: 

>> AGISSEZ ! Veuillez rejoindre Egalité Maintenant et notre partenaire, Kalyanamitra, en demandant au ministère de la Santé et au ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'enfance de respecter leurs obligations nationales et internationales en:

  • Abrogeant le règlement de 2010 du ministère de la Santé qui légitime la pratique des MGF
  • Adoptant et faisant appliquer une solide législation interdisant les MGF et prévoyant de sévères sanctions pour les contrevenants
  • Menant des campagnes de sensibilisation et des campagnes pédagogiques pour changer les perceptions culturelles et les croyances sur les MGF, et en reconnaissant les MGF comme une violation des droits humains ayant des conséquences néfastes

Veuillez aussi nous rejoindre en appelant la Société indonésienne d'obstétrique et de gynécologie, l'Association nationale des infirmières indonésiennes et l’Association des sages-femmes indonésiennes à respecter leurs obligations internationales en tant que membres de la FIGO, du CII et de l'ICM en:

  • Condamnant publiquement les MGF et la médicalisation de la pratique sous toutes ses formes
  • Veillant à ce que de solides mesures soient mises en place pour sanctionner les membres de l'Association qui pratiquent les MGF
  • Exhortant le gouvernement à abroger le règlement de 2010 et en travaillant avec les autorités pour adopter une loi interdisant les MGF et promouvoir une éducation publique et une stratégie globale contre la pratique.

>> AGISSEZ !

Les courriers doivent être adressés à:

Dr. Nafsiah Mboi, SpA, MPH
Ministre, Ministère indonésien de la Santé

Jl H.R.Rasuna Said Blok X.5 Kav. 4-9, Blok A, 2ndFloor, Kuningan 
Jakarta, Indonésie, Post Code: 12950
Tel:  +62-21-520-1590
Fax: +62-21-520-1591
Email: info@depkes.go.id

Linda Amalia Sari, S.IP
Ministre, Ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'enfance

Jalan Medan Merdeka Barat No. 15
Jakarta, Indonésie, Post Code: 10110
Tel:  +62-21-384-2638
        +62-21-380-5563
Fax: +62-21-380-5562
        +62-21-380-5559
Email: danty_anwar@yahoo.co.uk

Dr. Nurdadi Saleh
Président
Perkumpulan Obstetri Dan Ginekologi Indonesia (Société indonésienne d'obstétrique et de gynécologie)

Jalan Taman Kimia No. 10
Central Jakarta
Indonésie
Tel.: +62-21-314-3684
Fax: +62-21-391-0135
Email: pogi@indo.net.id

Mme Dewi Irawati
Association nationale des infirmières indonésiennes
Jalan Jaya Mandala No.15
Patra Kuningan
Jakarta 12870
Indonésie
Tel:  +62-21-831-5069
Fax: +62-21-831-5070
Email: dppppni@gmail.com

Dr. Harni Koesno
Présidente
Association des sages-femmes indonésiennes - IMA

(Ikatan Bidan Indonesia)
Jalan Johar Baru V/D13
10560 Jakarta Pusat
Indonésie
Tel:   +62-21-424-4789
         +62-21-422-6043
Fax:  +62-21-424-4214
Email: ppibi@cbn.net.id

Avec une copie à:

Dr. Prijo Sidipratomo
Président, Association médicale indonésienne
Jalan Dr. Samratulangi No. 29, Menteng
Jakarta, Indonesia
Code postal:10350
Fax: +62-21-390-0473
Email: pbidi@idola.net.id; pbidi@idionline.org

Lettres: 

Lettre au gouvernement:

Cher / Chère [   ]:

Je suis profondément préoccupé(e) par le règlement du ministère de la Santé datant de novembre 2010 qui légitime les mutilations génitales féminines (MGF) et autorise certains professionnels de la santé à les pratiquer. La “médicalisation“ des MGF autorise une pratique néfaste pour les femmes et les filles. Elle constitue également une violation du code déontologique des médecins, des infirmières, des sages-femmes et autres professionnels de la santé. Plusieurs initiatives ont eu lieu pour que ce règlement soit annulé, mais en vain. Je partage les préoccupations des associations de droits humains qui affirment que la médicalisation de toutes les formes de MGF légitime la pratique et fait qu’il rend impossible de mettre fin à celle-ci.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, dont l’Indonésie est membre, les MGF recouvrent toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou autre lésion des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales. L'OMS a exhorté les professionnels de la santé à ne pas pratiquer les MGF sous quelque forme que ce soit. L'OMS classe les MGF en quatre grands types:

Type I: Clitoridectomie : ablation partielle ou totale du clitoris (la petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins qui inclut le gland du clitoris) et, dans de très rares cas, seulement du prépuce (le repli de peau entourant le clitoris).
Type II: Excision : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres.
Type III: Infibulation: rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation et l’accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris.
Type IV: Autres : toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, telles que la ponction, le percement, l’incision, la scarification et la cautérisation.

