Appel à l'action d'Egalité Maintenant, COVAW, FEMNET, AVAAZ, SOAWR & REEP

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Un an plus tard, nous demandons toujours justice pour Liz et pour toutes les victimes de violences sexuelles au Kenya !
   Photos avec l’aimable autorisation d’Avaaz.org

20 June 2014 - Il y a près d'un an, le monde entier a été scandalisé par ce qui est arrivé à Liz, une fille qui, alors qu’elle rentrait chez elle après un enterrement dans l'ouest du Kenya, a été brutalement violée, laissée pour morte dans une latrine à fosse, et a développé une fistule obstétricale à la suite de l'attaque. En octobre 2013, Coalition on Violence Against Women (COVAW), African Women's Development and Communication Network (FEMNET) et Avaaz ont recueilli plus de 1,7 million de signatures du monde entier qui demandent à l'inspecteur général de police, David Kimaiyo, d’appréhender et de poursuivre les suspects. Cette forte pression semble être la seule raison pour laquelle certaines mesures ont été prises à ce jour. Egalité Maintenant s’est joint à l’initiative, une campagne nommée Justice for Liz, qui vise à faire pression pour que les six suspects soient appréhendés et poursuivis. A ce jour, et en dépit du fait que leurs allées et venues seraient connues, seul un suspect a été arrêté et les cinq autres demeurent en liberté. Au départ, trois suspects avaient été appréhendés, mais le policier en service a manqué à ses obligations de mener une enquête approfondie et défini l'attaque comme une simple «agression». Ils ont donc été libérés après avoir purgé leur « peine », qui a consisté à devoir tondre la pelouse autour du commissariat.

Le cas de Liz a attiré une attention internationale sur le comté de Busia et sur le refus d’aborder de manière adéquate les violences sexuelles de la part des autorités locales. Les preuves sont irréfutables et elles mettent en évidence la prévalence des violences sexuelles que subissent les femmes et les filles, ainsi que les énormes obstacles rencontrés lors de chaque étape du processus judiciaire. Un policier de Busia, interrogé sur le nombre élevé de viols dans la région, a suggéré que c'était parce que les filles de Busia « traînent dans la rue et vont en boîte. » Quant au rôle de la police, il a remarqué que « parfois, nous ne pouvons pas enquêter sur toutes les affaires. » Des dizaines, voire des centaines, d’affaires soulignent à quel point la situation est désespérée à Busia, notamment*:

  • F., une fille de 14 ans qui a été violée par un brigadier en chef dans le sous-comté de Butula. Lorsque l'affaire a été signalée par une collègue, le travail, la sécurité et la vie du policier ont été compromis. 24 heures après qu’un médecin a examiné F. grâce au soutien des organisations locales, les agents du Criminal Investigation Department ont emmené F. seule avec son violeur dans le même véhicule dans le but de conduire un nouvel examen médical qui contredirait le rapport médical d'origine. La jeune F. attend toujours que justice soit faite.
  • A., une fille de 12 ans qui a été violée, est tombée enceinte deux fois, et a été contaminée par le VIH par un éminent professeur qui l'avait employée comme aide domestique. A. vient d'une famille démunie et est handicapée mentale, mais elle a pu communiquer clairement ce qui lui était arrivé. Selon des rapports, les fonctionnaires du bureau de l’enfance de Busia auraient protégé l'auteur des crimes, qui enseigne toujours et serait bientôt muté dans un autre établissement scolaire.
  • Am., une fille de 15 ans qui, dans des circonstances très similaires à celles de Liz, a été violée en rentrant à la maison après un enterrement.
  • Mo., une fille de 13 ans qui est gravement handicapée mentale et a été violée par un homme qui a été appréhendé avec ses sous-vêtements dans sa poche. L’homme a été libéré parce que Mo., deux ans plus tard, n’a pas pu identifier les sous-vêtements lors de l’audience au tribunal.
  • B., une fille de 8 ans qui a été violée par son père. Le tribunal l’a condamnée à une courte peine d'emprisonnement, affirmant qu’un tel homme ne pourrait jamais changer, même en cas de condamnation à perpétuité.
  • Me., une fille de 12 ans qui a été victime de viol collectif de la part des membres de la communauté et en compagnie d’autres enfants. À ce jour, aucune action en justice n'a été entreprise et, selon des rapports, l'un des auteurs aurait violé d'autres enfants de la communauté.
  • S., une fille de 15 ans qui a été violée par un ancien du village et est tombée enceinte. Bien qu’il ait été remis en mains propres par le chef de village en vue d’un procès, la police a ensuite libéré l'auteur du crime, qui s’est depuis enfui afin d’échapper à la justice.
  • H., une fille de 4 ans qui a été violée mais n'a pas été autorisée à témoigner. L'accusé a ainsi été acquitté au motif que personne n’a été témoin du crime. Malgré de graves traumatismes, il n'y a eu aucune initiative pour fournir un soutien psychosocial à la jeune fille.

De nombreuses autres femmes et filles ont signalé des crimes de violence sexuelle à Busia, mais aucune action en justice n'a été entreprise par la police ou les autorités. Avant le procès de Liz, le lundi 23 juin 2014, Egalité Maintenant, COVAW, Avaaz, REEP et le Mouvement de solidarité pour les droits des femmes africaines (SOAWR) ont organisé un rassemblement et entamé un dialogue communautaire dans la ville de Busia afin de réclamer justice pour les victimes de violences sexuelles et de sensibiliser le public à l’incapacité institutionnelle à résoudre le problème dans le comté de Busia. Nous avons besoin de votre aide pour maximiser l’impact de notre appel en faveur de la justice et pour que les autorités prennent plus au sérieux les violences sexuelles au Kenya, et en particulier à Busia. La violence sexuelle constitue un fléau mondial, et nous pouvons tous apporter notre aide afin de réaliser des progrès.

Voilà comment par exemple contribuer à faire la différence dès aujourd'hui !

1. Utilisez Twitter et Facebook pour faire passer le message selon lequel nous en avons ASSEZ des violences sexuelles. Identifiez votre famille, vos amis, ainsi que des personnalités, des organes de presse, etc., de sorte que nous soyons en mesure de créer une vague de soutien pour les survivantes de violence sexuelle à Busia, et faire savoir à Liz que nous allons continuer à lutter pour ses droits. Consultez http://www.equalitynow.org/fr/demandez_justiceforliz pour une liste de tweets et d’institutions à identifier, ou suivez @equalitynow, @COVAW, @FemnetProg, @Avaaz pour retweeter nos messages.

2. Passez à l'action !

  • Ajoutez votre nom à la pétition d’Egalité Maintenants qui cible les principales autorités kenyanes et demande justice pour Liz et toutes les victimes de violences sexuelles au Kenya
  • Rejoignez plus de 1,7 millions de personnes qui ont de par le monde déjà signé la pétition d'Avaaz qui demande justice pour Liz et toutes les victimes de violences sexuelles