Les MGF constituent une forme de violence et de discrimination envers les femmes et les filles et sont internationalement reconnues comme une violation de leurs droits humains. Toutes les formes de MGF violent un certain nombre de droits fondamentaux des femmes et des filles, notamment le droit à l'intégrité sexuelle et corporelle, le droit à la non-discrimination, le droit à la protection contre la violence physique et mentale, et le droit de jouir du meilleur état de santé possible. Les MGF constituent également un traitement cruel et dégradant pour les femmes et les filles.

Le règlement du ministère de la Santé va à l'encontre d'un certain nombre de lois et décrets indonésiens entérinant les obligations juridiques internationales de l’Indonésie dans le cadre juridique national. Il s'agit notamment d’obligations envers la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (CAT).

Je vous exhorte à faire en sorte que l’Indonésie respecte ses obligations nationales et internationales en prenant les mesures suivantes:

  • Abrogation du règlement de 2010 du ministère de la Santé qui légitime la pratique des MGF
  • Adoption et application d’une solide législation interdisant les MGF et prévoyant de sévères sanctions pour les contrevenants
  • Conduite de campagnes de sensibilisation et de campagnes pédagogiques pour changer les perceptions culturelles et les croyances sur les MGF, et reconnaissance des MGF comme une violation des droits humains ayant des conséquences néfastes

Cordialement,
 


Lettre aux associations médicales indonésiennes (Obstétrique et gynécologie, infirmières, sages-femmes):

Cher / Chère [   ]:

Je suis profondément préoccupé(e) par le règlement de novembre 2010 du ministère de la Santé qui légitime les mutilations génitales féminines (MGF) et autorise les professionnels de la santé à les pratiquer. La “médicalisation“ des MGF autorise une pratique néfaste pour les femmes et les filles. Elle constitue également une violation du code de déontologie des infirmières, sages-femmes, obstétriciens et gynécologues en Indonésie et va à l’encontre des résolutions anti-MGF adoptées par la Fédération internationale de gynécologie et d'obstétrique (FIGO), le Conseil international des infirmières (CII), et la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), des organismes dont font partie les associations indonésiennes de professionnels de la santé. Plusieurs initiatives ont eu lieu pour que ce règlement soit annulé, mais en vain. Je partage les préoccupations des associations de droits humains qui affirment que la médicalisation de toute forme de MGF légitime la pratique et fait qu’il rend impossible de mettre fin à celle-ci.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, dont l’Indonésie est membre, les MGF recouvrent toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou autre lésion des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales. L'OMS a exhorté les professionnels de la santé à ne pas pratiquer les MGF sous quelque forme que ce soit. L'OMS classe les MGF en quatre grands types:

Type I: Clitoridectomie : ablation partielle ou totale du clitoris (la petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins qui inclut le gland du clitoris) et, dans de très rares cas, seulement du prépuce (le repli de peau entourant le clitoris). 
Type II: Excision : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres. 
Type III: Infibulation: rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation et l’accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris. 
Type IV: Autres : toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, telles que la ponction, le percement, l’incision, la scarification et la cautérisation.

Les MGF sont une forme de violence et de discrimination envers les femmes et les filles et sont internationalement reconnues comme une violation de leurs droits humains. Toutes les formes de MGF violent un certain nombre de droits fondamentaux des femmes et des filles, notamment le droit à l'intégrité sexuelle et corporelle, le droit à la non-discrimination, le droit à la protection contre la violence physique et mentale, et le droit de jouir du meilleur état de santé possible. Les MGF constituent également un traitement cruel et dégradant pour les femmes et les filles.

Le règlement du ministère de la Santé va à l'encontre d'un certain nombre de lois et décrets indonésiens entérinant les obligations juridiques internationales de l’Indonésie dans le cadre juridique national. Il s'agit notamment d’obligations envers la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (CAT).

J'exhorte votre association professionnelle à respecter ses obligations internationales en:

  • Condamnant publiquement les MGF et la médicalisation de la pratique sous toutes ses formes
  • Veillant à ce que de solides mesures soient mises en place pour sanctionner les membres de l'Association qui pratiquent les MGF
  • Exhortant le gouvernement à abroger le règlement de 2010 et en travaillant avec les autorités pour adopter une loi interdisant les MGF et promouvoir une éducation publique et une stratégie globale contre la pratique.

Cordialement,

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